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du professeur d'Ingolstadt laissait à désirer à un double point de vue. Elle contenait d'abord un certain nombre de pièces apocryphes : telles les lettres de saint Athanase aux papes Marc, Félix et Libère; telles encore les décrétâtes de Sixte, d'Anicet, d'Eleuthère, de Zéphyrin, etc. De plus, elle avait pour objectif la primauté de saint Pierre et la primauté des pontifes romains : poursuivant deux buts à la fois, elle manquait de netteté. Elle devait être remaniée.
Ni Pighi, ni Sander, ni Stapleton ne virent la lacune laissée par Eckius. Bellarmin l'aperçut et résolut de la combler. C'est à cette tâche qu'est consacré l'un des chapitres qui terminent le premier livre du De romano poiitifice K L'auteur des Contro{>erses croyait aux décrétales des premiers papes et aux œuvres de l'Aréopagite ; mais comme les protestants faisaient fi de ces pièces, il résolut de se priver de leur appui. « Je laisse de côté, dit-il, Denys, Clément romain, Anaclet et d'autres du même genre, parce qu'ils ne sont pas reçus par les adversaires. » Et, en mémoire des vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, il apporta vingt-quatre textes dont voici les principaux : « Quand Pierre reçut le pouvoir suprême de paître les brebis et que l'Eglise fut bâtie sur lui comme sur la pierre, il n'eut à faire preuve que d'amour^ » ; « L'apôtre Pierre, galiléen d'origine, a été le premier pontife des chrétiens-^ » ; « (Pierre) est heureux, parce qu'il a été mis au-dessus des autres disciples, et que les clefs du royaume céleste lui ont été confiées '* »; « (Pierre) est appelé rocher; les fondements de l'Église sont confiés à sa foi et les autres disciples consentent volontiers à passer après lui •' » ; « Pierre fut élu pour être le chef des disciples^ » ; « Pierre, le prince et le chef des autres, s'écrie : Tu es le Christ Fils du Dieu vivant^ » ; « Le Christ qui a reçu de son Père le sceptre de l'Église des nations... l'a con-