Mémoires de Weber, t. II, p
2. Nous avons suivi le récit même de M"* Pauline de Tourzel [Soun venirs de quarante ans, p. 1 37 ) •
ils veulent tuer aussi les femmes, mais celles-ci se jettent à leurs pieds ; M""* de Campan est saisie par le dos. Soudain, du bas de Tescalier, retentit la voix d'un Marseillais :
« Que faites-vous là-haut?
— Hein, répond l'assassin, qui a déjà levé son sabre.,.
— On ne tue pas les femmes !
— Eh bien, lève-toi, coquine, la nation te fait grâce* ! » Ce cri d'humanité : on ne lue pas les femmes! fut encore quelque peu écouté, dans les journées de septembre, par les assassins, qui -épargnèrent presque toutes les femmes; il ne fut plus entendu, en 1793, par le tribunal révolutionnaire qui les envoya par charretées à la guillotine. Cet appel à ce qu'il devrait y avoir de plus sacré dans le monde marque, par TafTaiblissement des échos qu'il rencontra, les trois phases du régné de la Terreur.
Certes, si les envahisseurs eussent rencontré ceux que les Jacobins désignaient depuis longtemps aux vengeances populaires sous le nom de chevaliers du poignard^ ils les eussent égorgés jusqu'au dernier, comme ils le firent pour tous les hommes armés ou non, blessés ou non, qu'ils trouvèrent dans l'intérieur du Château.
Mais, sur les deux cents gentilshommes qui avaient passé la nuit aux Tuileries, la plupart, comme nous l'avons vu plus haut, avaient réussi soit à rejoindre le roi aux Feuillants, soit à s'esquiver par le jardin, selon le conseil que Rœderer leur avait donné.
Cependant quelques-uns d'entre eux et une cinquan-