Arch. mun. Délib. BB 4, p. 19 v° et passim
diminution du peuple non congnoissant en fait de guerre ». Pour obtenir de lui et de La Hire la permission de moissonner et de vendanger en paix, les Amiénois se résignent à payer annuellement la somme exorbitante de mille saluts d’or — environ cent mille francs L
La détresse est poignante. Les bourgeois vendent leurs meubles, leurs outils, leurs vêtements pour se procurer du pain1 2. Les chanoines n’ont plus de quoi vivre et interrompent faute de ressources, le service divin 3. Le mayeur et les échevins sont réduits à décliner la responsabilité de la garde des faubourgs et avertissent le bailli qu’il ait à y pourvoir, car eux non plus d’argent 4.
C’est alors que Rambures 5 tente de s’emparer de la ville par surprise, avec la connivence de quelques bourgeois adversaires résolus de la domination étrangère. Sa petite
1. Arcli. mun. Délib. BB 4, pp. 20 v° et suiv. — Comptes 1432-33, p. 8.
« Recepte à cause de nouvel avde pour cest an mis sus par les gens
du roy (d’Angleterre) nostre sire c’est assavoir sur chaque journel de
vigne à trois lieues près d’Amiens, appartenans ausdis habitans d’icelle ville ii salus d’or et sur chacun tonnel de vin vendus en gros ou admené à Amiens non creu esdites vignes, x s. p. pour aidier à payer Jehan de' Blanchefort,escuier,cappitaine du chastel et forteresse de Bretieul adversaire du roy (d’Angleterre) et de mons. le duc de Bourgogne, la somme
de mil salus d’or et ce se fist adfin que on peust admener seurement
à Amiens les vins et aultres biens appartenans auxdits habitans, labourer
lesdites vignes et terres sans estre traveilliés ne molestés par ledit
Blanchefort ne ceux de son parti »