‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 91 sur 106 · INSTRUCTION XXII · texte numérisé non relu

INSTRUCTION XXII

CONTINUATION DU MÊME ARTICLE

Les morts doivent donc ressusciter un jour, non de la manière que sont ressuscités ceux à qui Elie, Elisée, les apôtres et Jésus- Christ même ont rendu la vie. Ceux-ci sont ressuscités pour mourir une seconde fois ; et en effet, ils sont morts, mais à la fin des siècles, les morts ressusciteront pour ne plus mourir, À l'exemple de Notre-Seigneur, de qui il est écrit (Rom. 6. 9.): ‘ Jésus-Christ ressuscitant d’entre les morts, c’est pour ne pius ‘“ mourir; et la mort n’aura plus de pouvoir sur lui.” Quand saint Paul parle de la destruction que Notre-Seigneur doit faire de ses ennemis, il n’a pas oublié de parler de la mort, et il dit (1. Cor. 15. 26.) que quand toutes choses seront détruites à la fin des siècles, la mort sera la dernière qui sera détruite. Saint Jean dit de même dans son Apocalypse (21. 4.): “Il n’y aura désormais plus de mort.” Et dans l'Ancien Testament le prophète Isaïe (25.8.) a dit: ‘ Il précipitera la mort pour toujours.” C’est encore dans ce sentiment qu’Ozée (13. 14.) fait dire ces paroles à Notre-Seigneur: “O mort, je serai ta mort.” Tous ces témoignages nous apprennent qu’à la fin des siècles il n’y aura plus de mort, et que les morts ressusciteront immortels.

APPENNICE

Les corps étant ainsi ressuscités pour ne plus mourir, ils se trouveront dans l'intégrité et dans la perfection convenable à la nature humaine. Ceux qui auront eu quelque difformité ou quelque disgrâce en cette vie seront sans défant, les boiteux seront redressés, les manchots auront l’usage de leurs bras, les muets parleront sans peine, les aveugles verront clair. Ceux qui par une intempérie de nature auront été trop grêles ou trop gros, trop grands ou trop petits, auront une juste proportion. La raison est que comme Dieu a fait toutes choses parfaites dans leur création, il est bien convenable qu’elles le soient dans la résurrection, qui est un état bien plus parfait que le premier. De là vient encore que les martyrs, quelque mutilés qu’ils aient été, ressusciteront avec tous leurs membres, Ceuxàquion aura coupé la tête, les bras et les autres parties du corps, seront rétablis dans une parfaite intégrité. Ilo conserveront seulement le< cicatrices de leur martyre qui brilleront éternellement plus que l'or et ‘es pierres précieuses. Il en sera de même des pécheurs: ceux qui auront perdu leurs membres en cette vie, les retrouveront dans leur résurrection pour y être tourmentés comme ils le seront en tous les autres. Il y aura pourtant cette différence que les parties du corps qui auront le plus servi au péché, ressentiront davantage les peines de leurs supplices, et elles auront des tourments particuliers, conformes aux crimes dont elles auront été les instruments.

Les corps des bienheüreux, outre l’immortalité et l'intégrité dont nous “enons de parler, auront encore de certaines maiques de gloire qui les rendront quasi semblables aux esprits. Les saints Pères en ont principalement remarqué quatre, qui sont: l’impassibilité, la clarté, la subtilité et l’agilité.

L’impassibilité est un don de grâce qui fera qu’ils ne pourront jamais souffrir aucune peine ni douleur de quelque nature qu’elle soit. “ Il n’y aura plus de faim ni de soif, dit saint Jean ‘“ (Apoc. 7. 16.), et le soleil ni les vents brûlants ne les incom- “ moderont plus. Dieu essuiera toutes les larmes de leurs ‘“ yeux, et il n’y aura plus de mort. Les pleurs, les cris, et les “ travaux cesseront, parce que toutes ces choses seront passée», “et ne reviendront plus (Ib. 21. 4.) Saint Paul dit le même, quoiqu’en d’autres termes (I. Cor. 15. 42.): ‘Le corps est ‘ comme une semence; il est mis en terre, sujet À la corrup- ‘tion, et il en sortira incorruptible.”

