OCCUPATION BO U KG U I G NO N N K
Sainte Colette assista à la bénédiction des lieux réguliers par l’évêque Jean Avantage 1 et institua pour première abbesse du couvent Jeanne de Bourbon, princesse du sang2, à laquelle succédèrent Marie, sa sœur, et leur nièce, Catherine d’Àrmagnac, fille du comte de La Marche.
L’échevinage qui agréait la fondation, imposa aux religieuses l’obligation de prier à perpétuité pour le Roi et pour la reine, pour le duc et la duchesse de Bourgogne, pour le bien du royaume, pour la tranquillité de la ville et de ses habitants.
En vertu du traité d’x\rras, les villes de la Somme engagées au duc de Bourgogne pouvaient être rachetées moyennant 400,000 écus d’or. Le Dauphin, succédant à Charles YII sous le nom de Louis XI, pensait avec raison, que ce serait faire œuvre utile à sa puissance et à la sécurité du royaume, de restituer à la couronne de France les places frontières dont l’occupation par son rival constituait une menace permanente. Le vieux duc, toujours à court d’argent, n’était pas éloigné de conclure l’échange en dépit de l’opposition du comte de Charolais, qui se persuadait que le prix en serait promptement dissipé par les favoris de son père, sans le moindre profit pour lui. Louis XI intéresse très habilement à sa cause, deux de ces favoris, Antoine et Jean de Croy; il ne leur fut pas difficile de faire
1. Jean Avantage, né à Étaples, nommé à l’évêché d’Amiens par la faveur du duc de Bourgogne en 1437, mort le 26 novembre 1456.
2. Cette cérémonie eut lieu le 29 janvier 1444. Sainte Colette avait installé dans le nouveau monastère quelques religieuses du couvent d’Hesdin. Le corps de ville leur imposa la condition de prier pour le Roi, la Reine et leur postérité, le duc et la duchesse de Bourgogne, ainsi que pour la ville et les habitants d’Amiens. L’installation définitive n’eut lieu que le 26 janvier de l’année suivante. Sainte Colette amena vingt-quatre religieuses de Besançon. Les Clarisses ont conservé les admirables livres d’heures des trois princesses de Bourbon et divers objets leur ayant appartenu.
entendre à Philippe le Bon que le roi de France, en sollicitant le rachat stipulé dans le traité, ne demandait rien que de très équitable. Le refus entraînerait une rupture qui troublerait la fin de ses jours et exposerait ses sujets à toutes les tristes conséquences d’une guerre injuste. Le duc aimait également sa tranquillité et ses sujets. Contai et Humbercourt multiplient les objections: il ne les écoute pas plus qu’il n’obéit aux remontrances du comte de Charolais et donne sa parole aux ambassadeurs du roi de France.
Les Amiénois suivaient anxieux la marche des négociations, lorsque Philippe de Morvilliers, Colart Le Rendu et Jean Harlé, délégués par eux auprès du Roi pour en connaître le résultat, viennent annoncer, le 30 août 1463 \ qu’elles ont heureusement abouti. Effectivement, Louis XI faisait parvenir à Philippe le Bon un premier envoi de deux cent mille écus, le 12 septembre, pareille somme, le 8 octobre, et l’importante barrière delà Somme rentrait en son pouvoir.
Avant même que les conditions de la paix soient définitivement réglées et dans la joie de redevenir français, on s’occupe de préparer à Louis XI une réception enthousiaste 1 2.