‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 98 sur 236 · LA FONDATION DE NIORT · texte numérisé non relu

LA FONDATION DE NIORT

consacrer sa vie. Elle fut, avec Monique Lion, la première postulante de la maison de Niort. L'une mourut en Amérique, l'autre au Sacré-Cœur de Kientzheim dans le Haut- Rhin, et toutes deux en bénissant cette petite maison de Niort qui avait été le berceau de leur vocation.

Ainsi mettre Jésus-Christ d'abord sur un autel, si pauvre qu'il puisse être, puis dans l'âme des maîtresses, puis dans celle des enfants, voilà ce qui constitue l'œuvre d'une fondation, selon le Sacré-Cœur.

Cela fait, il n'y avait plus qu'à remercier Dieu, et à l'aimer toujours. Ce fut le dernier mot de la mère fondatrice à Mm0 Giraud : « Vous êtes doublement obligée d'être bonne. Votre petit troupeau augmente : il faut à la bergère de plus grands pâturages. Où les trouverez-vous ? dans le Cœur de Jésus1. » Ailleurs, Mme Barat lui déclare que là seulement se trouve la félicité; et, laissant déborder l'ardeur qui la consume, elle s'écrie dans un transport digne de sainte Thérèse : « Si j'avais cent langues, et que je pusse me faire entendre de tous les hommes qui habitent ce vaste monde, je leur dirais : « Aimez votre Dieu, ne vivez que « pour lui plaire, et vous nagerez dans un océan de « bonheur1. »

La maison de Niort était fondée : c'était la sixième de TOrdre. Avant d'en établir d'autres, la Société devait maintenant attendre plus de six années : années critiques durant lesquelles les menaces du dehors et les troubles du dedans commandant au Sacré-Cœur de se cacher dans l'ombre, arrêtèrent l'essor de son développement. Jusqu'à la fin de l'Empire, on n'en peut dire qu'une chose : il vécut. La bonté de Dieu lui ménageait cette crise, comme, après

1 Grenoble, 12 septembre 1810. — 2 Ibid., 20 août 1810.

une première moisson, il envoie à la terre un hiver rigoureux, afin qu'elle sorte de là avec une nouvelle vie. Ce temps ne mt perdu ni pour l'avancement de l'âme, ni pour l'avancement de l'œuvre de Mme Barat ; et le dernier fruit de cette épreuve fut le progrès de la sainteté comme de l'autorité de la mère générale, le triomphe du sacré Cœur, et entin, l'enfantement des Constitutions.

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