La clarté est un don par lequel les corps glorieux brilleront comme le soleil, ainsi que Notre-Seigneur l’a déclaré en saint Matthieu (13. 48.) par ces paroles: ‘“ Les justes éclateront ‘ comme le soleil dans le royaume de leur Père.” Et afin que nous puissions mieux comprendre l'excellence de ce don divin, il nous en a donné l’idée dans l'exemple de sa transfiguraticu, Nous en avions déjà une figure dans la personne de Moïse, dont la tête devint si éclatante par l'entretien qu’il avait eu avec Dieu, que les Israélites en étaient éblouis et ne le pouvaient envisager (Exod. 34. 30.). Saint Paul donne quelquefois à ce don le nom de clarté, et quelquefois celui de gloire. Voici comme il parle (Philip. 3. 21.): “ Jésus-Christ transformera ‘“ notre corps, tout vil et abject qu'il est, afin de le rendre con- “ forme à sou corps glorieux.” Et ailleurs il dit ([. Cor. 15. 48.) : “ Le corps est mis en terre avec déshonneur, et il ressuscitera ‘ avec gloire.”

Cette clarté ne sera autre chose qu’une certaine splendeur qui s'écoulera de l’âme gloritiée dans le corps pour le faire participer à sa gloire. D’où l’on peut inférer l'excellence de la félicité de l’AÂme, puisqu’un petit écoulement de sa lumière sera capable de rendre le corps si lumineux.

Tous les corps néanmoins ne jouiront pas également du don de clarté, car, comme témoigne saint Paul (I. Cor. 15. 41.): “ La lumière du soleil est différente de celie de la lune, celle ‘“ de la lune est différente de celle des étoiles, et entre les “ étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre. Il en sera de ‘ même dans la résurrection des corps.”

Le troisième don des corps glorieux est l’agilité, par le moyer de laquelle le corps sera délivré de sa pesanteur, et se trouvera sans peine au lieu où l’âme le voudra porter, avec autant de vitesse et de promptitude que l’âme même. C’est pourquoi sain’ Paul dit (I. Cor. 15. 44.): ‘‘ qu’il ressuscitera spirituel, c’est-à: “ dire qu’il sera aussi prompt et aussi libre qu’un esprit. Le “ corps est enfermé dans le tombeau privé de mouvement, et il “ en sortira plein de vigueur.”

Le dernier des dons des corps glorieux est la subtilité qui fera que le corps sera entièrement assujetti à l’âme, pour le. suivre et la servir à son gré. Rien ne s’opposera au mouvement de son obéissance, en sorte qu'en quelque lieu que l’âme se

trouve, le corps la suivra, et il n’y aura mur si épais qu'il soit, qui le puisse empêcher de l'accompagner. C'est ce que dit saint Paul, ensuite des paroles qne je viens de rapporter. ‘ Le “ corps est mis en terre comme animal et matériel, et il ressus- “ citera spirituel.”

Il faut croire en cet article de la résurrection de la chair : 1. Que les morts ressusciteront. 2. Qu'ils ressusciteront avec les mêmes corps qu’ils auront eus en cette vie. 3. Qu'ils ressu:citeront tous sans qu’il y en ait un senl excepté. 4. Que l’âäme ne ressuscitera poirit, étant spirituelle et immortelle. 5. Quelles corps étant ressuscités ne mogrront plus 6. Que l'immortalité du corps sera accompagnée de dons ‘et de grâcer célestes oui sont: l’impassibilité, la clarté, l’agilité, la subtilité.

INSTRUCTION XXIIL.

EXPLICATION DU DOUZIÈME ARTICLE La vie érrnelle.

Après la résurrection des corps, les chrétiens n'ont plus rien à attendre ni à espérer que le prix de la vie éternelle. C’est pourquoi les saints apôtres ont conclu et fermé leur symbole par cet article.

Par la vie éternelle, il 1 : faut pas entendre simplement une perpétuité de la vie naturelle: les démons et les réprouvés auront commune avec les bienheureux après la résurrection ; mais il faut de plus entendre une perpétuité de béatitude, c’està-dire de la vie bienheureuse, qui remplira tous les désirs des anges et des saints. C’est ce qu’entendait ce docteur de la lai, qui demanda à Notre-Seigneur (Luc. 10. 25.) ce qu’il devait faire pour mériter la vie éternelle: car son intention était d’apprendre du Maître de la vérité ce qu’il devait faire pour parvenir à la jouissance d’une parfaite félicité. C’est encore en ce sens qu'il faut entendre cette vie éternelle qu’il promet (Matth. 19. 29.) à tous ceux qui auront abandonné tuutes choses pour le suivre, et cette récompense qui est préparée, dès le commen-

De

cement du monde (Matth. 25. 34.), à ceux qui auront pratiqué les bonnes œuvres qu’il nous a enseignées. Ce divin Maitre s'explique plus clairement, quand il dit (Joan. 17. 2.): ‘ Mon ‘“ Père, vous avez donné à votre Fils la puissance sur tous les ‘“ hommes afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que ‘“ vous lui avez donnés, Or, la vie éternelle consiste à vous ‘“ connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable, et Jésus-Christ ‘“ que vous avez envoyé.”

