Ad ann
358 LE PAPE ET LA JURIDICTION DES ÉvÈQUES.
son élection qu'après s'être assuré de son orthodoxie. » Une autre objection fut tirée de la conduite du pape Simplicius dans l'affaire de Jean Talaïa, nommé sur le siège d'Alexandrie. Voici comment l'auteur des Annales présenta cette preuve^ : « Simplicius parle d'une vraie confirmation. 11 affirme que le patriarche d'Alexandrie doit être confirmé par le pontife de Rome. 11 dit en effet : « Un rapport qui nous fut envoyé naguère, selon l'usage, par un concile d'Egypte très nombreux et très attaché à la foi catholique... nous a appris à la fois la mort de notre frère et collègue de sainte mémoire, Timothée, et le choix qu'on avait fait de Jean pour le remplacer... Tout semblait terminé et le nouvel évêque... n'avait plus qu'à obtenir l'affermissement par le consentement du siège apostolique. Mais pendant que, selon l'usage, je me préparais à cet acte, selon la coutume, une lettre du prince m'arriva qui m'informait que Jean... devait être écarté de l'épiscopat comme indigne. J'ai donc révoqué la sentence de confirmation que j'avais donnée. )) Après avoir cité l'extrait de la lettre de Simplicius qu'on vient de lire, Baronius conclut en ces termes : « Puisque Simplicius parle nettement d'une confirmation donnée à l'évêque d'Alexandrie, tu vois, lecteur, que l'élection d'un nouvel évêque, soit à Alexandrie, soit à Constantinople, avait besoin, pour être définitive, de la confirmation du pontife romain. » Enfin on tira un parti précieux de la lettre suivante de saint Léon à Dioscore d'Alexandrie : « Vous pourrez juger de notre affection pour vous par l'empressement avec lequel nous affermissons les commencements de votre épiscopat, afin que rien ne paraisse manquer à votre perfection, tandis que vous avez en votre faveur le suffrage de vos mérites spirituels, comme nous en sommes assurés. Cette collation paternelle et fraternelle doit être agréable à votre sainteté. » Si ceci n'est pas une véritable confirmation, s'écria Lamennais -, qu'est-ce donc que confirmer? Dioscore est élu canoniquement. Il a de plus en sa faveur, suivant l'expression du pape, le suffrage de ses mérites