Journal des Débats et Décrets, n*» 308, p. Î
« Un peuple nombreux s'assenoble en armes pour célébrer une fête civique ; il paraît dans le sein du Corps législatif; il y déploie toute la majesté d'un peuple libre. Après avoir offert ses hommages à ses représentants élus, il se rend tranquillement et avec la même dignité chez son représentant héréditaire. Jamais peuple n'avait montré aux yeux d'un monarque tant de force, de dignité, de modération et de respect tout ensemble pour sa personne et pour la loi. Jamais un roi ne fut plus dignement entouré; les haillons de la vertu avaient pris la place de la dorure de tous les vices. Ce peuple ne jeta sur le luxe royal que des regards de mépris; dans ses yeux se mariaient le reproche et l'amour, le mécontentement et la retenue ; sur ses lèvres était la vérité sans injure, et dans ses bras fut la force, la grande force sans attentat... Jamais roi n'eut une cour plus digne d'un père du peuple, et jamais lui-même n'eut une popularité plus touchante et plus calme ; s'il eut un moment de défiance, bientôt elle fit place à la sécurité et se termina par l'admiration*. »
Torné termine son discours en s'élevant « contre les suggestions pestiférées de la cour, les horreurs clandestines d'une procédure infernale, les machinations des Feuillants et de tous les animaux nourris à la ménagerie de la liste civile'^. »
4. Voir le Journal des Débats et Décrets, p. 30î, n" 299, et le discours que Torné ût imprimer à l'Imprimerie nationale. Ce discours n'occupe pas moins de vingt-six pages in-8% toutes sur le même ton.
2. L'évoque constitutionnel du Cher, qui était loin, on le voit, de professer la mansuétude évangélique, semble fctire ici allusion à un