CHAPITRE CINQUIÈME
Attrait pour le eloître—Austérités--Désolations intérieures.
Après quatre années de cette vie humiliante à laquelle Marie s'était condamnée dans la maison de son beaufrère et de sa sœur, il plut à son directeur, le Révérend Père Dom Raymond de Saint-Bernard, de mettre un terme à cette longue épreuve. Il fit ouvrir les yeux à ses parents sur l'étrange conduite qu'ils tenaient à l'égard de leur sœur, et leur représenta que loin de mériter les honteux traitements qu'ils lui faisaient subir, elle était digne au contraire
de toute leur reconnaissance. Il leur montra en même temps les grands avantages qu'ils pouvaient retirer des talents naturels qu’elle avait pour les affaires.
Son beau-frère occupait la charge de commissaire pour le transport des marchandises dans toute l'étendue de la France ; il possédait en outre le grade d'officier d'artillerie. Ces deux emplois lui facilitaient les moyens d'entreprendre une multitude d’autres affaires qui l’obligeaient d'entretenir un grand nombre de domestiques ; car pour s'acquitter plus exactement de ces fonctions et ne dépendre de personne, il gardait chez lui tout ce qu’il lui fallait d'hommes, de voitures et de chevaux pour ces divers emplois.
Ne pouvantsuffire à tant d’occupations, il pria notre sainte veuve de se charger d'une partie de son fardeau. Il finit ensuite par lui confier la conduite de toute sa maison. Sans quitter ses premières fonctions, qui étaient trop chères
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