La, béatitude est appelée vie éternelle, afin qu'on ne s’imagine point qu’elle consiste dans les biens temporels, ni dans les prospérités de la vie présente qui ne font que passer, La récompense que Dieu promet à ceux qui le servent, est bien élevée au-dessus de tout cela, puisqu'elle doit durer éternellement. C'est pourquoi saint Jean, voulant détacher notre cœur des biens de la terre, pour les élever à ceux de l'éternité, dit ces paroles consolantes (I. Joan. 2. 15.): ‘“ Mes enfants, n’ai- ‘“ mez point le monde ni ce qui est dans le monde, car si quel- ‘“ qu’un aime le monde, l'amour du Père céleste n’est point en ‘ lui. Car tout ce qui est dans le monde n’est que concupiscence “ de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie, ‘“ ce qui ne vient point du Père, mais du monde. Or, le monde ‘ passe, et la concupiscence du monde passe comme lui: mais ‘“ celui qui fait la volonté de Dieu demeurera éternellement.” Selon ces principes de l’Apôtre, il nous faut mépriser les choses passagères, et n’espérer aucun bonheur en cette vie, dans laquelle, comme témoigne le prince des Apôtres (I. Petr. 2. 11.), nous devons vivre, non comme des citoyens qui y doivent toujours demeurer, mais comme des étrangers, et comme des voyageurs qui n’y font que passer, et qui ne pensent qu’à leur patrie.

Ce n’est pas que les justes ne puissent être aprelés heureux dès cette vie. Ils le sont, non en effet, mais en t:;érance, s'ils font ce que saint Paul nous ordonne, écrivant à son disciple Tite (2. 11.): “ La grâce de Dieu notre Sauveur a parn à tous “ les hommes, et elle nous a appris que renonçant à l’impiété et ‘ aux affections mondaines, nous devons vivre dans le siècle “ présent avec tempérance, avec justice, avec piété, étant tou- “ jours dans l'attente de la béatitude que nous espérons, et de “ l'avènement glorieux du grand Dieu notre Sauveur Jésus- “ Christ.”

L'on donne divers noms à cetté béatitude pour montrer son excellence. On l'appelle vie éternelle, royaume de Dieu, royaume de Jésus-Christ, royaume des cieux, le paradis, la sainte cité, la nouvelle Jérusalem; mais quelque idée que ces noms nous en donnent, elle ne peut arriver à la dignité de la chose, d’autant que par la béatitnde nous entendons un état exempt de tous maux et comblé de tous biens.

Pour montrer que cet état est exempt de tous maux, il suffit de rapporter les paroles de l’Apocalypse (7. 16.), que j'ai déjà citées dans une autre occasion : “ Ils n’auront plus de faim ni “ de soif, et le poids du soleil et de la chaleur ne les accablera “ plus; parce que l’Agneau les gouvernera et les conduira aux ‘“ fontaines des eaux vives. Dieu essuiera toutes les larmes de “ leurs yeux. La mort ne sera plus, il n’y aura plus de pleurs, ‘“ plus de plaintes, plus de douleurs (Ib. 21. 4.).”

Et pour déclarer le comble des biens de cette béatitude, je me vontenterai de dire que notre divin Maître l'appelle la joie du Seigneur : “ Entrez, dit-il (Matth. 25. 21.), entrez, mon bon et ‘“ fidèle serviteur, dans la joie de votre Maitre.” Ces deux mots comprennent tout ce qui se peut dire des joies et de la félicité de la vie éternelle; en dire davantage ce serait en diminuer l'estime, car, comme dit saint Paul (I. Cor. 2. 9.): “ L’œil n’a “ jamais vu, l'oreille n’a jamais entendu, et le cœur humain “ n’a jamais pu comprendre les biens que Dieu a préparés à “ ceux qui l’aiment.”

Néanmoins, pour une plus claire intelligence des biens de cette vie éternelle, il faut remarquer qu'il y a deux sortes de béatitudes, l’une essentielle et l'autre accidentelle, qui est comme une suite et un écoulement de la première, ces deux béatitudes font la vie éternelle.

