DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI
étonné toutes les Ursulines de la congrégation de Paris, et elles ont reconnu à nos démarches un dégagement d'intérêt propre qu'elles n’eussent pas sans doute soupçonné. De là vient qu'elles nous ont fait des caresses qui ne se peuvent exprimer. Il semblait que nous eussions été élevées ensemble et que nous ayons été formées par le même esprit. Plusieurs d’entre elles ont eu à mon égard des ouvertures de cœur très engageantes, et m'ont témoigné le désir qu’elles ont d'une union générale de toutes les Ursulines de France. La Mère supérieure m'en a fort entretenue et m'a dit que plusieurs prélats, dans la dernière conférence qu'ils ont eue à Paris, ont fortement agité cette question, et qu'ils étaient même sur le point de l’exécuter !, »
Ce désir d'union de toutes les Ursulines de France a été un des plus fermes et des plus ardents désirs de notre vénérée Mère. Nous aurons l'occasion d’en parler plusieurs fois encore.
Après avoir dit adieu aux Ursulines de Paris, la petite caravane eût été heureuse de se rendre immédiatement à Dieppe; mais une maladie dont M. de Bernières s'était senti atteint dès son arrivée à Paris l’obligea à retarder encore son départ. Cette maladie fut longue, et donna même à M"° de la Peltrie et à ses compagnes quelques sérieuses inquiétudes. Cette pieuse veuve y trouva une occasion de prodiguer à celui qu’elle considérait comme
1 Letires historiques. Lettre VIII, p. 316-317.