‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 86 sur 200 · LITRE XXIX. SIS · texte numérisé non relu

LITRE XXIX. SIS

« Oq égorge les patriotes dans Liège, s'écrie Duhem, sans leur donner de Jurés, et nous en donnerioDS aux ennemis de ia patrie ! Quelque mauvais que soit ce tribunal, il est encore trop boa pour des scélérats.

— Il ue faut pas de jurés au tribunal extraordinaire, ajoute Philîppeaux , précisément pour que nous puissions conserver cette belle institution, »

Malgré l'atroce propos de Duhem, malgré la raison étrange donnée par Philippeaux, malgré les Tociférations de quelques montagnards, l'Assemblée à la presque unanimité décide en principe qu'il y aura un jury auprès du tribunal révolutionnaire, qu'il sera nommé par la Convention et pris dans tous les départements.

Ces deux points décidés, le président Gensonné déclare la séance levée ; elle avait déjà duré huit heures. Mais Danton, en entendant prononcer l'ajournement des autres questions, bondit à la tribune : « Je somme tous les bons citoyens de ne pas quitter leur poste , » dit-il de sa voix foudroyante. Chacun reste cloué sur son banc. ■ Oubliez-vous donc dans quelle position nous sommes? Si Miranda est battu, et cela n'est pas impossible, Dumouriez enveloppé serait obligé de mettre bas les armes. Vous pourriez vous séparer, avant d'avoir pourvu à tout ce ce qu'exige le salut public! Il faut adopter à l'instant même les mesures qui doivent définitivement organiser l'institution que, l'audace des contre-révolutionnaires a rendue nécessaire et qui doit suppléer au tribunal suprême de la vengeance du peuple. Rien, je le sais, n'est plus difficile que de définir un crime politique... Mais n'est^il pas nécessaire que dtô

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lois "extraordinaires, prises hors du corps social, épouvaateQt les rebelles et atteignent les coupables? Ici le salut du peuple exige de grands moyens et des mesures terribles. Je do vois plus de milieu entre les formes

ordinaires et un tribunal révolutionnaire

« L'histoire atteste celte vérité, et puisqu'on a osé dans cette Assemblée rappeler ces journées sanglantes sur lesquelles tout bon citoyen a gémi, je dirai, moi : Si ce tribunal ef^t existé alors , le peuple, auquel on a si souvent, si cruellement reproché ces journées, ne les aurait pas ensanglantées. Faisons ce que n'a pas faitl' Assemblée législative ; soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être. Organisons un tribunal révolutionnaire, non pas bien, cela est impossible, mais le moins mal qu'il se pourra, afin que le glaive de la loi pèse sur la tête de tous ses ennemis *. Ce grand œuvre terminé. que la Convention s'occupe de l'organisation du ministère. Soyons prodigues d'hommes et d'argent ; déployons tous les moyens de la puissance nationale, mais ne mettons ta direction de ces moyens qu'entre les mains d'hommes dont le contact nécessaire et habituel avec voui^ assure l'exécution des mesures que vous aurez combinées pour le salut public. Faites partir vos commissaires; qu'on ne reproduise plus l'objection qu'ils sié- geot dans tel ou tel côté de cette salle; qu'ils se répandent dans les départements, qu'ils y raniment l'amour de la hberté et que, s'ils ont regret de ne pas

< . Danlon, traduit devant Fouqnier-Tinville, s'écriait : < 11 y a un an que j'ai Tait décréter rétablissement du tribunal révolutionnaire. J'en demande pardon à Dieu el aux hommps. n

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