‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 153 sur 294 · Arch. mun. BB 70, p. 29 v“. Juillet · texte numérisé non relu

Arch. mun. BB 70, p. 29 v“. Juillet

« Pour le petit évent il faut un lot d’eau-de-vie de vin, un demy-lot de vinaigre, une demy-livre de corne de pain, une livre de poudre à canon, une livre d’alun de glace, une demy-livre de raisiné de genèvre au-dessous duquel on allumera le charbon et au-dessus les poudres. »

« Pour le grand airiment, il faut doubler toutes les drogues et mettre le tout en poudre et y adjouter une demy-livre de souffre.

» Il ne faudra pas ouvrir ny les tonneaux, ny les balots des marchandises subjectes au petit airiment, mais elles seront mises dans le lieu de l’évent qui après estre fermé une heure et demie, après quoy elles en seront retirées et transportées dans le premier jardin où on les laissera deux ou trois jours si le temps le permet. Sinon elles seront mises dans le hangard. Pour ce qui est des marchandises subjectes au grand évent, il faut qu’elles soient déballées sans ouvrir les pièches de marchandises, mais seulement les arranger pièce à pièce sur des planches qui seront posées autour du lieu de l’évent. Elles ne demeureront que deux jours. »

Ibidem, p. 23. 8 juillet 1666. Toutes les marchandises seront transportées à la Magdelaine. « Deffenses aux personnes préposées à la garde de la grange qui est au bout du faubourg Saint-Pierre, où sont les marcbandises de venir en la ville ny communiquer avec aucunes personnes sous peine de faire la quarantaine et de punition corporelle »

2. Ibidem, p. 11. 26 janvier 1666. « Seront renvoyés les beurres et fromages venans de Calais, dans la ville de Saint-Valéry pour y estre esventez pendant quarante jours dans le lieu à ce destiné. » — P. 12. « Les 23 ballots de Bouchon (laine d’Angleterre) appartenans au sieur

Ducrocq seront transportés au lieu de santé pour y estre couverts et

éventés durant le temps de trois semaines. »

Ibidem, p. 22. 4 juin 1666. « Injonction aux voituriers de Flandres de sortir incessamment des lieux où ils sont logés (au faubourg Saint-Pierre) et retourner chez eux en dedans le jour à peine de confiscation de leurs chariots et chevaux et de punition corporelle. »

LE lifcGNE DE LOUIS XIV.

coup (les caractères do la peste connue aujourd’hui sous le nom de peste bubonirpie ou do peste des Indes b L’alarme redouble lorsrpic le fléau fait son a[)parition dans les villages de Moreuil, de Jîelloy-Saint-Léonard, de Saint-Gratien, mais la vigilance du conseil do santé et l’activité de l’administration municipale parviennent à en conjurer les atteintes pendant près de deux ans. Un [)rernier cas se [)roduit, au mois de mai 1668, rue des l^oulies, suivi d’un second, rue des Rinchevaux, puis d’un troisième, rue des Coches ', et la peste, un instant stationnaire, se développe bientôt dans une effrayante proportion b

Dès (ju’une maison est «pestiférée», elle est marr}uée d’une croix blanche. La police de santé, rjui oblige tous les habitants à la quitter sur l’heure, fait procéder à « l’airiment » des appartements et ordonne d’évacuer les maisons du voisinage, de tuer les chiens du quartier et de placer des barrières à chacune des extrémités de la rue, avec un poste de la milice bourgeoise chargé d’en interdire l’accès b

1. Arch. mun. BB 70, p. 32. Juillet 1GG6. « Cette maladie est maligne et fort à suspecter de peste par les fâcheux symptômes qui l’ont accompagnée dans sa naissance, progrès et sa fin, puisqu’elle a commencé en toutes les deux par une petite pustulle à la partie supérieure du sternum, avec une douleur très grande, fièvre, soif, vomissement, défaillance et froideur des extrémités qui ont continué le lendemain, avec lividité et escarre commenceant au lieu où la pustulle a paru et comme il se voit ordinairement aux charbons ou antrax pestilentiels, jusques à la mort qui est survenue à une desdites femmes au trois et à l’autre au quatriesme jour. »

Page 1