‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 216 sur 294 · LK CONSEIL PERMANENT · texte numérisé non relu

LK CONSEIL PERMANENT

La ville d’Amiens avait fixé au dimanclie 4 juillet la fédération du département de la Somme. La cérémonie annoncée, la veille et le malin, par le carillon des cloches et des salves d’artillerie, attire un immense concours de monde à la llotoie. Au milieu du grand carré de gauche, devenu le champ de la fédévaliou. entre quatre obélisques couronnés de brûle-parfums, s’élève l’autel de la patrie, décoré de trophées, enguirlandé de fleurs et sur lcf{ucl est placé le livre de la constitution, appuyé contre un globe azuré aux armes de France, portant ces mots : la Salion, la Loi, le Roi, avec le sceptre, la couronne et la main de justice. Les bataillons fédérés et les troupes de la garnison sont disposés sur deux lignes parallèles. Un détachement d’Arras se tient près de l’autel. Les soldats présentent les armes, les clairons sonnent à l’arrivée 'des officiers municipaux revêtus de l’écharpe tricolore, des notables et du clergé. Le maire souhaite la bienvenue aux fédérés :

« Vous tous, frères d’armes de divers départements, piiie nos co*iu-s et le patriotisme ont attires dans nos murs ; vous, citoy(ms soldats de cette cité ; vous, braves militaires, dont la valeur sans tacb.e a toujours été, dans les champs de Mars, la gloire et le soutien de l’empire des Lys ; vous, citoyens fi’ançais ici présents, joignez vos vœux aux nôtres; l’éunissons nos ardentes prières et adi-essons-les, de la bouche et du cœur, au Dieu des armées pour la prospérité de la France ! »

Le vénérable abbé de Lcstocq, doyen du chapitre, procède à la bénédiction du drapeau de l’Union, puis entonne le Domine salvum fae Regem ; après quoi, la main sur les Evangiles, il prononce la formule du serment de fidélité que les ecclésiastiques présents répètent aux applaudissements du peuple et de l’armée.

Le commandant en chef de la garde nationale gravit à son tour les degrés de l’autel, brandit l’épée et, s’adressant aux troupes :

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

« Nous, citoyens soldats et soldats citoyens, jurons sur l’autel de la Patrie, eu présence du Dieu des armées et sur nos armes, d’être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, de maintenir de tout notre pouvoir la constitution acceptée par le Roi, ainsi que tous les décrets de l’Assemblée nationale sanctionnés par Sa Majesté. Nous jurons aussi de rester toujours unis et de nous prêter réciproquement les secours qu’exige la Fraternité, ainsi qu’à tous nos frères de l’empire français, dès que nous en serons requis légalement. »

(( Je le jure! » s’écrie chacun des officiers fédérés. « Nous le jurons ! » répètent tous les gardes nationaux et soldats.

C’est alors un bruit confus de cliquetis d’armes qui s’entrechoquent, d’acclamations de « vive le Roi, vive la Nation », se mêlant aux fanfares des musiques militaires, au son des cloches, au bruit du canon. Les chapeaux s’agitent, on s’embrasse. Si nous en croyons la note officielle, c’est du délire ! Après le chant du Te Deuin par la maîtrise de la cathédrale, le défilé des autorités et des fédérés, retournant à l’hôtel de ville, s’effectue à travers les rangs pressés d’une foule, enthousiaste, et la journée se termine par une illumination générale L

Le 14 juillet, pendant que cinquante-et-un délégués des milices de la ville et du district d’Amiens assistent, sous les ordres du vicomte de Saisseval, à la fédération des gardes nationales du Royaume à Paris, on célèbre ici une solennité analogue, avec discours patriotiques - et prestation du serment par les officiers et soldats de la garnison. Partis le 9 juillet, les cinquante-et-un reviennent le 23, rapportant

1. Arch. miin. Délib. BB iOl, pp. 78 à 104. i5 juin, 4 juillet 1790. — Ibidem H^, 1790. Procès-verbal de la fédération des gardes nationales du département de la Somme. Chacun des fédérés reçut un certificat de présence à la fête, aux armes de la ville.

2. Ibidem. Délib. BB 101, p. 103. Fédération et serment des troupes d’Amiens, le 14 juillet. — Discours de M. le président de l’Assemblée électorale d’Amiens. Imprimé. — Discours des écoliers du collège d’Amiens. Manuscrit.

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