Carmen apol. 44, M
184 THÉOLOGIE scripturaihe; l'eschatologie.
broise ^ Et saint Augustin lui-même crut, pendant quelque temps, que l'Ecriture promettait aux justes un royaume terrestre, royaume transitoire, auquel devait se substituer, un jour, le bonheur ineffable et sans fin du cieP.
Cette exégèse matérialiste des textes bibliques disparut peu à peu sous diverses influences, dont la plus puissante fut la philosophie origéniste^. Eusèbe reconnut dans l'Église la nouvelle Jérusalem dont Isaïe avait tracé le tableau ^. Théodoret ^ et saint Cyrille ^ d'Alexandrie adoptèrent l'interprétation de l'évêque de Césarée qui, dès lors, devint classique en Orient. Saint Jérôme se mit également à l'école d'Eusèbe. Il expliqua que les visions d'Isaïe avaient pour terme l'ère chrétienne, et que l'on devait appliquer à l'Église les textes dans lesquels les millénaristes prétendaient trouver une Jérusalem terrestre'^. Il ajouta que l'Apocalypse, elle aussi, avait prophétisé la vie de l'Église, et non les événements de la fm du monde ^. Ce fut sans doute sous l'influence de saint Jérôme que saint Augustin abandonna les idées millénaristes, qui l'avaient d'abord séduit. Quoi qu'il en soit, l'auteur du De cwitate enseigna que, des deux résurrections mentionnées par \ Apocalypse, seule la seconde avait pour objet les corps, tandis que la première, d'ordre purement spirituel, désignait l'œuvre de la conversion des âmes qui s'opère chaque jour dans l'Église^. Il expliqua aussi que
1. De bono morlis, 45 à 47, M. IL 560. Ambroise s'appuie ici sur le quatrième livre d'Esdras. Voir encore : In ps. 1. 51 à 56, M. 14. 951 ; In ps. 118, 3. 16, M. 15. 1228.
2. Serm. 259. 2, M. 38. 1237. Il fait du reste des aveux complets dans : De civil. 20. 7. 1, M. 41.667.
3. Le montanisme, par ses excès, jeta aussi le discrédit sur les théories millénaristes dont il était l'apôtre. Voir : Harnack, Dogmengesch s. 1. 40L