‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 155 sur 294 · Arch. mun. Délit. BB 71, p. 4 v°. 10 mai · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délit. BB 71, p. 4 v°. 10 mai

2. Lettres, instructions et mémoires de Colbert. T. II, p. 443. 27 mai 1668. Colbert à M. de Harlay, procureur au Parlement de Paris.

LE i;i':ONE DE LOUIS XIV. o.‘j9

et octobre JbbS. La maladie atteint alors son maximum d’intensité.

Chaque jour, à trois heures de l’après-rnidi, le bourdon de la cathédrale jette dans les airs une note sinistre et appelle la {lopulation à la [irière L L’évéf{ue, qui redoute l’agglomération des fidèles dans les iiaroisses, les répartit à peu près également entre toutes les églises et chapelles. Chacun doit se rendre à celle qui est la plus rapprochée de sa demeure. Saint-Cermain, centre principal du foyer épidémique, est fermé. Les otïices du dimanche ont lieu sur le Marché au Feurre. On y a dressé un autel provisoire et des sergents veillent à ce que les assistants se tiennent à distance les uns des autres ‘L

Au milieu de la désertion générale, les échevins se font un point d’honneur de rester au poste en présence d’un péril sans cesse renouvelé. Leurs noms appartiennent à l’histoire : François Trudaine, seigneur d’Oissy, Jean Maquette, seigneur de Fréchencourt, François Mouret, Louis Pingré, Honoré Quignon, Michel De Court, Jean Delattre, Claude Le Don, M® Antoine Gueudon, Robert de Sachy, M® Adrien Du Crocq, Nicolas Ilémart. Les prêtres se conforment de leur mieux aux instructions de François Faure, les Capucins se distinguent entre tous. Le père Bonaventure Blasset, qui s’était enfermé « au lieu de santé pour se dévouer auprès des pestiférés, meurt victime de son courage et la ville lui fait de solennelles obsèques.

Dans sa détresse, l’échevinage réclame de Colbert le

1. Règlement pour Vassistance à la sainte messe et aux offices religieux penda7it la contagion. 19 septembre 1608.

2. Lettre pastorale concernant les obligations des curés et la conduite qu’ils doivent tenir pendant la maladie contagieuse. 1'^*' septembre 1608.

a. Arcli. mun. BB 71, p. 26 v°. 11 août 1668. La pierre tombale du père Bonaventure, découverte en 1827 parmi les ruines de l’ancienne chapelle de la Madeleine, figure actuellement au iMusée de Picardie.

secours de quelque médecin spécialiste ^ dont le traitement triomphera peut-être du mal que ne parviennent point à vaincre le zèle et la science de Charles le Coq, Adrien Ducrocq, François de Dourlens, François Boulanger - et autres docteurs amiénois. Colbert écrit à M. de Harlay ^ : « Je vous supplie de faire voir parmi les chirurgiens et apothicaires de Paris s’il ne s’en trouverait aucun capable de prendre ce soin et qui voulût aller sur les lieux. » Le docteur Le Cointe ^ arrive, mais il ne paraît pas que son intervention ait enrayé la marche de la maladie. Le Cointe se borne à surveiller « les airiments et à donner son avis sur la qualité des parfums employés pour les évents »

En 1632, l’échevinage avait promis d’offrir au sanctuaire de Notre-Dame-de-Liesse une statue en argent de la Vierge. Le premier échevin Jacques de Mons, en personne, était allé acquitter, quelques années après, la dette de la reconnaissance de ses concitoyens*^. Cette fois (E" novembre 1668) l’évêque, les représentants de la cité, les membres du clergé s’engagent, par un vœu solennel, à ériger dans la cathédrale, et avec le produit des offrandes des fidèles, une chapelle en l’honneur de saint Jean-Baptiste^ que l’on con-

1. Lettres, instructions et mémoires de Colbert. T. II, p. 443. 27 mai 1668.

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