HONGRIE
Dès 1473 paraissait à Budel'ifijtona A^ungarica, Ladislao, prœposito Ecclesiœ Budensis, ac régis Mathix Corvini cancellario , dedicata a iypographo. Budae , typis Audrese Hess ; anno 1473.
Vimprimerie su propage en Italie.
Milan. — En 1469 Philippe de Lavagna de Milan et en 1471 Ântonius Zarotus de Parme impriment un grand nombre d^auteurs lalins. Zarot eut pour correcteurs le célèbre P. Justin Philelphe et le P. Etienne Dulcinio.
Son Missale Romanum in-folio, imprimé en 1478 , en est le premier livre , dit Chevillier, 4ni soit en noir et en rouge.
Les impressions de Zarot s'arrêtent à Tannée 1500. Christophe Valdarfer quitta son imprimerie de Venise , pour venir imprimer à Milan, en 1474, des éditions grecques et latines fort estimées. Gothardus de Ponte y imprima en 151 Ole livre singulier des Conformités delà vie de saint François avec celle de J.'C.f qui fut réimprimé à Milan, en 151 3, par Zarotus Castilioneus , hujm artis non infirmi (I).
Parmi ses imprimeurs Milan peut se gloriâer de compter Démétrius Chalcondyle et Alexandre Minutius , deux hommes de lettres distingués.
La grammaire de Lascaris , imprimée à Milan, en 1476, par Denis Paravisini, est le premier ouvrage où le grec soit régulièrement imprimé ; mais il est encore défectueux. C'est plutôt pour son ancienneté que pour son exécution typographique que ce livre est reclierché.
En 1493 parut la belle édition grecque d'Isocrate, imprimée par Henri Germanus ou l'Allemand et Sébastien de Pontremulo.
La première édition des œuvres complètes de Cicéron , 4 volumes in-folio, y fut imprimée par les deux frères. Minutianns en 1498-1499.
Florence. — En 1471 Bernard Cenninusnous apprend que, a secondé par son fils Dominique, il a gravé des poinçons d'acier, au moyen desquels ont été fondues les lettres qui ont imprimé le Virgile, dont Pierre, son autre fils , a revu le texte sur les manuscrits, en ayant grand soin que ce texte de Servius fût bien complet et qu'aucune noie étrangère ne s'y glissât. Quant aux mots grecs, qui sont en petit nombre, ils ont été laissés en blanc, attendu que beaucoup de personnes préfèrent les écrire eux-mêmes, et qu'il est fort difficile d'en imprimer les accents. Mais comme on ne saurait rien produire d'absolument parfait, ils se bornent à l'espoir que le livre sera jugé supérieur à ceux qui l'ont précédé (2). «
Bernard Nerlius et son frère imprimèrent en 1488 la première édition dn texte grec d'Ho-
(I) Parmi les éloges infinis donnés à ce saint figure cclai-d, Frakciscus fuit deos.
(s) Bem. Cenninus aurlfex omntuin Jadicio prxstan* llssimus et Dominicas ejos filfus egregis indolis adolescens exprestis ante calibe cliaraeteribus et deinde fusis literis, volumen hoc priniom impresserunt : Pe- Iru» Cenninos, Bernard! ejusdem filius, quanta po- *>uit curfi et diligcntlâ cniendavit , etc.
mère, pubiiée*par Démétrius Chalcondyle d'Athènes, qui fut secondé par Jean Accioii et Démétrius de Candie. Cette édition est belle, rare et recherchée.
Laurent François de Alopa publia diverses éditions principes des textes grecs, telles que V Anthologie de Planuife, 1494, et Apollonius de Rhodes, en 1496 : ces deux ouvrages sont imprimés en lettres capitales grecques; Euripide, les Gnomiques, Callimaque, etc.
Philippe Junte de Florence en 1497 et son frère Bernard en 1 506 continuèrent l'impression du petit nombre d'ouvrages grecs encore inédits, et réimprimèrent beaucoup d'auteurs grecs et lalins. Leurs éditions, moins estimées que celles des Aides, sont fort belles. L'enseigne des Juntes était trois lis , accompagnés quelquefois de la devise nil candidim.
