Ibid. 8. 25 et suiv
TUÉOLOQIE. i
2 THÉOLOGIE scripturaire; la mission divine du christ
jour, selon les Écritures ^ » La grande préoccupation des apôtres, on le voit par ces textes, fut d'établir que les souffrances, la mort et la résurrection de Notre-Seigneur avaient été arrêtées longtemps d'avance dans les conseils de Dieu; qu'elles avaient été annoncées par les prophètes. Et l'on peut dire que le célèbre chapitre d'Isaïe où sont décrites les souffrances du « serviteur de Dieu », divers textes d'Osée, de Jonas,et des psaumes, constituaient la trame de leurs discours ^ Cette attitude leur était commandée par les circonstances. Les juifs, en effet, attendaient le Messie; mais un Messie puissant, un Messie conquérant, dont les armes victorieuses rendraient à Israël opprimé sa gloire des anciens temps. Les apôtres se trouvaient ainsi en face d'un idéal messianique à détruire. Ils avaient à convaincre leurs compatriotes que le Messie promis par Dieu devait être un homme de douleurs avant d'être un roi de gloire. Il leur fallait, en un mot, arracher les juifs à leurs préjugés. Mais ces préjugés, on le sait, s'autorisaient des Écritures. Les juifs faisaient reposer leur attente du Messie politique sur les promesses réitérées des prophètes. On devait, par conséquent, leur opposer d'autres promesses prophétiques et leur prouver que les mêmes Écritures, qui avaient décrit le règne g^lorieux de « l'Oint de Dieu », avaient aussi décrit ses souffrances et sa mort. La théologie positive a donc eu comme première tâche de corriger l'idéal messianique des juifs. Et si l'on cherche comment les apôtres, après avoir longtemps partagé les préjugés de leurs compatriotes, ont été amenés à justifier par l'Ancien Testament le drame du Golgotha, il suffira de rappeler, entre plusieurs autres, ces paroles du divin Maître : « Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit ^... Ne pourrais-je pas invoquer mon Père qui me donnerait à l'instant plus de douze