Ibidem. Délib. BB 104, pp. 108 v®, 100. 18 juillet
4. Ibidem. Délib. BB 104, p. 110. 23 juillet 1702. — Arch. mun. 1702, \ -.
Événements politiques. Lettre écrite aux braves citoyens, frères et amis, par le conseil général de la Somme, du 2,ï juillet !792. « Le deuxième bataillon de la Somme soutint contre des forces dix fois supérieures un combat inégal, funeste à l'ennemi, couronné })ar une retraite glorieuse et par la reprise du i)Oste confié à sa vigilance »
3. Ibidem. Délib. BB 104, p. 131 v®. G août 1702. a II sera écrit au département pour lui demander communication de l'état des fortifications de la ville. »
466 HISTOIRE DE LA VILLE d’amIeNS.
au son de la cloche du beffroi. La brigade de cavalerie nationale ouvre et ferme la marche. En tête, la musique joue des airs guerriers. Deux sergents de ville, porteurs de tableaux sur lesquels on lit ces mots : la patrie est en danger, précèdent les officiers municipaux revêtus de l’écharpe et les notables qui se rendent, escortés de la milice, au Grand Marché, où toutes les troupes de la garnison sont rangées en armes. Au milieu de la place s’élève l’estrade avec pavillon militaire en toiles aux trois couleurs nationales, qui abrite le bureau d’inscription « des citoyens résolus à servir dans les armées de la liberté française. » Un roulement de tambours salue l’arrivée de chacun des volontaires ^ .
Les officiers municipaux se tinrent en permanence au bureau pendant plus de six semaines. Le nombre des volontaires, qui était de trois cent quarante-quatre à la fin du mois de septembre, atteignit le chiffre de huit cent trente, le 13 prairial an II (U’’ octobre 1794).
Après les désastres qui avaient signalé le début des opérations militaires sur la frontière, la forteresse de Longwy tombe au pouvoir de l’ennemi qui entreprend le siège de Verdun. Une anxiété douloureuse règne dans Amiens quand arrivent Merlin et Debry, commissaires de l’Assemblée nationale, et Legendre, commissaire du pouvoir exécutif (!"'■ septembre). Chacun d’eux prend à son tour la parole devant le peuple assemblé à la cathédrale. Ils exhortent « les citoyens à voler à la défense de la patrie, les riches à secourir les femmes et les enfants des volontaires, le peuple à respecter les autorités et les propriétés '. »
1. Arch. înun. 1792, H^. Registre des enrôlements. Voici le premier inscrit : « Je, Philippe Joseph Bizet, natif d'Amiens, âgé de 25 ans, me soumets à servir comme volontaire dans les armées de la liberté française. Bizet. »
2. Ibidem. Délib. BB 104, p. 173. — 1792, P. Commissaires en mission. Proclamation des commissaires de l’Assemblée nationale et du pouvoir exécutif provisoire.
PRÉPARATIFS RK GUf:RRE.
Le registre des enrôlements se couvre de signatures. Une généreuse émulation se produit dans toutes les classes de la société. L’état des offrandes, faites à la cathédrale en présence des commissaires du gouvernement et des autorités constituées, par plus de mille individus, dénote, soit une touchante simplicité de mœurs, soit une grande exagération de la peur. Les uns donnent de l’argent, les autres des objets d’équipement. M. Marié deïoulle promet la haute paie de douze hommes. lœs souscriptions au profit des volontaires atteignent le chiffre de 24,237 livres, celles au profit de leurs familles, le chiffre de 53,937 livres. Nombre de citoyens se dépouillent de leurs bijoux, montres, tabatières, bagues, broches, couverts d’argent, boucles d’argent, hochets, colliers de perles, pommes de cannes, etc., etc. L Le tout est vendu aux enchères et produit 3,9G3 livres. L’adjudant Mercier présente son fils, Amand, âgé de sept ans et demi, « qui a donné pour les défenseurs de la patrie ses petites épargnes de 5 livres. »
Les commissaires aux armements font fabriquer des piques et des cartouches, réquisitionnent les armes disponibles, se procurent de la poudre et des canons. Le plomb arraché à la toiture des églises est converti en balles de différents calibres. Tous les corps de métiers sont en état de réquisition permanente. On opère le recensement des chevaux et des voitures, afin de les utiliser au transport des bagages des volontaires et des munitions 11 est question
1. Arch. mun. 1792, H”^. Oiïrandes reçues à la cathédrale pour la défense de la patrie : M. Ilurtault donne son sabre et son fusil ; M. Delattre offre son habit uniforme et sa veste; M. Lejeune, vicaire épiscopal, donne deux chemises et deux paires de souliers; M. Tondu père a fait présent d’une montre en or; M. Barbier, fabricant, a fait don d’une tabatière d’argent; Pité, cordonnière, a donné, du consentement de son mari, une alliance en or; Lemor, une paire de bracelets d’argent et une croix, etc., etc.
