Monstrelet. Édit préc. T V, p
4. Jean de Bourgogne, comte d’Etampes, neveu de Philippe le Bon.
anglaise, paraît encore bien lourde, parce que « le pays est pauvre et usé » et qu’à grand’peine « pouvait-on avoir du pain pour vivre »; leslabouriers (manouvriers) ne trouvaient qui les mît en œuvre » h Un détail donne la mesure de l’état des finances municipales, après quinze ans de domination anglo-bourguignonne. Pour offrir les présents d’usage au duc et à la duchesse, qui doivent venir dans les premiers jours de novembre, on ne voit d’autre moyen de se procurer de l’argent que de solliciter du fermier de la Madeleine, le payement de sa redevance en nature. Les grains seront vendus et le prix employé à l’acquisition de l’image de saint Jean que l’on doit donner à la très redoutée dame madame de Bourgogne1 2. Heureusement le voyage n’a pas lieu.
Les Anglais, furieux de la défection de Philippe le Bon, maîtres du Crotoy, de Folleville, de Gournay, rôdent souvent aux alentours d’Amiens. Qu’il leur prenne fantaisie d’occuper, ainsi qu’ils l’annoncent, les faubourgs « si grands et de grand’garde » 3, comment le « petit peuple » leur résisterait-il ? Tout le pays » pourrait être détruit ». Hue de Lesme va supplier le duc d’envoyer un secours de soixante arbalétriers4. Gela suffirait à rassurer la population.
1. Arch. mun. Délib. BB 4, p. 168 v°. 4 juin 1437. * La ville et tout le païs estoit povre et usé par le fait et occasion de la guerre, n’y avoit ou couroit marcandise, ne savoit à quoy gaignier, ne les labouriers ne
trouvoient qui les mesist en œuvre » p. 170 v°. 18 juin 1437. « Tout
le peuple estoit tellement apovri que à grand peine pooient-ils avoir du
pain pour vivre » BB 5, p. 28. 24 juillet 1437. « Concidéré la povreté
des habitans dont grant partie avoit à paine du pain à mengier ; estoit le grain chier, ne savoit on où trouver à gaignier »