LES DREYFUSARDS ET LES ANTIDREYFUSARDS
L'acquittement d'Esteihazy et la mesure de rigueur contre le lieutenant-colonel Picquart ne firent qu'exaspérer les partisans de Dreyfus dont les p»)lémiques devinrent encore plus violentes. Us prirent à parti tous les officiers ayant été mêlés à cette cause. Peu à peu les attaques se généralisèrent et n'épargnèrent pas l'armée elle-même, reproduites avec une joie évidente par les journaux étrangers ennemis de la France, surtout par ceux de l'Allemagne. Les anarchistes et les révolutionnaires jugèrent l'instant propice pour une tentative de « chambardement », et se jetèrent dans la mêlée, en multipliant les discours et les écrits antimilitaristes.
L'Affaire, comme on la dénomma pour marquer qu'elle était devenue l'unique affaire de l'époque, amena la constitution de deux partis politiques qui se trouvèrent qualifiés, par leur action momenta-
PRÉSIDENCE DE M. FÉLIX FAIRE (1895-1899) 9f»
née : les dreyfusistes et les antidreyfusistes, ou, pour employer les expressions quils se renvoyaient en témoignage de leur mutuel mépris : les dreyfusards et les antidreyfusards. Les partisans de Dreyfus eurent, pour cette longue lutte, l'avantage de sommes considérables recueillies en France et à l'étranger dans le monde Israélite qui crut de son devoir d'intervenir par tous les moyens en faveur d'un officier juif qu'il jugea être la victime de pré* ventions ayant entraîné une erreur judiciaire (1),
Evénements divers de l'année 1897 en France et à l'étranger.