LIVRE XXXI
ceux qui auront h lui parler au nom de la nation et de la République.
Sur ces entrefaites, Lebrun arrive au Comité; il est accompagné de ses trois émissaires, Proly, DubuissoD et Péreyra, qui viennenl de lui raconter les confidences de Dumouriez. Ce récit ne change rien aux déterminations déjà prises; seulement il est convenu que vingtquatre heures après le départ des commissaires, Cambacérès, au nom du Comité, viendra lire à ta tribune tous les documente propres à faire connaître au pays le véritable état de choses el proposera les mesures de salut public exigées par les circonstances.
Camus est chargé de présenter le décret à l'Assemblée. Dès l'ouverture de la séance du samedi 30 mars, il monte à la tribune et, d'une voix grave, s'exprime ainsi :
, 11 Le Comité de défense générale m'a chargé de vous proposer des mesures de sûreté, qu'il a arrêtées cette nuit après une longue délibération, en présence d'un grand nombre de députés. Il est arrivé hier de l'armée des dépêches qui ont dévoilé les trames perfldes ourdies par les ennemis de la République. Nous ne les connaissons pas tout entières. Le Comité est sur la voie. Rientôt il tiendra le fil de ces criminelles manœuvres.
« Voici le décret qu'il m'a chargé de vous proposer ; je n'ai pas besoin d'en indiquer les motifs :
« Art. 1". La Convention mande à la barre le général Dumouriez.
«Art. 2. Le ministre de la guerre partira à l'instant
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pour l'armée du Nord, à l'effet d'en coDDaltre l'état el d'en rendre compte à la Convention.
n Art. â. Quatre commissaires, pris dans le sein de la Convention oationale, se rendront de suite à ladite armée avec pouvoir de suspendre et de faire arrêter tous généraux, officiers, militaires, quels qu'ils soient, fonctionnaires publics et autres citoyens qui leur paraîtront suspects ; de les faire traduire à la barre et d'apposer les scellés sur leurs papiers.
Il Art. â. Lesdits commissaires ne pourront agir qu'autant qu'ils seront réunis au nombre de quatre.
« Art. 5. Les commissaires qui sont actuellement auprès de l'armée de Belgique se rendront dans le sein de la Convention nationale pour lui donner de vive voit tous les renseignements qu'ils ont acquis sur l'état de l'armée et des frontières. »
Les conclusions du Comité de défense sont ado|>tées à la presque unanimité. Mais à peine le président a-l-il proclamé le résultat du vote que Marat s'écrie : « Un décret emporté par acclamation n'indique que le jeu des passions. Une des dispositions qu'il contient peut devenir funeste. Il ne s'agit que de faire rentrer les troupes. Pour cela nous avons des officiers de con- 6ance. Je demande que le ministre de la guerre reste à Paris, où il est plus utile qu'aux frontières. »
Camus, qui ne peut dire tout haut la raison qui fait désirer à la Commission l'adjonction de Beumonville, se contente de répondre que le ministre de la guerre, plus . que tout autre général, sera à portée de connaître l'ensemble des dispositions militaires à prendre.