‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 3 sur 200 · LIVRE XXVI. S · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. S

sonne a été frappée la nation tout entière, a été violée la souveraineté nationale. ■»

Robespierre fait un pompeux panégyrique de Lepelelier et rappelle complaisamment qu'avant de succomber sous les coups d'un assassin, le martyr de la liberté a été en butte aux calomnies de la Gironde ; il profite de cette insinuation pour réclamer avec instance l'examen immédiat des comptes de Roland.

Pétion veut répondre à Robespierre, mais il est salué par les épjthètes de lâche et de calomniateur chaque fois qu'il essaie de prendre la parole. En présence de la fureur de la Montagne et de l'effroi de la Plaine, il ne songe plus à attaquer, mais à se défendre; il invoque les dangers de la patrie, il fait un appel à l'union et à la concorde. Une voix, partie de l'extrême gauche, y répond; celle voix, c'est celle de Danton.

Plus qu'aucun autre de ses amis de la Montagne, il savait d^^iser ses desseins sous les a^arences de la généix^ité, et en poursuivre le succès avec une habdeté que sa fougueuse uature n'aurait pu faire supposer. Le Comité de sùrelé générale, le plus important, puisqu'il avait dans ses attributions toute la police de la République, était depuis douze jours entre les mains de la Gironde ' ; la Montagne ne pouvait rien avoir de plus pressé que de l'arracher îi sa rivale. A plusieurs reprises, depuis le commencement de la séance, les démagogues avaient tenté de faire mettre aux voix le renouvellement du Comité; Robespierre

Page 1