La béatitude essentielle consiste dans la claire vision de Dieu. Notre-Seigneur l'explique ainsi (Joan. 17. 8.): “ C'est en “ cola, Ô mon Père, que consiste la vie éternelle, que l’on vous “connaisse, vous qui êtes le seul vrai Dieu, et que l’on con- “ naisse aussi Jésus-Christ que vous avez envoyé.” Il semble que le même évangéliste veuille explique, cette sentence quand il dit dans un autre endroit (I. Joan. 3. 2.): ‘ Mes très chers “ frères, nous sommes à présent enfants de Dieu, mais nous * w’avons point encore vu ce que nous serons un jour; car

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‘“ nous savons que quand Dieu se découvrira à nous, nous lui “ gerons semblables, parce que nous le verrons comme il est,” Nous apprenons de ce passage que la béatitude essentielle consiste on ces deux points, savoir, que nous contemplions Dieu en sa propre nature, et que par cette vue nous devenions comme des dieux; parce que ceux qui jouissent de Dieu, encore qu'ils retiennent toujours leur propre substance, ils sont néanmoins roevêtus d’une certaine forme admirable et toute divine, qui fait qu'ils semblent être plutôt des dieux que des hommes,

La gloire de cette béatitude essantielle est si élevée au-<lessus de notre esprit, qu’il est impossible de l'expliquer et de 1a comprendre. L'on peut néanmoins en donner une légère connaissance par quelque comparaison. Quand j'on jette le fer dans le feu, il conserve toujours sa substance et sa nature de fer, et néanmoins il est tellement revêtu de la forme du feu au dehors, et il en est tellement pénétré au dedans, qu'on le prendrait plutôt pour dun feu que pour du fer. Il en est de même de ceux qui jouissent de Dieu. Ils sont tellement unis à son essence et ils en sont tellement possédés, que si nous les voyions, nous les prendrions plutôt pour des dieux que pour des hommes, Îl faut donc dire que ia béatitude essentielle, dont nous parlons, consiste dans la claire vision de Dieu et dans le plaisir que l’on prend à contempler ses beautés et ses divines perfections.

Outre cette béatitude essentielle, les bienheureux jouiront encore de ceile que nous avons appelée accidentelle, qui consiste dans une claire et manifeste connaissance qu'ils auront de la gloire les uns des autres, et de la dignité qu’ils se seront acquise dans le ciel par leur bonne vie, car ils ne seront plus appelés serviteurs comme ils le sont dans ce monde, mais ils seront apyelés amis, frères, et enfants de Dieu, et ils le seront en eftet. C’est pourquoi, quand Notre-Seigneur fera la séparation des élus d’avec les réprouvés, il dira à ceux-là avec une singulière recommandation de leur mérite devant les anges et davant les hommes (Matth. 25. 34.): “ Venez, vous qui êtes bénis de mon “ Père, recevez la possession du royaume qui vous est préparé “ dès le commencement du monde” Et le prophète &it (Ps. 138, 17.) : “ Vos amis, à Dien, seront extrêmement honorés, leur “ principauté sera extrêmement affsrmie.”” De la sorte chaque

bienhenreux, outre sa propre félicité, jouira en quelque façon de la félicité de tous les autres, ce qui sera une chose admirable et d’un bonheur presque infini.

Je ne parle point du lieu destiné pour cette béatitnde, qui surpasse tont ce que l’esprit humain se peut imaginer. Saint Jean en décrit quelque chose dans son Apocalypse (21. 3.), mais tout ce qu'il en dit n’est que figuratif et un faible rayon de la vérité de la chose; voici ce qu’il dit: ‘ J'entendis une grande ‘ voix qui venait du trône et qui disait: Voici le tabernacle de “ Dieu avec les hommes, il demeurera avec eux, et ils seront “ son peuple, et Dieu demeurant avec eux sera leur Dieu. Et “ celni qui était sur le trône dit : Je vais faire toutes choses ‘“ nouvelles Alors un des sept anges qui tenaient les sept ‘“ coupes pleines des sept dernières plaies, me dit: Venez avec “ moi et je vous montrerai l'Épouse de l'Agnean. Et il me “transporta sur une grande et hante montagne, et il me “ montra la grande Ville, la sainte Jérusalem qui descendait ‘“ du ciel de la part de Dieu. Elle était environnée de la cla:té “ de Dieu, et l’astre qui l’éclairait était semblable à une pierre ‘“ précieuse, savoir à une pierre de jaspe, transparente comme “le cristal. Elle avait une muraille grande et fort élevée, où il ‘ y avait douze portes et douze anges, savoir, un ange à chaque “ porte, où il y avait aussi des noms écrits, qui étaient les ‘ noms des douze tribus des enfants d'Israël. I1 y avait trois “ portes À l’orient, trois portes au septentrion, trois portes au “ midi, et trois portes à l'occident. L: muraille avait douze “ fondements où étaient les noms des douze Apôtres de ‘ l’Agneau. Cette muraille était bâtie en jaspe, et la ville était “ d’an or pur semblable à un verre très clair. Les fondements “ de la muraille de la ville étaient enrichis de toutes sortes de “ pierres précieuses. Le premier fondement était de jaspe, le ‘“ second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième ‘ d'émeraude, le cinquième de sardonix, le sixième de sar- ‘“ doine, le septième de chrysolite, le huitième de béril, le ‘* neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième ‘ d'hyacinthe, le douzième d’améthi-te. Or, les douze portes ‘ étaient douze perles, et chaque porte était faite de l’une de “ces perles. La place de la ville était d'un or pur transparent ‘“ comme le verre. Je n’y vis point de temple, parce que le Sei-

