LIVRE XXXI
Beurnonviile déclare qu'il De bougera pas si on ne lui dit où on le mèoe. Déj& il porte la main à son sabre; mais les hussards se précipitent sur lui et l'empêchent d'en faire usage. On propose à Foucaudyàiyillemur et à Menoire de les laisser libres, mais ils veulent partager le sort du ministre et des membres de la ConventioD. Od les entasse tous dans les deux voitures qui les ont amenés, avec deux aides de camp de Dumouriez, Denize et Rainville.
Les commissaires ne savaient où on les conduisait. Ils pensaient qu'on les dirigeait sur Valenciennes, pour les déposer dans )a forteresse de cette ville; ils se résignaient au sort qu'avaient eu, huit mois auparavant, les trois députés de l'Assemblée législative arrêtés à Sedan par Lafayelte.
Du reste, il était presque impossible de reconnaître la route qu'on leur faisait suivre. Les chemins étaient horribles; on avançait très-lentement, les voitures s'embourbaient à chaque instaot; les hussards ne laissaient descendre personne.
Dans un moment d'arrêt, Beurnonviile met la tête à la portière et demande au postillon où il va. « A Bumegies, » répond celui-ci. Beurnonviile connaissait parfaitement toutes les localités de la frontière. Le nom de Rumegies, dernier village français sur la route de Tournay, e6t pour lui un trait de lumière. S'adressaot à l'aide de camp de Dumouriez : « Vous m'avez dit que nous allions à Valenciennes, s'écrie-t-il; prenez garde! si tous me trompez, je vous lue sur place. »
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Rainville oe répond rien ; mais, un instant après, il prend pour prétexte que l'on est trop entassé dans la voiture, quitte le général, monte à cheval et se met à la tête de l'escorte.
Bientôt on arrive sur une chaussée. Beurnonville reconnaît qu'on prend la route de Belgique.
Il cède à son indignation, ouvre la portière, suivi du fidèle Menoire, et tous deux, sabre en main, courent à Rainville. Slais celui-ci s'écrie : « A moi, hussards, frappez sur tout ce qui paraîtra hors des voitures! » Le ministre est aussitôt entouré; il reçoit plusieurs coups de sabre, dont un lui fait une large entaille à la cuisse.
La partie n'était pas égale. Bancal, qui était dans la même voiture et qui n'avait pas cru devoir suivre le général dans sa brusque agression, lui ordonne, au noni de la Convention, de cesser le combat et de remonter. Beurnonville obéit, mais, à peine a-t-il repris sa place, que l'on s'aperçoit que le sang coule à grands flots de sa blessure. On bande la plaie avec quelques mouchoirs et on se remet en route.
Le jour paraît et les prisonniers ne peuvent plus douter du sort qui leur est destiné. Ils sont sur le ter^ ritoire belge; ils rencontrent des détachements d'Impériaux qui les laissent passer tranquillement. Bientôt od s'arrête; les dragons autrichiens de la Tour remplacent les hussards de Berchiny.
Une demi - heure après , les voitures entraient dans Tournay. Beurnonville, Camus et ses collègues étaient conduits devant Clerfayt, auquel on remettait en
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