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LE MARECHAL DE BIRON

LE SI^:GE par HENRI IV.

royaliste. En quelques instants, les Espagnols se virent environnés de toutes [larts. Eernando de Deza, sortant à l’iniproviste de la [lorte Montrescu avec un détachement de cavalerie, dégagea ses conqiagnons d’armes; son audacieuse diversion facilita leur entrée mais il périt dans la niélée'. Si une prudence exagérée n’avait pas arreté dans leur élan les troupes du maréchal lancées à la poursuite de l’ennemi, elles pénétraient à sa suite dans la place et s’en emparaient '. Parmi les cavaliers de Guzman se trouvaient deux ingénieurs fameux : l’italien Frédéric Pacciotto et l’espagnol Leckinga. Ils rendirent de grands services à leurs compatriotes.

Errard, s’inspirant des méthodes italiennes pour l’attaque et Pacciotto pour la défense, le siège d’Amiens peut être considéré comme le siège type de l’école néo-italienne usitée en France jusqu’à la période de Vauban.

L’ensemble des garnisons d’Amiens et de Doullens dépassait de beaucoup l’effectif de l’armée royale. L’ennemi pouvait combiner une action commune, fondre sur les lignes d’investissement et les écraser. Afin de parer à ce péril de tous les instants, le maréchal essaya de s’affranchir du dangereux voisinage de Doullens. Un soir donc, après quelques légères escarmouches destinées à donner aux Espagnols le change sur ses intentions, il quitte le camp avec une petite troupe d’élite et la mène, dans le plus grand silence, à l’escalade de cette ville. On arrive à deux heures du matin au pied des murailles. Flessan et Feuquerolles avaient été chargés de se procurer des échelles. Les braves soldats de Biron se mettent en devoir de les dresser, avant que les sentinelles de garde aient donné l’alarme. Par malheur,

1. Archives de VÈtat de Soleure. Zeitiing von Brussel. 20 mars 1507.

2. Ibidem. Briefvon Paris, sans date. « Si les troupes du maréchal de

Byron avaient marché à la suite, elles seraient entrées avec rennemi et auraient conquis la place, car le gros de ses troupes n'en était pas loin «

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

elles se trouvent être beaucoup trop courtes, et l’on doit battre précipitamment en retraite, ce qui cause un profond dépit au maréchal.

Dans le double but d’assurer les communications avec la rive gauche de la Somme et d’empêcher l’ennemi d’introduire des renforts dans la place, du côté où elle n’était pas investie, des ponts de bateaux avaient été établis, en face de Camon, en amont, en face de Longpré, en aval. L’avant-garde occupait la maladrerie de la Madeleine. Le marquis de Monténégro ayant à deux reprises (30 et 31 mars) dirigé d’irrésistibles charges de cavalerie contre ce poste, les assiégeants l’abandonnèrent immédiatement.

Le blocus devient plus étroit à mesure qu’arrivent les renforts. Chaque jour amène de l’artillerie ^ et des troupes fraîches : les vieux corps, ainsi désignés parce que leur création date du temps de François les régiments institués par les ordonnances du 6 mars et du 16 août, les contingents anglais, les compagnies suisses commandées par Gallaty et Grissach -, enfin la foule des gentilshommes enrôlés, selon

1. Arch. de VÉtat de Soleure. Zeitung aus Antorff. 26 avril 1597. (( La ville d’Amiens est rudement assiégée. On ne peut ni en sortir ni y entrer et le Français se renforce journellement. Il a été amené au camp, dit-on, seize gros canons et l’on y attend encore plus d’artillerie, en outre beaucoup d’Anglais et d’Écossais. )>

Depuis la réorganisation de l’artillerie, par le grand maître Jean d’Estrée, elle ne mettait en ligne que six modèles de bouches à feu appelées les six

calibres de

France :

Poids de la pièce.

Poids du boulet.

Matériel

( le canon

2,600 livres

32 livres

de

1 la grande couleuvrine.

siège ;

( la bâtarde ....

, Matériel

( la bâtarde moyenne .

de

j le faucon

campagne

: ( le fauconneau . . .

L’approvisionnement était prévu à raison de 200 coups pour le canon et la couleuvrine et de 250 pour les autres pièces.

2. Balthazar de Grissach, de Soleure, généralement désigné dans les

LK SIÈGE PAR HENRI IV

leur qualité, dans les escadrons des gendarmes ou des chevau-légers placés sous le commandement en chef de François de la Grange-Montigny. L’efïectifde l’armée royale atteignit finalement le chiffre de vingt-cinq à trente mille hommes K

documents français sous le nom du colonel Balthazar, avait négocié en 1587-88, pour le compte du roi de France, la levée de deux régiments dans les cantons catholiques de la Suisse. 11 obtint alors le commandement de la compagnie des enfants perdus dans un de ces deux corps, placés sous les ordres du colonel Gallaty, et qui furent licenciés en 1589. Des débris de ces régiments, Grissach forma de nouveaux contingents qui opéraient autour d’Amtens en 1597. Il mourut en 1002.

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