LIVRE XXVI
n Un bon citoyen, dit Barras, doit dévoiler tout ce qui peut être utile à la République. Je ne suie qu'un soldat, maisje parierai comme un homme d'Ëlat : je demande que notre collègue Granet, qui a entre les mains la copie d'une correspondance intéressante entre Barbaroux et la Société des amis de la République de Mar- ^ille, soit invité à déposer les pièces qu'il possède sur le bureau du président. Ensuite, je demanderai la parole, parce que j'ai des faits particuliers à ajouter. i>
« C'est donc avec mes lettres, répond BariMroux, qu'on prétend me persécuter. Ah! qu'on les publie, qu'on publie toutes celles que j'ai écrites à mes amis, aux êtres qui m'étaient chers, depuis le commencement de la Révolution. On y verra les preuves de mon patriotisme et des services que j'ai rendus à mon pays. Si je suis coupable, je provoquerai moi-même le décret d'accusation, parce que le premier devoir d'un Républicain est de courber la t6te devant la loi. »
Thuriot, Couthoo, Ossetin, veulent défendre l'officier de police mis en avant par le Comité de sûreté générale. Tallien va jusqu'à prétendre qu'en vertu d'un décret particulier à la ville de Paris, rendu par la Législative après le 10 août, ce magistrat a eu le droit, comme délégué de la municipalilé, de décerner un mandat d'amener contre Barbaroux.
Lanjuioais combat cette assertion qui, suivant lui, ne tend à rien moins qu'à changer la jurisprudence des assemblées antérieures et de la Convention elle-même, dans des circonstances analogues. Il demande que l'affaire soit renvoyée au Comité de législation. Ce renvoi
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3i HISTOIRE DE LA TERREUR.
est ordonné avec injonction d'en faire le rapport dans le délai de vingt-quatre heures.
Mais le Comité de sûreté générale était aussi habile à ensevelir dans ses cartons ou dans ceux des autres Comités les pièces qui pouvaient le compromettre, qu'audacieux à réclamer l'impunité en Taveur de ceux qui avaient mis en pratique les doctrines de la démagogie. C'est ainsi que, pendant que Brissot et Elarbaroux poursuivaient en vain le redressement de leurs Justes griefs, le Comité parvenait à arracher à l'Assemblée deux décrets importants : l'un, qui suspendait iadéfiniment toute procédure contre les assassins de septembre; l'autre, qui ordonnait la mise en liberté immédiate des commissaires de la Commune envoyés dans les départements pour y prêcher le meurtre et le pil-
Ces triomphes successifs du parti jacobin n'étaient pas de nature à diminuer l'agitation qui, dès avant la mort du roi, s'était emparée de la capitale et que fomentaient chaque jour davantage les journaux et les clubs. L'avilissement des assignats , le renchérissement des subsistances et des principales denrées, le chômage
\ . Dans les notes relatives à la punition des scplembriseurs el aux missions des commissaires de la Communo insurrectionnelle (t. lEI, p. 6t!i t. IV, p. 45!), nous avons raconté les principaux incidents des séances des 8 et 13 février dans lesquelles la Uonlaf^tte obtint pour ses afCdés ce double triomphe.
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