LIVRE XXIX
iiiulte effroyable (ju'entretieDDent te continuel va-^t-vlent des députalioDS, le cliquetis des armes, les harangues désordonnées des sectionnaires, les clameurs de la multitude qui se presse au dedans et au dehors, oa discute les 'joyens de sauver la patrie.
Voici ceux que propose un des orateurs : « Que tous les bons patrioles qui se trouvent réunis dans la salle de la rue Saint-Honoré se divisent en deux troupes, dont l'une se portera sur la Convention pour se débarrasser de ceux qui ont refusé de voter la mort du roi ;. l'autre, au ministère des aflaires étrangères, où sont assemblés les membres du Pouvoir exécutif, pour y faire maison nette. » Un autre, plus modéré, veut qu'on se borne à mettre en état d'arrestation les ministres et les membres du côté droit. Sur ces entrefaites arrive Dubois-Crancé qui, quoique montagnard déterminé, adjure ses collègues du club de repousser les motions incendiaires. Les affidés du comité d'insurrection, voyant que la masse des jacobins hésite à donner le signal, quittent le club et courent aux Cordeliers qui siégeaient sur la rive gauche de la Seine, près de la rueSaint-André-des-Arls.
Ils y trouvent des dispositions plus énergiques. A leur demande, celte société prend un arrêté qui invite les autorités parisiennes à s'emparer de l'exercice de la souveraineté et à mettre en arrestation les membres delà Convention traîtres à la cause du pays '. Foarnier l' Améri-
4. itapport du Eainistre de la jualice du 13 mars. Discours de Dubois-Crancé également à la séance du 13 mars.
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lU HISTOIRE DE LA. TUKKBCR.
caÎD et Varlet, deux des principaux conjurés, s'emparent de cet arrêté aussitôt qu'il est libellé et vont le porter à la Commune. Le Conseil général ne pouvait être que trèsflatté de la couSance que lui témoignaieot les conjurés; mais, dans l'exposé que lui font ceux-ci de leurs moyens d'action, il ne voit pas des éléments de succès suffisants et refuse de prendre au mouvement populaire la part que le comité de la rue Sainl-Uoaoré lui avait l'éservée. Quatre sections seulement* adhèrent à l'arrêté de la société des Cordeliers et adoptent une adresse préparée d'avance oîi il est dit : <> Que l'évacuation de la Belgique est l'œuvre de la faction impie qui paralyse la Convention nationale et déchire le sein de la République; que les succès des ennemis de la France sont dus au traître Dumouriez et aux menées odieuses des Roland, des firissot, et de leurs amis; qu'il faut donc s'en débarrasser à tout prix. >>
Pendant ce temps, la Convention avait ouvert sa séance du soir et recevait les députations de diveises
1. Ces r'ecttODS élaiont Mau<.'onsejl, les Lombards, le Théâtre- Français et les Quatre-Na lions. Ace momenl, (une heure du matin), elles ne comptaient que très-peu de membres présents. Une délibération ultérieutr de la section du Théâtre-Français reconnaît que l'assi'mbléo ne se composiit que de vingt individus lorsque fut adoptée l'Adresse présentée par Varlet. Il avait dû en âlre de mâam dans les trois autres sections.
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sections qui venaient protester de leur zèle pour le recrutement. Mais le concours de ces députalions, presque toutes fort nombreuses, accumulait une multilude d'hommes armés autour de l'Assemblée. Il était dès lors fort aisé aux conjurés de profiter du désordre et de la nuit pour exécuter leurs desseins contre les membres du côté droit.
Il n'y avait, du reste, dans la salle que fort peu de députés, les convocations ayant été faites très-tard*.
Les Montagnards, qui étaient initiés aux projets des conjurés, les Girondins, qui les soupçonnaient, s'étaient, bien qu'ils ne se fussent fait aucune confidence, arrêtés au même parti : s'abstenir de paraître ce soir là à l'Assemblée.
Réunis chez Pétion, les amis de M"" Roland sont informés d'heure en heure des violentes motions discutées aux Jacobins. Apprenant qu'une foule nombreuse assiège les portes de la Convention, ils veulent épargner un crime au peuple de Paris en ne donnant pas tête baissée dans le piège qui leur est tendu.
Quant aux Montagnards, ils accordent bien leur consentement tacite h l'expédition projetée contre leurs adversaires, mais ils ne veulent pas avoir l'air d'y participer. Ils laissent agir les enfants perdus de la démagogie, sauf it les désavouer s'ils échouent, sauf à profiler de leur audace s'ils réussissent.
A peine le président est-il monté au fauteuil qu'il
1. D'après ies mémoires inédits de Fockedey, ttcputé du Nord, que nous avons 'eus à notre disposition, il n'y avait pas dans la salli; deux cents conventionnels.
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reçoit d'un des collaboraleui-s de Gorias la nouvelle du pillage de l'impriinerie du Courrier des Départeinenls. Mais, à cette lecture, la gauche répond par des cv'is répétés : « L'ordre du jour, l'ordre du jour ! »
(1 Gooiinent, s'écrie le courageux. Mazuyer, l'un des rares députés de la droite présents à la séance, vous demandez l'ordre du jour, lorsque l'on vous annonce <jue la vie d'un de vos collègues a été menacée ! »
La protestation du courageux Girondin se perd au milieu du tumulte.
i( Pourquoi, s'écrie Lacroix, Gorsas s'atlache-l^il à i;angrener l'esprit des départements ?
— Gorsas est d'autant plus coupable, ajoute Biilaud- Varcnoes, que les presses dont il se sert et que le [Hjuple vient de briser, sont celles de l'abbé Royou. On les avait données à Gorsas le iO août, il les a prostituées comme ce royaliste.
— Dans Gorsas, reprend Lacroix, il y a deux hommes : le représentant de la nation, le peuple l'honore ; le journaliste, le peuple le méprise. Renvoyons cette lettre au maire de Paris pour vérifier les faits, car tout ceci pourrait n'être qu'un jeu. Dans la nuit du 9 août, lorsqu'on tramait le complot d'eumietier la Cour et le Corps législatif à Rouen, on venait nous dire aussi que les jours des députés n'étaient pas en sûreté.
— La vérité, que vient de poser Lacroix, est inconti'Stable, dit Thurîot; un représentant de la natiixi doit tous ses moments à la République. En faisant un journal, il vole l'indemnité qu'il reçoit de la patrie. Je
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