Expositum PaschasiiRadberli,M
310 THEOLOGIE SCRIPTURAIRE ; L EUCHARISTIE.
signer sa propre chair, celle qui est née de la Vierge Marie et non une autre; son propre sang, celui qui fut répandu sur la croix, et non un autre... Les mots : hoc est et meiun s'appliquent, non pas à un corps quelconque, mais au corps qui devait être livré. ' »
Malgré les efforts de Paschase, le problème eucharistique continua pendant longtemps à diviser les esprits. Dans les dernières années du dixième siècle, le savant Gerbert se vit obligé d'écrire un traité, où la théologie scripturaire n'a du reste aucune part, pour tenter une conciliation entre la doctrine de l'abbé de Corbie et celle de ses adversaires ^. Puis, peu à peu, le calme se fit, en attendant la tempête que le fameux archidiacre de Tours allait bientôt déchaîner.
Bérenger chercha parfois un appui auprès du texte : Ceci est mon corps, et il essaya de démontrer que le pronom « ceci » s'opposait à toute hypothèse de conversion du pain au corps du Sauveur. Mais, le plus ordinairement, son attention était tournée d'un autre côté. Pour combattre la doctrine de la présence réelle ou, du moins, celle de la transsubstantiation, il demanda surtout des armes au témoignage des sens, à la raison et à la Tradition. Comme il arrive toujours, la défense se modela sur l'attaque. Lanfranc, Durand de Troarne, Guitmond d'Aversa, Hugues de Langres, Alger, tous ceux qui se levèrent pour réfuter l'hérésiarque, se placèrent presque uniquement sur le double terrain de la Tradition et de la raison. Çà et là cependant on trouve dans leurs écrits de courtes dissertations d'un caractère scripturaire '^. On lit, par exemple, dans Durand : « Si l'aliment du Seigneur ne contient qu'une figure et non la vérité substantielle, le Christ qui a dit : Prenez et mangez^ ceci est mon corps^ n'est pas véridique. S'il n'est pas véridique, il n'est pas Dieu... Il est écrit : Le pain que je donnerai, c'est ma