En 1497, à Pinstigation du célèbre Fra Girolamo Savonarola , les ouvrages en langue vulgaire de Dante, de Boccace et de Pétrarque furent livrés aux ftammcs sur la place publique de' Signori.
Colle, -* Dans cette ville de Toscane, entre Poggibonzi et Volterra, l'Imprimerie fut introduite dès 147 1 par Bonus 6aliu8,qui se présenta à la communauté de Colle le 20 avril de cette année pour demander l'exemption de la Gabelle , promettant d'établir ses presses dans cette ville. En 1478 il y imprima la version latine d'Oppien , in-4*».
Dès le commencement du quatorzième sièete , il existait à Colle des fabriques de papier , ayant un cours d'eau pour moteur. Une charte du 6 mars 1377 est relative à la location pour vingt ans, par la commune de Colle, à Michèle di Colo, d'une chute d'eau avec canal et maison adfaciendas carias: lesquels canal, maison et chute d'eau , étaient loués auparavant, pour lé même usage, par Bar tolommeo di Angelo délia Villa (1).
Colle et Fabriano sont les papeteries les plus anciennement connues en Italie. On ignore laquelle des deux fournissait aux Aides leurs superbes papiers, qui conservent encore aujourd'hui tant de solidité et d'éclat ; mais on sait que ceux qu'employa Bodoni pour ses plus belles éditions étaient fabriqués à Fabriano (2). En 1851 nous avons vu paraître à l'Exposition universelle de Londres les produits de la pa* peterie de M. PietroMilliani, de Fabriano, qui ont été admirés par le jury et ont mérité la médaille à cet habile fabricant.
Inaptes. — Dès 147 1 Sixte Riessinger, prêtre de Strasbourg, y apporta l'imprimerie. Son premier livre est : Bartholdi de Saxo Fer-
(1) Archivio diplomatico Florentino ; carte délia comunità di Colle,
(a) L'ouvrage intitulé : Le Più insigne Pitture Parmensi , in-40, isoe, est indiqué par Bodoni comme imprimé sur le papier de Fabriano. Il employait aussi celui de Pasquale Bozzaul, à Marlano, près Parme.
TYPOGKAPHIK
ra(o in II codicis JtÂStiniani partetn^ iu-ful. Le roi de Naples Ferdinand , qui aiïectionnail Riessinger, à cause de sa candeur, l'ennoblit, et lui offrit plusieurs évêchés et abbayes, pour rengager à se fixer à Naples; mais ce prêtre modeste préféra renoncer à la fortune pour revenir dans son pays. La première édition de Lue. Annmu Sénèque fut imprimée à Naples par Moravus, en 1475.
Plaisance. — Une Bible latine in-4® y est imprimée en 1470; une autre, de 1475, est remarquable par la petitesse des caractères,
Foligno, — Dès 1470 deux imprimeurs, dont Tun Allemand, Impriment Touvrage suivant : Leonardi Aretini Historia Belli Italici adversus Gotkos.
Vérone. — Le 15 janvier 1470 parait comme premier essai de riroprimerie, la Batraco^ miomachia d*Omèro^ tradotta in terza rima, da Georgio Sommariva, cavalière veronense;in Verona, 1470.
Un Français, Pierre Maufer, qui avait introduit rimprimerie à Padoueen 1474, vint ensuite s'établir à Vérone, où il fît paraître une édition de Josèphe, de Bello Judaico, in-fol., 1480.
On y lit à la fin : « Impressum in inclyta civitateVeronœ, perPetrum Maufer, Gallicum. »
Trévise. — Gérard de Lysa publia en 1471 Phalaridis Epistolœ, ex interpretatione Fr. Aretini; en 1474 Girardo Flandrino (1) imprima le Tesoro di Bruneito Latino.
