‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 136 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

Cœur et l’amour du Canada furent inséparablement unis, on le comprendra sans peine, dans l'âme de notre vénérable Mère. Elle n'offrait le moindre sacrifice à Dieu et ne lui demandait quelque grâce que par l'entremise de l’adorable Cœur de Jésus-Christ, qui devint dès lors son refuge dans les périls, sa consolation dans ses peines, son repos dans ses fatigues, son trésor dans ses indigences matérielles et son tout dans les mépris qu'elle avait pour les faux biens de ce monde. Elle-même nous a parlé « des nouvelles infusions de grâces » qu’elle en recevait, qui lui « faisaient produire, disait-elle, des choses admirables que sa plume et sa langue ne peuvent exprimer, au sujet de l’amplification du royaume de Jésus- Christ! ».

Dans une lettre qu’elle écrivait du Canada à son fils, à la date du 16 septembre 1661, elle nous donne des détails qui trouvent ici naturellement leur place sur une de ses grandes pratiques de dévotion à l'égard du sacré Cœur de Jésus. Après avoir rappelé les circonstances que nous venons de rapporter, elle ajoute: « Cette divine touche eut son effet, car tout mon intérieur se trouva dans une communication très intime avec cet adorable Cœur, en sorte que je ne pouvais plus parler au Père éternel que par lui. Cette révélation m'avait été faite sur les huit à neuf heures du soir. Depuis lors, je n'ai jamais manqué

un seul jour, sauf par impuissance de maladie ou

1 Dom C'aude Martin, relation, ch. x, Ile partie, p. 306.

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pour n'avoir pas été libre dans mon action intérieure, de faire à cette heure-là un exercice de dévotion en l'honneur du sacré Cœur de Jésus. Voici à peu près comme je m'y comporte, lorsque je suis libre, en parlant au Père éternel :

« C’est par le cœur de mon Jésus, ma voie, ma vérité et ma vie, que je m’approche de vous, à Père éternel. Par ce divin Cœur, je vous adore pour tous ceux qui ne vous adorent pas; je vous aime pour tous ceux qui ne vous aiment pas; je vous reconnais pour tous les aveugles volontaires qui, par mépris, ne vous connaissent pas. Je veux par ce divin Cœur satisfaire au devoir de tous les mortels. Je fais en esprit le tour du monde, pour chercher toutes les âmes rachetées du sang très précieux de mon divin Époux, afin de satisfaire pour toutes par ce divin Cœur. Je les embrasse pour vous les présenter par lui, et par lui je vous demande leur conversion. Hé quoi! Père éternel, voulez-vous bien souffrir qu'elles ne connaissent pas mon Jésus et qu'elles ne vivent pas pour celui qui est mort pour tous ? Vous voyez, à divin Père, qu’elles ne vivent pas encore. Ah! faites qu’elles vivent par ce divin Cœur. » (Ici notre Mère faisait mention particulière de l’Église du Canada ; puis elle ajoutait:) « Sur ce divin Cœur, comme sur un autel divin, je vous présente N.', votre petit serviteur, et N.?, votre petite

1 Claude Martin, son fils, 3 Sa nièce, dont nous parlerons plus loin, qui, après avoir couru d: grands dangers dans le monde, rentra plus tard au monasttre

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