2. Ibidem. Délib. BB 104, pp. 174 v° et suiv. « Les commissaires
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
(le créer un corps d’éclaireurs et un escadron de hussards amiénois. Le conseil général de la commune est fiévreux.
Les Autrichiens cernaient alors la ville de Lille. A la sommation du duc de Saxe, le maire, J. -B. André, un enfant d’Amiens, avait opposé cette fière réponse : « Nous venons de renouveler notre serment d’être fidèles à la Nation, de maintenir la liberté, l’égalité ou de mourir à notre poste. Nous ne sommes pas des parjures. » Le commandant d’un
feront la visite des armes, munitions, cannes à épée, sabres, épées; ils en dresseront un état. Ils constateront le nombre des chevaux, charrettes et chariots qui se trouveront chez les citoyens.
» L’adjudication de trois mille piques sera annoncée au rabais
» Il sera écrit au directeur de la régie des poudres, pour le requérir de mettre à la disposition de la municipalité quarante milliers de poudre pour les convertir en cartouches.
)) Le sieur Dumas, fondeur, sera chargé de fondre du canon avec les matières propres qui se trouveront en cette ville
» Que la garde nationale soit autorisée à se porter par députés dans les cantons de la campagne pour y exciter le zèle de leurs habitants
» Enjoint à tous les serruriers de fabriquer des piques en exécution de la loi du 3 août dernier
» Les serruriers, charrons et tourneurs seront appelés pour recevoir
leur déclaration sur le nombre de piques et de hampes qu'ils doivent avoir fabriquées
)) Il sera écrit à MM. les directeurs du district pour les prier de délivrer les plombs provenant des églises et couvents pour en faire des balles de calibre.
» Le conseil exécutif est autorisé à employer, au transport des bagages et munitions des citoyens enrôlés, tous les chevaux de luxe
» Un courrier est expédié à l’Assemblée nationale pour demander que la municipalité soit autorisée à demander huit canons à la municipalité
de Boulogne lesquels seront attachés aux compagnies de citoyens qui
viennent de s’enrôler pour la delTense de la patrie. » Demande à messieurs du directoire du département d’autoriser la municipalité à faire essayer les canons qui sont déposés dans la cour de la maison commune; de donner des ordres pour que les canons qui sont à Heilly, Bovelles et Pictpjigny soient amenés à Amiens.
l>ni':PAKATlFS DE GUEUUE.
bataillon de la Soniriic, fort de 080 hommes, aiTivé dans la place le 20 septembre, écrivait : (( Nous la défendrons jusqu'il la dernière goutte de notre sang! »
J.a Commune de Paris dominait l’Assemblée et la Nation par l’ascendant de la crainte et de l’audace. Le danger de la patrie lui sert de prétexte j)our frapper de mort les ennemis de la révolution. Au lendemain des massacres de septembre qui répandent l’épouvante dans la France entière, elle sollicite toutes les municipalités d’ordonner de semblables représailles :
« Frères et anns, prévenus que des hordes barbares s’avançaient contre elle, la Commune de Paris se hâte d’informer ses frères de tous les départements qu’une partie des conspirateurs féroces détenus dans les prisons a été
mise à mort par le peuple Sans doute la Nation après
la longue suite de trahisons qui l’a conduite sur le bord de l’abîme, s’empressera d’adopter ce moyen si utile et si nécessaire »
A cet appel sanguinaire, Melun, Chàlons, Reims, Caen, Bordeaux, Lyon, Versailles, Orléans, répondent par des massacres. Amiens s’indigne. La première entre toutes les villes de France C Amiens dénonce à l’Assemblée nationale la circulaire signée « des citoyens les plus coupables et les plus dangereux ennemis de la Nation, de la liberté et de l’égalité, en ce que le rnasijue du patriotisme et de l’intérêt public dont ils se couvrent peut séduire et entraîner leurs frères dans des mesures désorganisatrices, anéantir les autorités et ramener le despotisme par les excès de l'anarchie
On se borne à détruire les emblèmes de la royauté et de la féodalité qui ornent la façade des monuments publics ou des maisons particidières ; moyen inotlcnsif d'assouvir