Libérât, Breviarium, 22, M
8. Saint Cyprien, ep. 59, 11 et ep. 67. 5, Hartel, 1. 683 et 739.
THÈSE DE BELLARMIX. 245
l'histoire. Et ces faits rendent un hommage éclatant à la suprématie de Rome, car il saute aux yeux que le tribunal auquel on demande de casser une sentence est supérieur à celui qui l'a portée.
Une huitième preuve de la primauté est tirée du principe en vertu duquel le pontife romain ne peut être jugé par personne K Chacun voit facilement que ce principe une fois admis assure au pape la suprématie; de sorte que la question est uniquement de savoir s'il est bien attesté. Or quelle doctrine a de plus sûrs garants que celle-ci? Les conciles la proclament, témoin cette décision du concile de Sinuesse : « Le premier siège ne sera jugé par personne^ » ; cette autre du concile tenu à Rome par deux cent quatre-vingts évêques sous Sylvestre ^ : « Le premier siège ne sera jugé ni par l'empereur, ni par les rois, ni par le clergé, ni par le peuple » ; cette troisième d'un synode romain tenu sous Sergius III : « Il n'est pas permis de prononcer une sentence contre le pontife » ; et cette quatrième du concile romain qui eut lieu sous Adrien IP : « Nous lisons que le pontife romain a jugé les évêques de toutes les églises, nous ne lisons pas qu'il ait jamais été jugé » ; témoin encore le concile de Chalcédoine ^' qui condamna Dioscore, surtout parce qu'il avait eu l'audace de prononcer une sentence contre le premier siège. Les pontifes romains la proclament, témoin cette parole de Gélase ^ : « Il y a, auguste empereur, deux pouvoirs à mener le monde, le pouvoir des pontifes et le pouvoir royal. Mais celui des pontifes l'emporte, puisqu'ils