‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 75 sur 200 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

talistes frémiront en voyant noire n'-union, et la patrie sera sauvée.

0 Aux. ci-devant Jacobins (Je la rue Saint-Honoré. à deux heures du malin, le 9 mars 1793, an n'de la République, Champagnat, président, André Gadel fils, secrétaire'. »

Malgré ud ordre aussi formel, le tocsin ne sonne pas. I.es afiidés, qui ont été chargés de répandre à travers les faubourïjs les ordres du Comité central, ne trouvent parmi les quelques individus réunis à cette heure avancée de la nuit dans les sections ni assez d'entrain ni assez de bonne volonté pour espérer que le mouvement ait la moindre apparence d'une insurrection générale. Les meneurs se décident alors à concentrer autour de la Convention toutes les forces dont ils peuvent disposer.

Dès l'aube du jour, les abords de l'Assemblée sont envahis. Les émeutiers remplissent les cafés du voisinage, ils occupent toul«s les issues et osent même intimer leurs ordre.s aux sentinelles qui veillent au\ portes. Ils leur prescrivent de refuser l'entrée aux femmes

1 . Ce manireste, complètement inédit, n'est pas l'ane des pièces les moins iinportaiiW que nos recherches nous aient fait retrouver. L'exemplaire que nous avons eu entre les mains est tiré des archives du Comité de sûreté générale, auquel ilavait été transmis par la section du Panth^n français. Au bas de celte pièce on lit les signatures des trois délégués du comité central des défenseurs de la patrie, qui furent chargés de l'apporter b la section du Panthéon. Ils se qualifient eus-mëmes ainsi : Garnier-Launay, membre de la société des Jacobins, affilié à celle des Fédérés, commissaire de la section des Piques; Leperigerais, de ladite soriélé des Jacobins, aISliéà la société des Fédérés; Bailly, fédéré.

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qui se présenteront, et disent tout haut que cette mesure est prise parce qu'il s'agit de faire un coup. On colporte, on commente, on amplifie les objurgations du journal de Marat qui vient de parattre et qui porte en tête ces mois : grande trahison de nos généraux! Les propos les plus atroces circulent, les excitations les plus violentes sont lancées dans chaque groupe : « il faut sonner le tocsin, il faut couper le cou aux votants de l'appel au peuple, il faut qu'on amène Dumouriez pieds et poings liés à Paris, et là, on lui fera son affaire. »

Mais déjà les députés arrivent isolément et sont obliges de traverser la foule frémissante. Pétion est reconnu et poursuivi par des huées sauvages, par des menaces terribles. Le ministre de la guerre, Beurnonville, était désigné spécialement à la colère des Jacobins; n'occnpait-il pas la place de leur ami Pache? En se rendant à l'Assemblée, il court plusieurs fois risque de la vie, et échappe à grande peine aux coupe-jarrets qui veulent l'écharper.

Cependant la séance s'ouvre devant un petit nombre de députés'. Garaon, l'un des inspecteurs de la salle, demande la parole pour constater la pression que semblent vouloir exercer sur l'Asseqiblée les émcutiers du dehors et les énieutiers du dedans. Ceux-ci garnissent

I . La séance du 9 mars est complètement défigurée dans )e Mtmtleur ; le rédacteur lui-même annonce â ses lecteurs qu'il intervertira l'ordre de la séance pour donner, dil~it, plus promptement des nouvelles de l'arnaée, et il l'intervertit si bien qu'il est presque impossible de suivre, dans son compte rendu, les divers incidents de la journée. Ainsi le Moniteur met le discours de Chaumette, qui vient

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