‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 403 sur 547 · SîippL · texte numérisé non relu

SîippL

4. On a vu plus haut (p. 359 note) que saint Thomas enrichit la preuve scripturaire du purgatoire du texte : 2 Macch. 2. 46. On ne retrouve pas ce témoignage chez les autres docteurs du moyen âge ; mais nous allons le rencontrer au concile de Florence. Voir p. 363.

l'éternité des peines et le feu de l'enfer. 361

illis singulae stolae albae '. Son disciple saint Thomas fit appel dans le même but aux formules de saint Paul : Domiun habemiis non manufactam conservatam in coelis; — Cupio dissohi et esse cuni Chris to '■^. Quant à saint Bonaventure, il se borna à reproduire les textes cités par Albert-^. La^sentence du jugement rapportée par saint Matthieu faisait quelque difficulté, en ce sens quelle paraissait ouvrir pour la première fois le ciel aux justes et l'enfer aux coupables. Albert expliqua que cette sentence visait les corps ressuscites qui, en effet, n'entreraient qu'à la fin du monde au séjour de la gloire ou au séjour des tourments ''.

Saint Thomas ^ et saint Bonaventure ^ déduisirent l'éternité des peines du texte : Ibunt hi in supplicium aeternum. Mais pendant tout le moyen âge le dogme des peines éternelles ne fut contesté par personne. Aussi l'on se préoccupa plus de l'expliquer que de le prouver. Cependant saint Thomas " et saint Bonaventure* se livrèrent sur ce point à une démonstration en règle; ils firent observer que la formule terrifiante : Ibunt hi in supplicium aeternum avait, comme pendant, cette autre formule consolante : Justi autem in vitam aeterncun ; que la menace devait être interprétée comme la promesse ; et que si on enlevait l'éternité à l'enfer, on devait également l'enlever au ciel. Mais ces deux docteurs firent exception. Généralement on se contenta de montrer pourquoi les peines de l'enfer ne finiraient pas, sans s'attarder à démontrer le fait lui-même de l'éternité des peines.

Les lignes qui précèdent contiennent le relevé, à peu près

1. InSent.j 4. 21, 10. 11 débute ainsi : « Disputari enim potest hic de qliodam errore quorumdam Graecorum qui dicunt nullum ante diem judicii intrare coclum vel infernum, sed in locis mediis usque illuc conversari ». Pour être juste il faut dire qu'Albert s'est inspiré d'Alexandre de Halès. Yoïv Summa thcologiaef 4, qu. 15, memb. 4, art. 4, g 4, t. 4, p. 278, édit. 1575.

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