Dom Plancher. Histoire de Bourgogne, T. III, p
Amiens en l’obéissance « de son souverain et naturel seigneur » ou de ruiner la ville, terrifient les deux magistrats. L’envoyé du Roi exige une réponse dans les vingt-quatre heures L
Conçoit-on l’affolement des partisans du duc ainsi abandonnés à eux-mêmes, le dépit de Ferri de Beauvoir, que son passé rattache si intimement à la cause bourguignonne, et la satisfaction de ceux qui, plus ou moins ouvertement, travaillent à secouer le joug étranger? Toute résistance est devenue impossible. L’orientation de l’opinion se dessine immédiatement.
Après une première assemblée, les négociateurs retournent au camp français et sollicitent de Dammartin l’envoi de huit parlementaires avec lesquels on discuterait les bases de la capitulation.
Les sires de Torcy, de Bressuires 1 2, de Thenelles 3 et cinq autres gentilshommes, introduits le lendemain dans la réunion plénière des bourgeois convoqués à la Malemaison, font donner lecture de lettres investissant Dammartin des pouvoirs les plus étendus pour traiter avec les Amiénois. A la question posée par Torcy : « Voulez-vous être Français? » Tous, et ils sont plus de mille, répondent : <c oui, comme d’une seule voix. » Mais, pour prix d’une défection qui allait entraîner celle des autres villes, Amiens entend se faire garantir un ensemble de privilèges dont
1. Arch. mun. Délib. BB H, p. 4. « Et se ce ne se foisoit et que les
habitans de la ville en fussent refusans, ledit mons. le grant maistre y procèderoit sy rigoreusement de par le Roy, que la ville en seroit destruite et en seroit tousjours mémoire perpétuele dont mondit seigneur le grant maistre seroit courouchié et desplaisant pour l’amour du bon peuple de ladite ville »