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LE COMPOSITEUR

Voyons présentement quel est l'office de ce compositeur, qui se tient toujours detx>at. Taperçois devant lui des casses, où toutes les lettre» sont rangées par ordre dans les cassetins. Il imitera par leur moyen les plus rares chefed'œavre de récriture. J'admire sa savante activité, qui tire de chaque cassetin la lettre propre à rendre ce qu'il lit sur sa copie. Rangées une à une sur son composteur, une espace en sépare chaque mot. Il donne à toutes ses lignes une égale longueur; car sans cette attention la page ne pourrait être liée et bien arrêtée dans la galée.

Attendez que la planche soit entièrement composée. Vous le verrez, fidèle à son art. la transporter d'abord sur un marbre bien uni, disposer tout avec ordre, et avec grand soin , afin qu'à rimpression tout marque bien sur le papier.

Pour cela il place ses bois, prend des coins dont il serre la forme à coups redoublés- Il la soulève ensuite pour s'assurer si rien ne remue , et s'il

sont serrées an moyen d\ine vis adaptée â l'an dea e6té« d'un coffre en bois nommé coupoir, au milieu doquri le Justifieur est placé. Le fer du rabot forme comme une gouttière ou canal au pied de la lettre en enlevant dans le milieu de toute la ligne les inégalités résultant de la rupture du jet.

* L'ouvrier compositeur, qui est toujours debout, et qui prend les lettres dans les cassetins, en anivant sa copie pour les placer dans le composteur, qu'il tient dans sa main gauche.

9 Casse , espèce de tiroir de bois, divisé par petites cases carrées, qui contiennent les lettres.

** CasseUns ou autres cases carrées plus ou moins grandes , dont chacune contient une seule aorte de lettres. /

> > Composteur, peUt instrument de fer, fermé aux deux boots et ayant on rebord sur lequel on range les mots : il rend les lignes d'une page toujours égales, afin que l'on poisse lier la page dans la galée , qui est un carré de bois creux, ayant quelquefois une coulisse.

^* Coins de bois, avec lesquels on serre la forme dans un châssis de fer, où les pages, suivant l'ordre du discours, sont imposées sur un marbre uni. Chaque page est entourée de çamituret en t/oi» ou en

ID quadro densare iteratis ictiboA ; alla littera ne recidat, tentabit; deinde levabit. Fit primum Specimeo : corrector menda peritas Expangit , calamo signans in margine chartx, Ut teaai retrabantur Âca de corpore formœ.

TYPOGRAPHUS

Oein opifex aptat substratam marmore Preii Hanc tabalam. Apparent mira ioatrameDla pre-

[ mentis

Lamns *^ qaam nostra saapendimus arte Colum-

[nla.

Re$pice roboream Compagem >S Tympana '^

[Clathi08>*,

Et Fanes >% Cochleamque >", Manabria >", cerne

[Palangam ^ ; Donec chalcogràpbus >* Qoadri ^ cam forfice

[cbartam Rescindit, ne sint quœdam mordentla signa.

Hic capulo sumit Folles ^^ de vellere plenos Peilibos impacto , quos tingit atrosqae colore, Et movet bine ilUnc ; vi muita terqae qaaterqae Immotam formam baud flaidb inlicit Atramen- Tenditar*interea molli madefacta papyrus [to^^. llembranae t exiguis remanet conlixa daabas Caspidibaa, conferta e Pannis Tympana^ volvens Preli opifex ducit sab Lamnam ; Yecte ^ retracto Bis premit. Eccerefertcbarta bscrevoluta typo- Eûigiemi qaoram ser vat signata ligaram. [rom Plara brevis spatio sic verba typographus bcrx

foDte. L'ouvrier sonde oa soulève la forme pour Tuir si >ien oe peut tomber avant qu'il la lève ; et quand les fautes sont marquées sur la première épreuve que l'on fait , il les corrige en enlevant avec la pointe les lettres qu'il doit changer et en mettant à la place les lettres qu'il faut.

Pour l'impression d'une feuille in-octavo on dispose huit pages dans le châssis qui doit servir à Imprimer le recto, et les huit antres pages dans celui qui doit servir à imprimer le verso de la feuille.

>s Platine, ou plaque de cuivre qui s'abaisse sur les tympans et sur la forme. Elle est attachée ordinairement avec des cordes, mais Ici elle est suspendue par quatre colonnes d'airain ( ce qui a été InTenté par Tauteur de ce poëme ).

*4 Les Jumelles ou tout le bols dont la presse est composée.

t5 Deux tympans, ou cadres de bois et de fer recouverts chacun d'une peau de parchemin; ils s'ajustent l'un sur l'autre, et dans l'entre-deux on place des blanchets ou étoffes ; k cet effet le petit tympan est mobile. Sur le grand tympan on applique une pointe de chaque côté. Ces pointes , placées sur les bords du tympan , vers le milieu , serrent pour marger le papier, et font deux trous à b feuille , dans lesquels on fait rentrer le papier lorsqu'on imprime son revers , afln que les pages se correspondent et soient bien en registre. Voy. pL xxix, flg. X.

*< Frisquette ou châssis de fer recouvert d'une feuille légère de carton, qu'on découpe avec des ciseaux , en suivant le contour des pages de la forme , de peur que rien ne morde et ne baràouille. Ce chAssis, qui s'abaisse sur le grand tympan, y est a enant au moyen de deux brochettes et de deux cutiplets.

*7 Cordes ou vaches attuchées par un bout au cofln: de bois (dans lequel est enchâssé le marbre) et par Tautre bout au derrière de la presse. L'ensemble, ou trtun, est mis en mouvement au moyen d'une manivelle.

■* La vis de l'arbre de fer, dont le bout d'en haut

ne se détacbe point de lettres. L'essai fait , il la lève. Alors on fait ane première épreuve. Un babile correcteur en marque les fautes à la marge avec la plume, et le compositeur les corrige ensuite sur sa forme, au moyen d*une pointe avec laquelle il enlève les lettres.

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