LIVRE XX
Les décrets des 24 et 29 novembre ne contenaient aucune disposition relative à la nomination du maire, parce qu'il était permis d'espérer qu'après tant de scrutins infructueux on allait enûn aboutir à une élection régulière.
A raison du refus absolu de d'Ormesson, la lutte s'était concentrée entre Lhuillier, le candidat des jacobins, et Chambon, celui des modérés. Sur 10,223 votants1 le sixième tour de scrutin avait donné 3,632 voix à Chambon et 2,491 seulement à Lhuillier; au ballottage, sur 11,365 votants2, les Jacobins ne parvinrent à faire obtenir que 3,906 suffrages à Lhuillier ; 8,358 furent donnés à Chambon , qui se trouva ainsi définitivement élu maire de Paris, le 30 novembre. Cette nomination, faite à une si éclatante majorité, dut être et fut considérée comme une approbation librement donnée par les habitants de Paris aux décrets des 24 et 29, comme la condamnation, sans appel possible, de la Commune du 10 août.
Ce pouvoir usurpateur, ne pouvant plus se faire d'illusion sur sa prochaine disparition, emploie ses derniers moments à consacrer la mémoire de ses exploits révolu-