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personnel. Outre les cinq religieuses, le pensionnat se composait de quinze à dix-huit élèves sauvages, sans compter les élèves externes qui fréquentaient les classes.
‘ Je vous dirai comment nous pouvons tenir tant de personnes en un si petit lieu. L’extrémité des chambres est divisée en cabanes faites d’uis de pin: un lit est placé près de terre, et l’autre comme au plafond, en sorte qu’il y faut monter avec une échelle. Avec tout cela nous nous estimons plus heureuses que si nous étions dans le monastère le plus accommodé de France.”
Un autre inconvénient résultait de l’arrivée des Ursulines de Paris, issue d’une branche de la famille de Sainte-Ursule différente de celle de Tours. Outre la diversité des costumes, les deux communautés n’étaient pas soumises aux mêmes constitutions, celles de Paris s’engageant, par un vœu solennel, à l’éducation de la jeunesse.
Une telle diversité ne pouvait subsister dans le même monastère sans altérer l'harmonie et entraîner de graves difficultés. La Mère de l’Incarnation se vit donc dans la nécessité de travailler à fondre les deux constitutions, afin d'établir l’uniformité, tout en les adaptant aux besoins du pays. La solution d’une question si délicate exigeait une prudence consommée. La Mère de l’Incarnation, éclairée des lumières qu’elle puisait dans ses ineffables colloques avec Dieu, y consacra toute l’ardeur de son zèle. A la suite de longues
conférences avec ses sœurs, elle réussit autant par l’entraînement de son exemple et de son incomparable piété, que par l’ascendant de son grand esprit, à opérer l’union désirée, et à préparer des constitutions uniformes, chef-d'œuvre d’habileté et de sagesse.
Les principaux articles établissaient :
1° Que les Ursulines de Tours feraient le quatrième vœu particulier aux religieuses de Paris, celui d’instruire la jeunesse ; mais seulement pour le temps de leur séjour en Canada : de sorte que si quelque raison les obligeait de retourner en France, elles en seraient déliées.
2° Que les Ursulines de Paris adopteraient le costume de la congrégation de Tours.
Ces deux clauses principales réglées, les autres modifications furent accueillies sans difficulté.
Le projet de constitution ainsi élaboré fut envoyé en France pour recevoir la sanction des deux communautés de Tours et de Paris. Mon seulement il reçut une approbation unanime, mais il parut si sage et si habilement concerté, qu’il réveilla l’idée de réunir, sous une règle unique, l’ordre entier des Ursulines de France, la double congrégation de Paris et de Bordeaux. La proposition devait même en être faite à l’astemblée générale du clergé qui devait se réunir en 1645. Mais diverses circonstances entravèrent cette fusion qui n’ent jamais lieu. Le seul vestige qui en subsista fut le sentiment d’admiration qu'avait excité cette mâle conception, indice d’une pensée aussi vaste
que puissante, et d’une connaissance étonnante du cœur humain. La Mère de l’Incarnation fut regardée comme une des femmes les plus remarquables de son époque, si féconde cependant en femmes illustres : elle eut autant d’admirateurs de son génie, qu’elle en avait eu de sa sainteté.
Cependant les lettres d'approbation étant arrivées en Canada, la Mère de l’Incarnation s’occupa de faire mettre en vigueur les articles d'union. Ils furent signés par toute la communauté, le 8 septembre 1641, en présence du P. Vimont, supérieur des Jésuites. Ces règles toutefois n'étaient que provisoires : elles furent suivies jusqu’à l’année 1647. Alors, à la prière des Ursulines, des constitutions conformes aux premiers engagements et adaptées au pays, furent rédigées par le P. Jérôme Lalemant. ‘ On les observa jusqu’à l’année 1682, époque à laqueile les Ursulines de Québec s'affilièrent à la congrégation des Ursulines de Paris, à la suggestion de Mgr de Laval.” *
* Histoire des Ursulines de Québec.
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