‘“ gneur Dieu tout-puissant et l’Agneau en est le temple. Et “ cette ville n’a pas besoin d’être éclairée par le soleil, ou par “ la lune, parce que c’est la gloire de Dieu qui l’éclaire, et que ‘ l'Agneau est la lampe ; les portes n’en seront point fermées à “ la fin de chaque jour, parce qu'il n’y aura point de nuit. Il “ n’y entrera rien de souillé, ni aucun de ceux qui commettent ‘“ l’abomination ou le mensonge; mais ceux-là seulement qui ‘sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau. Il n’y aura plus ‘ d’anathème ; mais le trône de Dieu et de l’Agneau y sera, et ‘“ ses serviteurs le serviront. Il n’y aura plus de nuit, et ils ‘ n’auront pas besoin de lampe, ni de la lumière du soleil; ‘“ parce que c’est la Seigneur Dieu qui les éclairera, et ils règne- ‘ront dans le siècle des siècles.”

Ces paroles sont assez capables le nous exciter à travailler pour mériter cette aimable patrie. Mais ce que dit le Prophète presse encore duvantage (Ps. 83. 2.): “ O Dieu des armées, que “ vos tabernacles sont aimables! Mon âme soupire et languit ‘“ de désir d’entrer dans la maison du Seigneur. Mon cœur et ‘“ ma chair tressaillent de joie pour le Dieu vivant.—Comme le “ cerf soupire avec ardeur après les sources des eaux, ainsi “ mon âme soupire après vous, Ô mon Dieu. Mon âme a une “ soif ardente pour le Dieu fort, pour le Dieu vivant (Ps. 41.). “ Quand irai-je paraître devant la face de mon Dieu? Je me “ présenterai devant votre visage, et je serai rassasié lorsque je “ verrai votre gloire.”

Mais quoique tous les saints soient bienheureux dans le ciel, tous néanmoins ne le sont pas également. Notre-Seigneur nous enseigne l'inégalité qu’il y aurs entre eux, quand il dit (Joan. 14. 1.): “ Que votre cœur ne sestrouble point: vous croyez en “ Dieu, croyez aussi en 1noi. Il y a plusieurs demeures dans la ‘ maison de mon Père, et s’ilétait autrement, je vous l'aurais “ dit, car je m'en vais vous préparer le lieu; et après que je * m'en serai allé, je reviendraiet vous retirerai à moi, afin que ‘ vous soyez où je serai.” Selon ces paroles, tous les hienheureux seront avec Jésus-Christ, mais leur récompense sera grande ou petite, selon la mesure des bonnes œuvres qu'ils auront pratiquées et des services qu’ils auront rendus à Dieu en cette vie. Car, comme dit saint Paul (II. Cor. 9, 6.): “ Celui

* qui sème peu, moissonnera peu; et celui qui sème en abon “ dance, moissonnera aussi en abondance.”

La foi nous obl,ze de sroire en cet article : 1. Qu'il y a une vie bienheureuse pour ceux qui aiment Dieu et qui meurent en sa grâce. 2. Que cette vie sera éternelle et sans fin. 3. Que cette vie bienhenreuse sera exempte de tous maux et comblée de tous biens. 4, Que rien de créé n’est capable de rendre l’homme bienheureux. 5. Qu'il y a deux sortes de béatitudes, l’une essen- : tielle qui consiste dans la jouissance et la claire vision de Dieu ; l’autre accidentelle, qui consiste dans la compagnie des bienheureux et dans les agréments du paradis, qui donnent aux sens tous les plaisirs innocents dont ils sont capables,

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