‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 6 sur 279 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

n'avait pu se mettre en marche que dans les premiers jours de novembre. Le 8, il était encore à Givet; le 10, il occupait Charleroi; le 20, la ville de Namur. A la gauche, La Bourdonnaie avait une tâche plus facile. Toute la Flandre avait été évacuée par les troupes autrichiennes, à raison de leur mouvement de concentration vers la Meuse. Tournay, Nieuport, Ypres, Furnes, Ostende, Bruges, Gand, reçurent avec enthousiasme les avant-gardes françaises aussitôt qu'elles se présentèrent. Le lieutenant de Dumouriez se trouva en quelques jours et sans coup férir maître absolu de tout le plat pays.

A la nouvelle de ces succès, le pouvoir exécutif, craignant que le général vainqueur ne s'endormît sur. ses lauriers, signa le 16 novembre un nouvel arrêté, qui ne faisait que corroborer celui qu'il avait pris trois semaines auparavant :

« Le Conseil exécutif provisoire, délibérant sur l'état « actuel de la guerre, notamment dans la Belgique ; con- « sidérant que nul relâche ne doit être laissé aux enne- « mis de la République, et que tous les moyens doivent « être employés pour vaincre et détruire leurs armées « avant qu'ils aient pu les renforcer et se mettre en état « d'attaquer de nouveau soit la France, soit les contrées « mêmes où les armées françaises ont porté la liberté ;

« Arrête qu'en conséquence de là délibération du « 24 octobre dernier, il sera donné des ordres au général « commandant en chef l'expédition de la Belgique de « continuer à poursuivre les armées ennemies, même

« sur le territoire hollandais dans le cas où elles s'y se- « raient retirées.

« Roland, Garât, Pache, Lebrun, « Clàvjère, Monge, « Grouvelle , secrétaire. »

L'armée autrichienne était affaiblie par la désertion dans des proportions considérables i. Elle ne comptait plus que 15 à 18,000 hommes. Cependant elle se retirait en bon ordre sur la Meuse, et ne cédait le terrain que pied à pied. Le duc de Saxe-Teschen demanda à Dumouriez une suspension d'armes ; mais le général se hâla de répondre que ses instructions étaient contraires à l'acceptation de pareilles propositions, et qu'il ne pouvait que les envoyer à la Convention. Celle-ci passa dédaigneusement à l'ordre -du jour sur les propositions de l'ancien gouverneur des Pays-Bas 2. Dumouriez se mit donc de nouveau à poursuivre l'ennemi. Après deux engagements assez vifs, le premier à Tirlemont, le deuxième à Varoux, il entra dans Liège, et quelques jours après dans Aix-la-Chapelle (8 décembre.)

4. Les désertions dans les rangs de l'armée autrichienne furent très-nombreuses dès le commencement de la campagne. Le 8 novembre, les commissaires de la Convention écrivaient, de Lille , « qu'il conviendrait d'organiser une légion des soldats- citoyens qui venaient défendre la liberté. » Dumouriez, dans ses Mémoires, dit que le 44, jour de son entrée à Bruxelles, les rues étaient bordées d'une double haie de déserteurs autrichiens au nombre de plus de quatre mille. Quelques-uns de ces déserteurs se rendirent à Paris, car le Moniteur (n° 326) nous apprend qu'ils allèrent au sein du Conseil général, prêter serment à la République.

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