‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 226 sur 294 · Arch. mun. Délib. BB 103, p. 36 v°. 27 juillet · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délib. BB 103, p. 36 v°. 27 juillet

2. Ibidem. Délib. BB 104, p. 37. — Ibidem 1792, I-. « État des Français domiciliés et habitans en la municipalité d’Amiens notoirement présumés être sortis du Royaume, dressé en la séance du conseil général de la commune du lundi 26 mars 1792, en exécution de l’arrêté du directoire du département du 20, publié et affiché le 24 du présent mois : MM. de Machault. Amelanne (vicaire général). Boyer, ci-devant garde du corps. Delaboulandière, ci-devant major. Daubigny, fils, ci-devant garde du corps. Daubigny, père. Artus, ci-devant garde du corps. Desvelinges. Démons, fils. Deville, le cadet. Debray Deflesselle. Devillantroy, ci-devant garde du corps. Debrache. Morgan, fils, du Port. Debaye, fils, de Galonné, ancien officier au régiment de la Sarre. Collignon, chirurgien des ci-devant gardes du corps. Alarcelet-Durieux. De Hertes de Ferrières. Ducroquet de Guyencourt, fils. De Aloranvillers, fils. De Chocqueuse, fils. Dumollin, fils cadet. Dantecourt, ci-devant garde du corps. Lavette. Paillart-Daubigny. Duplouy, fils. Duquesuoy, fils. d’Irtval, ci-devant abbesse du Paraclet. Leconte, fils. Bellier, fils. Le Dieu, fils. Joyron, fils. Tavernier, fils. Degomer, fils. Hibeaucourt, fils. Depissy, frères. » L'orthographe fautive des noms a été respectée.

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

couleurs nationales (20 mai) \ Ce jour-là, les cris de « vive le Roi, vive la Nation, vive la liberté )) retentissent dans Amiens, mais la liberté ne tarde point à être gravement compromise par les excès de la population parisienne.

Louis XVI avait congédié le ministre Roland en qui la royauté rencontrait un ennemi dangereux et, second grief, il se refusait à sanctionner des décrets contre les prêtres insermentés. La Gironde se venge et laisse organiser la journée du 20 juin dans laquelle l’émeute marche à l’assaut du palais des Tuileries. L’audace de l’attentat révolte toutes les âmes honnêtes; municipalités, assemblées de département, rivalisent dans l’explosion de leur indignation.

Après avoir fait placarder dans toutes les communes un vigoureux arrêté « contre des attentats qui plongeraient la Nation dans la plus horrible anarchie en anéantissant les pouvoirs constitués, » le directoire délègue sur le champ MM. Berville et Decaïeu pour offrir à Louis XVI le secours des gardes nationales du département, pour veiller sur sa personne et lui remettre une adresse. Cette adresse, Mortimer- Ternaux l’a citée comme le témoignage précieux de la réaction qui se manifesta dans la grande majorité des départements à la nouvelle des événements du 20 juin Ce sont, dit-il, les plus belles lettres de noblesse que puissent invoquer les descendants de ceux qui eurent l’honneur d’y apposer leur signature : MM. Desjobert, Hecquet, Duhamel, Tondu, Trancart, Decaïeu, Tattegrain, procureur général syndic, et Berville, secrétaire général. En voici le texte :

1 . Arch. mu7i. 1792, IL Fêtes civiques. Discours prononcé par M. Poul-

lain, procureur de la commune d'Amiens, le dimanche 20 7iiai i792

à Vmstant de la plantation de U arbre de la liberté en présence de tous les corps administratifs, judiciaires, ^nüitaires, de toute la garde nationale et du peuple. De l’imprimerie Fr. Caron-Berquier.

2. Mortimer-Ternaux. Histoire de la Terreur. 1792-1794. T. I, p. 279. Extrait du registre des arrêtés du directoire du département de la Somme.

ACTION DKS SOCIÉTÉS POPÜLAIKKS.

« Siro, uno foiikï pai* (|ik‘I(|ih!S facliciix a pris Ifs aiaiifs.

malgré la loi. VAUi a osé, malgré la loi, so porlor vers Volro Majesté, en tumulte, (ît s’iuli-oduiia! dans nue, (uieelutfi qui devait éli-e iii\iolal)lo ; des magistrats, làcdies ou |)erlid(‘s, lui eu ont fait oii\rir r(mtré(‘. Ell(î vous a |)aidé au nom du jjeuple eonli-e IV-xerciee légitime (|ue ^ous avez fait du di’oit de saiietiouuer ou de suspeudia* les décrets et coulr(‘ le lauivoi également coustitutioiimd des miiiistros qu’une faction dangereuse, vous avait donnés. Non, Sire, c(; n'(*st point le peui)le d(‘ Paiâs. (^’est encoi*e moins le [)euj)le français! Non ! ce ne sont point les vœux du ])oui)Ie, (pu vous ont été expiamés par la très j)etite portion de ce peui)le ininumse l'épandii dans tontes les contrées de l’empire. Le ])cuple français vous est lidéle! 11 a juré de maintenir la Constitution ! 11 vous a reconnu, il vous reconnait pour son re])résentant héréditaire. Il m*. prétend ])as (jne son Loi

puisse être avili on insulté j)ar les habitants des faubourgs d(‘ Paris

An milieu des armes qui vous pressaient, votre cœur. Sire, n’a jioint palpité; les nôtres se sont brisés au récit de cet attentat. Nous vous félicitons. Sire, nous félicitons la nation entière du courage de son représentant; la Constitution serait détruite, si vous cessiez d’être libre!.... »

La despotique Commune de Paris s’affirme quelque temps après dans la nuit du 9 au 10 août, prête à dominer l’Assemblée et à gouverner la révolution par le double prestige du fanatisme et de l’audace. Le lendemain, dans la matinée, des dépêches dont l’authenticité semble douteuse parviennent au directoire L Ces dépêches, qui ne portent pas la signature du président de l’iVssemblée, mentionnent des événements d’une gravité inouïe : la suspension du pouvoir royal exécutif, la nomination d’une Convention, l’arrestation du Roi et de sa famille qui seraient gardés à vue dans l’enceinte du palais législatif. Les administrateurs croient à une supercherie, hésitent et finalement décident de surseoir à la publication de ces invraisemblables nouvelles. Raffiasse de la Maisonrouge et Decaïeu se rendent

1. Arch. de la Somme. Reg. au.v Délit, du directoire du 17 juillet au 26 septembre 1792, p. 28.

à Paris avec mission d’en contrôler l’authenticité. Le département invite le conseil général de la commune à déléguer quatre de ses membres pour former, avec autant de représentants des districts, un comité général de sûreté capable d’assurer la tranquillité publique. La municipalité prescrit les mesures d’ordre nécessaires \

Après trois jours d’une mortelle anxiété et au retour de ses députés qui confirment les nouvelles, le département se résigne à les publier, avec un ordre du jour donnant les motifs du retard et faisant justice des rumeurs absurdes auxquelles ce retard avait servi de prétexte. Déjà mal noté à la suite de l’adresse du 22 juin, il n’attendit pas longtemps le châtiment de sa franchise.

Desjobert, Tattegrain, Berville et leurs amis, destitués sur la dénonciation de Saladin, furent traduits devant le tribunal criminel qui s’empressa d’ailleurs de les renvoyer absous

La section de Saint-Leu, composée presque exclusivement d’ouvriers sans travail excités par la misère, plus avancés que les Amis de la constitution, prend alors la direction du mouvement révolutionnaire. Grainville avait ouvert les portes de son église à ces exaltés qui s’intitulent les sansculottes, puis la société du bonnet rouge \

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