LIVRE XXXI
les nouveaux pour se rendre au quartier général de l'armée du Nord, les anciens pour se diriger vers Paris' en conronnilé des ordres de l'Assemblée*.
Camus avait espéré trouver Camot à Lille, mais celui-ci l'avait quittée la veille pour se rendre à Arras et en inspecter les Tortifica lions. I) est impossible d'attendre son retours ses collègues se contentent de lui donner rendez-vous à Douai, ville où ils comptent se rendre en quittant Saint-Amand.
Ce fut donc par un incident imprévu, un hasard vraiment providentiel, que Carnot échappa au sort de ses collègues et que ftit conservé ît la France celui qui devait la sauver en organisant la victoire.
Deux routes conduisent de Lille à Saint-Amand : l'une passe par Orcbies, l'autre par Douai; la première
1 . Lacroix, Gossuin, Merlin et Robert, partis de Lille le *" aiTil dans l'aprèâ-mldi, s'arrËlérent quelques heures à Douai et le 2 avril au matin ï Roye. C'est dans celte deruiËre ville que les rejoignit le courrier envovû par l'administration départementale ilu Nord pour leur apprendre l'arrestation de leurs collf'gues et la révolte de Dumouriez. Le courrier qui leur apporta à Roje celle nouvelle fit une estrèmc diligence, car les autorités de Douai n'avaient pu écrire que le S au matin et le même jour, dane l'après-midi, leur rapport parvenait aux commissaires de la Convention. Ceux-ci voyagèrent toute la nuit et apporlèreot euï-ra6mes la nouvelle à l'Assemblée au commencement de la séance du mercredi 3 avril.
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est de beaucoup la plus courte, mais elle est très-rapprochée de la frontière et se trouvait daus ce inomeot fort exposée aux incursions de rennemi. Camus et ses collègues la choisissent cependant. Sur la rëquisition de Beurnonvilie', le général Duval, que nous avons laissé commandant la place de Bruxelles et qui, celle-ci évacuée, a été envoyé à Lille en la même qualité, donne aux commissaires de la Convention une escorte de cent cavaliers du 43"* régiment de chasseurs à cheval.
Ce corps, de récente formation, était presque entièrement composé de mulâtres ; il avait pour colonel Saint- Georges, si connu avant la Révolution par ses duels, son élégance, ses bonnes fortunes, et pour lieutenants colonel Alexandre Dumas, dont le nom était aussi destiné a une grande célébrité. Ces deux officiers tiennent à honneur d'accompagner le ministre de la guerre et les commissaires. Mais, à Orchies, les chevaux, fatigués d'une course de trente-trois kilomètres presque entièrement faite au galop, ne peuvent aller plus loin. Le ministre requiert le général Miaczinski, qui commande à Orchies un corps d'armée destiné à protéger la gauche de l'armée, de lui fournir une nouvelle escorte. Cdui-ci met à obéir une lenteur calculée. Les commissaires se plaignent hautement de ce manque d'égards. Miaczinski vient lui-même s'excuser, mais il est fort mal reçu. Enfin l'on se remet en route et bientôt, après avoir traversé la petite ville de Saintr-Amand, on arrive à l'établissement des baios. I) était presque nuit close.
Dumouriez achevait de dîner. Depuis plusieurs heures, l'arrivée des nouveaux commissaires dans le