Ferrare. — En 1471 une édition de Martial parut à Ferrare, sans nom d'imprimeur; on la croit imprimée par AndraeasGallus, le plus anciennement établi dans cette ville.
Bologne^ — Dès 1471 l'imprimeur Baltha* zar Azognidus y donnait un Ovide in-fol.
Pavie, — Un volume in-4° sans nom d'imprimeur est aussi de 1471 , intitulé : Antenii de Burgos liber super Decretalium III de Emptione et Vcnditione; Papiœ, 1471.
Trevise. — Le 18 décembre 1471 Gérard de Lisa fait paraître un vol. in-4** : Trismegistfis latine, interprète Marsilio Fidno, et la même année Aug%kstini manuale; Tareisii , in-8'*.
Padoue. — Deux imprimeurs, dont Tun de Padoue, font paraître en 1472 : Petrarchx Rerum vulgarium Fragmenta'; Paduae, per Bar. de Valde Patavum, et Martinum de Septem Àrborilms Prutenum^ in-fol. La môme année parut la Fiammetta de Boccace, in-4°. En 1717 les frères Comine publièrent à leur imprimerie de Padoue des éditions fort estimées par le mérite des notes critiques , la beauté des caractères, et celle du papier et de l'impression.
Mantoue. — L'imprimerie y est introduite par deux Allemands, qui publient dès 1472
(0 Son nom se trouve dans une pièce de vers latins à la fin du volume.
rouvragesuivaul: />an/t« Capitula, italice :
Magister Georgius et Magister Paulus, Teu-
tonici, hoc opus Manium impresseruut, ad'
juvante Colombino Veronensi; 1472.
La même année parut à Mantoue un Traité
des Maléfices, à la fin duquel on lit ces vers :
Petrus Adam , Mantus, opus hoc impretatt In urbc. lUIc nnllus eo scripserat aère prins.
Gènes. — D*après Panzer, Mathieu Moravut, Olomuntzet Michel de Monaco y auraient imprimé dès 1474 le Nicolai de Ausmo Supplementum Summx quœ Pisanella vocatur, en caractères gothiques.
En 1516 P. P. Porrus voulut entreprendre une Bible polyglotte, et fit paraître le psautier en hébreu, en grec, en arabe, en cimidéen, avec trois traductions latines, et les gloses, imprimées à huit colonnes. Dans la préface , l'éditeur, Justinien, s'adresse au pape Léon X ; mais il ne put obtenir des princes et du public un appui suffisant pour pouvoir continuer cette entreprise.
Parme. — L'imprimerie y fut importée en 1473 par un Français,Étienne Coral,imprimeur de Lyon. On lit à la fin de son édition de VAchilléide de Stace : « Si quas , optime lector, hoc in oi.«re lituras inveneris , nasum posito ; nam Stephanus Corallus Lugdunensis, invi* dorum quorundam malivolentia lacessitus^qui idem imprimere tentarunt dtius quam asparagi coquantur, id absolvit, ac summo studio emendatum literarum studiosis legendum tradidit, Parmx 1473, cal. april, 4. »
La même année il imprima Catulle et les Sylves de Stace in-fol., et deux antres ouvrages in-fol. des jurisconsultes Baldus et Barbacius. Les années suivantes il donna Pline, Histoire Naturelle; Gicéron, De Offidis; un Ovide complet, etc.
Le seul ouvrage imprimé en 1473 par André Portilia est Trionfi di Petrarcha. Voici les deux derniers vers de la pièce placée à la fin en l'honneur du commentaire de Philelphe qui y est joint :
Hxc nain dedalicus posult Portilia Parmae Andréas : pairie gloria magna sus.
En 1479 A. Portilia imprima un Virgile in-fol. et les Métamorphoses d'Ovide. En 1480 il donna une édition de Pline, Histoire Naturelle, grand in-fol., avec cette pièce de vers d'André Aicardus :
jéndreas prodcsse volens , Portilia multls
Gratum opus impressit Plinion serc sao.
