‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 36 sur 279 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

texte, le peintre David le fournit, en venant annoncer à la Convention que deux élèves de l'École de Rome avaient été brutalement jetés dans les prisons du gouvernement pontifical et livrés à l'Inquisition. Deux jours après, le Conseil exécutif écrivait à Pie VI et faisait imprimer dans le Moniteur i la lettre suivante, dont le style contraste quelque peu avec les formules auxquelles la chancellerie romaine est généralement accoutumée :

camp. Ainsi c'est au premier à diriger. Il faut toujours de l'unité dans le commandement des expéditions militaires, car sans cela l'un pourrait vouloir la chose d'une manière, tandis que l'autre se plairait à la voir dans un autre sens.

« Ce n'est que d'après deux conversations que j'ai eues avec Anselme que je vous écris tout cela.

« Voyez Lebrun, faites-vous communiquer le plan, et tâchez de décider le conseil à y consentir. Jamais la France n'aura une plus belle occasion pour se débarrasser de la cour de Rome, pour y installer un évèque, et pour donner le mouvement à une insurrection générale. Nous sommes maîtres de la Méditerranée; notre armée sera la plus forte pendant l'hiver, elle vivra aux dépens des tyrans, et nous procurera mille autres avantages que vous discernerez facilement.

« Adieu, mon ancien collègue, mèlez-vous de cela, car le projet

a son mérite.

« Arena. »

Le signataire de celte lettre, Barthélémy Arena, devint plus tard membre du conseil des Cinq-Cents ; ce fut lui qui fut accusé d'avoir voulu poignarder le général Bonaparte, lorsque celui-ci vint le \ 8 brumaire, dans l'orangerie de Saint-Cloud, haranguer cette assemblée. Ce n'est pas Barthélémy Arena, mais son frère Joseph, qui fut impliqué, avec Ceracchi, dans une conspiration contre la vie du premier consul, condamné à mort et exécuté le 30 janvier 4804.

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