‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques (volume 2)Chapitre 296 sur 334 · A M. DU Peyrou. Bourgoin, le 26 septembre · texte numérisé non relu

A M. DU Peyrou. Bourgoin, le 26 septembre

a Je reçois, en ce moment, votre lettre du ao, etc. Du Peyrou croyant que, pour la validité de son mariage, il avait dû reprendre son véritable- nom, lui fait des observations k ce sujet. Rousseau répond que ce ne sont pas les noms qui se nmrient , mais les personnes. 11 sait bien qu'il n*y a ni fortune ni bien dans ce mariage. Chacun des deux est à l'autre avec tout son être et son avoir : voilà tout, — Un mot encore sur Tanaire Thévenin. — Sur la botanique et sur la liberté , qui ne peut se maintenir quavec de grandes vertus.

&l^o. A M. DU Peyrou. Bourgoin ,le^o octobre 1763.

a Quelle aiffceuse nouvelle » etc.

. La m.ère de son ami du Peyrou s'était cassé la jambe^ Jean- Jacques tâche de consoler son fils qui, dans, sa douleur, disait que cet événement n'était pas dans Tordre de» choses attachées à la condition humaine. « Rien ti'esl pliis daas cet ordre , lui dit-il , que les accidents im* prévus qui troublent et abrègent la vie : c'est avec C€^te xlépendance que nous sommes nés. S'il y a des coups qu'on doit endurer avec patience, ce sont ceux qui nous viennent de l'inflexible nécessité, et auxquels aucune volonté humaine &'a concouru. Ceux qui nous «ont portés par les hommes sont à mon gré beaucoup plus insupportables. »

49^ HISTOUUE: D£ J.^J. RQUSaElVy

Thévenin est convaincu. M. de Tonnerre qui avait pr(h mis sa protection & Jean- Jacques^ dans cette affaire, lui écrit quiliui imposera silence. Rousseau s'étonne de cette manière de lui rendre justice. C'est , dit-il, comme si Ton ordonnait à un voleur de ne plus le voler, au lieu de lui faire rendre la bourse qu'il lui aurait prise. Il désirait que M. de Tonnerre fît parler cet homme , afin de savoir, ceux qui l'avaient mis en avant.

84 !• élM.**. Bourgoin , octobre 1768.

c JesèoA, MofeMCar, rinutilité, etc.

Une personne , dont on ignore le nom , avait communiqué à Rousseau^ ses doutes sur l'existence de Dieu. Jean-Jacques lui répond par cette longue lettre que la force des raisonnements , le style , la bonne foi d'un homme qui cherche sincèrement la vérité, rendent également remarquable. On jr reconnut la plume de l'auteur à* Emile,

a J'ai cru dans mon enfance par autorité, dit-i^^ dans » ma jeunesse , par sentiment^ dans mon âge mûr, par » raison^ maintenant je crois^ parce que j'ai toujours » cru ».

Cett« lettre fut écrite à> Bourgoin , dans un cabaret oà Jean- Jacquet était logé d'une manière fncommode, et à une des époques de la vie où il était tourmenté ad point d'en perdre par moment la* raison. C'était au sujet de l'affaire Thévenin* Toutes les fois que dans ses malheurs on interrogeait Rousseau sur de grandes quêtions, il sortait de sbn léthargique accablement, et ^reprenait toute son énei^ie. On l'a vû dans sa réponse au marquis de Mirabeau , qui le consultait 5ur son absurde système de despotisme légal. V. n** 87 1 . *

~ U. Vlftl'IE. GORRK^PONDAKGE. 49'

SiHé A M. Lauaud« Bourgoi'n^ le 5 octobre 1768.

a Votre. lollre» Moniieiir« du 99 60|Atf Abifc , eto. . Mé ZaUaud se donnait beaucoup de peines *pour dvotp des renseignements sur Théi^enin. Rousseau l'en remer* cie en lui annonçant le résultat de cette affaire* S'il s'en est tant tourmenté ^ c'était pour savoir quel niotif avait pu faire .agir un aventurier , condamné aux galères , qui conséquemment courait des risques en se montrant pour réclamer d'un homme qu'il n'avait jamais vu, une somme qu'il ne lui avait jamais prêtée : et cela dans une province voisine de celle ou l'imposteur était connu I Jean-Jacques prouve qu'il lui importait de démasquer cet homme : il l'a fait et cela lui suffit. Il en viendrait imlle autres qn'il ne daignerait pas leur répondre» On est obligé de convenir avec un. peu de bonne foi que l'impunité dans laquelle on a laissé ce ThéVenin ^ la ridicule bassesse de l'ac^tislitîon calomnieuse eç l'pbscurite de cette affaire qu'il était facile de mettre aU grand jour y démontrent une cause cachée ; mais puissante^ que dès considérations forçaient de couvrir d'un voile épais. Jean-Jacques annonce qu'il ne veut plus retourner à Triis. Il frémit seulement en songeant à ce qu'il y a souffert. U voudrait finir sa vie dans une des iles de l'At* chipel, livré entièrement à la botanique. Il prie son ami de consulter à ce sujet madame de Luxembourg.

8434 A M< HovltoVj Bôurgoin^ le ip octobre i<]68h

ce Vos lettres. Monsieur , me sont,, etc» Il ignore ce que c'est que le château deLavagnac qu.'il est chai'gé dé lui offï*!!*. 11 est disposé à s'y rendre. Q parait que tè château était situé dans le midi , hôn loin ç(e Montpellier^ puisqu'il désire eu y allant de s'drréter un peu dans cette ville. Il lui parle de Thérèse dansl^ termes les plus honorables et même les |>ltts exagérés |

en homme qui veut se justifier d'avoir fait ce qu'il avait promis de ne jamais faire, et qui reconnaît intëriearenient sa sottise. On verra que cette conjecture n'est pas sans fondement»

844« A M. Laliaud. Bourgoîn, le ^3 octobre i-jÔS. aPai, Monsieur, votre leUre du i3, etc.

Il avait déjà eu le projet de se retirer dans les C^vennes , comme il le lui propose ; mais le prince de Conti et madame de Luxembourg , qui désiraient qu'il restât à Trie , l'ont empêché de l'exécuter. Il y serait encore si l'homme de confiance du prince qui n'est pas maître chez lui y ne l'eût forcé d'en sortir. H donne beaucoup de détails sur sa situation à M. Laliaud , et le prie de se ^ concerter avec Son Altesse et madame de Luxembonrg.

Il avoue quil se trousse bien ridicule d* avoir pris tard. h cœur V affaire Thévenin : il ne l'a fait que parce qu'il était sûr que c'était un drôle aposté, et qu'il voulait qu* on dévoilât ses instigateur^'»

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