Temporibus priscis bunc Blbllothcca tcnebat
Prtncipis ; et magni divltls atquc ducum.
Nunc émit eum omnls civis, qucm gloria tangit ,
Hune émit argento paupcr
Arte tua gaudere potes, Portilia^ multum,
Que facit ut vivant omnia scripta. Vale.
C*est daus ces derniers temps que l'art typographique fut porté à Parrne à un haut degré de perfection par les talents de Bodoni.
Bodoni,
Nul D^eut plus que lui la passion de son ait. Une noble émulation s'était établie entre la France et l'Italie pour créer des chefsd'œuvre typographiques et honorer la mémoire des grands poètes et littérateurs en reproduisant leurs œuvres avec un luxe qui était un nouvel hommage rendu à l^u^ nom et à leur mérite. Excité par l'estime de ses concitoyens, encouragé par les souverains et les princes, Bodoni trouva en Italie un public enthousiaste, et dans M. le chevalier Azarra un protecteur dévoué.
Ce célèbre artiste réunissait en lui tous les talents d'un véritable typographe (1). On peut Juger de l'ensemble de ses travaux par le spécimen des caractères qu'il a gravés et par V Or aiio Dominica en cent cinquante-cinq langues. Habile et infatigable graveur, fondeur en caractères et imprimeur, il surveillait lui-même tous les détails de sa fonderie de caractères , et le tirage des beaux livres qu'il imprimait, en sacrifiant tout au luxe, et quelquefois négligeant trop la correction et l'exactitude des textes (2).
Bodoni , nous dit M. A. A. Renouard , ne voulut jamais consentir à mettre plu's de deux octaves par pages dans une édition du Tasse qu'il l'avait prié d'imprimer pour lui. En vain M. Renouard lui objectait que ce luxe inutile renchérirait d'un tiers l'édition, et que tant de papier resté blanc sur la page était pour le moins inutile, rien ne put vaincre la résistance de Bodoni. « Je ne veux que du magnifique, disait-il, et je ne travaille pas pour le vulgaire des lecteurs (3). »
Artiste consciencieux , il a honorablement rempli sa carrière ; et l'Italie, qui un moment plaça son buste au Panthéon (4), s'honore de cotnpter Bodoni parmi les typographes du dix-huitième siècle les plus habiles et les plus dévoués à leur art.
Une de ses plus belles éditions est la Gerusalemme Liberata, 2 vol. in-4°, 1794, et simultanément il en imprimait une autre en 3 vol. in-r, avec seulement deux octaves par page; luxe plus qu'inutile. Son Virgile Pan/W5 inasdibtts Palatinis, 1793, 2 vol. grand in-f», est aussi une très-belle édition, qui fut tirée seulement à deux cents exemplaires. M. P. Didot y a signalé trente fautes , lesquelles ont été corrigées depuis par Bodoni dans une partie des exemplaires , au moyen de cartons, ou plutôt de feuilles réimprimées en entier.
(0 Voir le rapport du Jury de l'exposition française de 1806. La médaille d'or lui fut accordée.
(s) Voyez la lettre de Firmin Dldot au sujet d'un nouveau caractère grec , insérée au Magasin Encyclopédique de Miilin , t. V, 6* année.
(5) Voy. Annale» de V Imprimerie des Estienne,
^ édtt, p. 447.
(4) Je l'y ai vu en 1817. Il était placé à droite en entrant, un peu caclié par le battant de la porte.
On doit citer aussi la belle é^iition des Fables de la Fontaine y 2 vol. in-f^, dédiée à Joachim Murât, alors roi de Naples, et qui Tut terminée par sa veuve en 1814* La magnifique édition d'Homère en gros caractères grecs, donnée par Lamberti et dédiée à l'empereur Napoléon, 3 voL in-f , 1808, est atlssi uh vrai chef-d'œuvre.
Nous ne citerons pas les ou vidages en divers formats publiés en grand nombre par Bodoni ; leur mérite typographique ne saurait être contesté.