LIVRE XXIII
jour, Marat et Robespierre. Ils arrêtent qu'à l'avenir aucun journal n'aura le droit de publier le compte rendu des séances du club, si préalablement son rédacteur ne le soumet à l'examen de censeurs qu'ils nomment à cet effet. Bien plus, de peur d'être trahis par un des leurs, ils excluent de la société tous les journalistes, à l'exception du patriote créole Milscent, de Marat et de Tallien1. C'est ainsi que ceux qui faisaient parade de sentiments ultralibéraux entendaient, en 1793, la liberté de la presse. Gomment maintenant comprenaient-ils la liberté des théâtres proclamée par l'Assemblée constituante? c'est ce que nous allons voir.
Le 2 janvier, le Théâtre-Français donnait la première représentation de Y Ami des Lois* comédie en cinq actes et en vers du citoyen Laya; la pièce était jouée par l'élite de la comédie française, Fleury, Dazincourt, Saint-Prix, Saint-Phal, etc. L'ouvrage, il faut le reconnaître, était assez pauvre d'intrigue; les vers n'étaient pas très-châtiés, mais on sentait qu'ils avaient été écrits sous le coup d'une vertueuse indignation. Ce n'était pas une bonne pièce, c'était beaucoup mieux que cela : une bonne action.
Le personnage principal, ami des lois, voyait les suspicions populaires excitées contre lui, sa maison pillée, sa