‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 171 sur 267 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Revenons à l'Assemblée, car c'est de là que va être expédié Tordre qui précipitera le dénouement de la lutte engagée.

Rœderer était resté à la barre pendant tous les pourparlers auxquels avaient donné lieu l'entrée du roi , le refus de l'Assemblée de délibérer en sa présence, et l'installation de la famille royale dans la loge du Logographe. Lorsqu'il fut permis au procureur général de prendre la parole , il exposa « les causes de l'événement du jour. » Dans une circonstance où toutes les minutes étaient si . précieuses , il fit un exposé officiel et détaillé de ce que chacun savait aussi bien que lui. La seule nouvelle qui était encore ignorée dans la salle du Manège fut donnée par l'officier municipal Borie : « On nous annonce à l'instant, dit-il, que le Château est forcé, que les canons sont braqués dessus et que le rassemblement se propose de le faire tomber à coups de c^non*;» un

1. La place que la nouvelle si importiinte donnée par Borie occupe dans le procès-verbal de rAs?emblée permet de préciser parfaitement rintervalle de temps qui s'est écoulé entre le premier envahissement des cours du Château et le commencement de la lutte.

Il est hors de doute que plus de trois quarts d'heure s'écouleront entre lo moment où les portes donnant sur le Carrousel furent forcées (suivant l'expression de Borie). et celui où les Suisses, ne pouvant plus résister autrement aux agressions des émeutiers, se virent contraints de faire usage de leurs armes.

Il fallut un quart d'heure au moins aux insurgés et aux canonniers,

officier de la garde nationale* ajouté": « Je suis chargé en ce moment de la garde du Château, les portes en sont forcées, je demande que l'Assemblée m'indique la marche que je dois tenir; il y a des citoyens qui sont là près d'être égorgés. »

u Puisque la municipalité est sans force, puisque le département est sans force et que toutes les autorités constituées sont réunies dans l'Assemblée nationale, je demande, dit Lamarque, que l'Assemblée nationale nomme dix membres qui s'exposeront aux premiei-s ■coups, 51 on en porte. Je sollicite l'honneur d'être le premier de ces membres. » — « Je propose cette rédaction, interrompt Lejosne : « L'Assemblée met sous la sauve- « garde du peuple de Paris la sûreté des personnes et des <( propriétés. Elle charge vingt de ses membres de se « transporter dans les lieux du rassemblement pour y M arrêter le désordre 2. »

devenus leurs alliés, pour faire sortir les pièces des cours intérieures, les braquer contre le Château; il fallut au messager, en le supposant aussi zélé et aussi prompt que possible, un quart d'heure pour aller du Château à la salle du Manège, pénétrer, au milieu de la foule compacte qui encombrait les abords de cette salle , jusqu'à Rœderer çt à Borie; enfin , d'après les incidents relatés au procès-verbal, il s'écoula au moins encore un quart d'heure entre l'annonce de la nouvelle donnée par Borie et les premiers coups de feu qui commencèrent la lutte.

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