Médilatiom^ sur l'Évauf/ile, ?()• jour
PREUVES SCRIPTUHAIRES. 201
profit et utilité générale de toute l'Eg-lise. » Quant à l'auteur des Méditations sur VEvangile, il donna le commentaire suivant de notre texte : « Cette parole revient manifestement à celle où il avait dit : Tu es Piei^re, je t'ai changé ton nom de Simon en celui de Pierre, en signe de la fermeté que je veux communiquer, non seulement pour toi, mais encore pour toute mon Église, car je la veux bâtir sur cette pierre... Et cela, qu'est-ce autre chose que ce que Jésus-Christ répète ici. Satan a demandé de vous cribler; mais, Pierre, j'ai prié pour toi, ta foi ne défaudra pas; et toi, confirme tes frères. Il est donc de nouveau chargé de toute l'Église; il est chargé de tous ses frères, puisque Jésus-Christ lui ordonne de les affermir dans cette foi qu'il venait de rendre invincible par sa prière. »
Parmi les théologiens de moindre marque qui ont fixé leur attention sur rogavi^ le seul qui mérite être signalé est Ballérini. Cet érudit fit observer que Notre-Seigneur s'était adressé ici exclusivement à Pierre et qu'il lui avait donné la mission de redresser les apôtres eux-mêmes. Il conclut de là que la parole : Ego rogavi, avait conféré à saint Pierre la primauté et qu'elle avaifsa place à côté des textes : Ta es Petrus et Pasce o\>es. Il expliqua ensuite que Pierre ne pouvait exercer efficacement sa charge, s'il n'avait aucun moyen de se faire obéir, et que le pouvoir de coaction sur tous les fidèles était le complément nécessaire, la conséquence logique du droit qui lui était octroyé par la formule : Confirma fratr es tuos\
Mentionnons aussi l'objection que Richer éleva contre notre texte. Dans le De ecclesiastica et politica potestate'-^ ce célèbre docteur gallican prétendit que la foi de saint Pierre et des apôtres eut besoin d'être soutenue, non plus à partir de la résurrection du Sauveur, mais seulement pendant les jours de sa passion et de sa mort, où elle eut de redoutables assauts à soutenir, et que, par conséquent, la prière du Christ visait uniquement la période de la passion. Duval répondit que la prière du Sauveur, dans l'hypothèse de Richer, aurait complè-