SIÈGE D’AMIENS PAR CHARLES LE TÉMÉRAIRE
porter aux points les plus menacés se compose de 200 hommes d’armes et de 600 archers.
L’ensemble des forces réunies dans Amiens constitue « la plus grande puissance des gens de guerre de tout le royaume. C’étaient les plus experts et vaillants soldats du parti du Roi ».
Pour se mieux rendre compte des mouvements de l’armée ennemie autour du camp de Saint-Acheul, un homme fait le guet dans le clocher de l’église Saint-Martin-aux- Jumeaux L
Dammartin ouvre les hostilités, le 12 mars, par une vigoureuse attaque des avant-postes bourguignons. La semaine suivante, le jour d’une première et très suspecte conférence, sur les bords de la Somme, entre le connétable de Saint-Poi et son fils, le comte de Marie, qui se trouvait au service du duc, les Français étant allés «jouer dehors Amiens en intention de revenir le soir»1 2, sont surpris par un détachement ennemi, sous la conduite des sires de Quiévrain, de Ligne etd’Esquerdes (l’ex-bailli destitué par Dammartin), et obligés de lâcher pied. On vole à leur secours ; l’armée bourguignonne survient tout entière ; les assiégés se replient en désordre vers la porte de Beauvais qui serait tombée au pouvoir de l’ennemi sans l’énergique attitude de Narbonne et de Dammartin. Sempy, fils du comte de Chimay, est blessé au visage. Les Bourguignons ramènent deux cents prisonniers au camp de Saint-Acheul.
Le surlendemain, nouvelle conférence 3 du connétable et de
1. Reg. aux Delib. XI, p. 11. Échev. du 7 mai 1471. — De Wavrik, T. III, p. 80.