‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 22 sur 246 · Loc. cit. Vol. CLXI, pp · texte numérisé non relu

Loc. cit. Vol. CLXI, pp

ac curante Georgio

)> elle aurait incliné vers le nord, pour se confondre ensuite » avec les limites de la primitive Samarobriva. »

Comme l’on désignait de son temps, sous le nom de Longue-Maisière, la longue courtine qui avait existé, au sud, de la rue actuelle Victor-Hugo à la rue Saint-Jacques, longeant les rues des Trois-Cailloux, Delambre et Gresset, il est évident que, pour l’érudit bénédictin, l’enceinte galloromaine se serait confondue avec celle qui limita la ville du xne siècle au xve ; en d’autres termes, que la ville aurait atteint, dès avant la domination franque, le développement intrà muros qu’elle atteignit après la révolution communale. Cela n’est pas exact.

A défaut de données archéologiques, nous avons sous les yeux un document dont l’importance n’échappera à personne. C’est une charte originale de l’évêque Geoffroy1, de laquelle il ressopt qu’en 1105, dix ans avant la révolution communale, l’église de Saint-Remy n’était pas encore intrà muros. Elle se trouvait dans le faubourg, in suburbio.

Il faudrait donc rechercher, en deçà de cette église, les traces de la fortification connue des chroniqueurs du xe siècle2 3, qui ne serait autre que celle plus ou moins améliorée des temps gallo-romains l’espace compris entre la Longue-Maisière et le Bloc, étant trop étroit pour laisser

1. Arch. départ, de la Somme. Fonds Saint Fuscien. Confirmation des biens de cette abbaye : « ecclesiam quoque sancti Remigii in suburbio » hujus civitatis sitam, que specialiter ad cathedram nostram pertinet, » cum tota portiuncula sua. »

Vers le même temps (1073), l’église de Saint-Maurice, qui occupait, relativement à l’enceinte, une situation analogue, au nord, à celle de l’église Saint-Remi, au sud, est ainsi désignée au cartulaire du chapitre (I, p. 58) : « Abbatia sancti Mauricii in suburbio ambianorum ».

2. Chronicon Flodoardi. Cf. ci-après le chap. VII, les Comtes d'Amiens.

3. M. Maurice Prou. La Gaule Mérovingienne, p. 260 : « Les villes ont » été munies au me siècle de fortes enceintes, qui ont été utilisées à » l’époque Mérovingienne. »

LA PÉRIODE GALLO-ROMAINE. 41

supposer, entre ces deux points, un agrandissement intermédiaire de l’enceinte.

I/induction résultant du texte de cette charte se trouve corroborée par le récit qu’un chanoine d’Amiens, biographe de saint Honoré, nous a laissé de la miraculeuse guérison d’un paralytique arrivée de son temps, pendant une procession qui se déroulait autour de la ville, pour obtenir du Ciel la fin d’une sécheresse calamiteuse1. C’était en 1060, sous l’épiscopat de Guy. Le cortège passa, dit-il, devant l’oratoire de Saint-Martin et, en reconnaissance du prodige accompli par l’intercession de saint Honoré, Guy fit construire, treize ans plus tard, à la place du petit oratoire, l’église abbatiale de Saint-Martin-aux-Jumeaux, — également appelée de Saint-Martin-à-la-Porte — qui se trouvait donc, hors les murs, à la tin du xie siècle.

S’il y eut une muraille autour de la ville gallo-romaine, comme il y en eut certainement une autour de la ville épiscopale du moyen âge2, du moins sur la rive gauche de l’Avre, on serait fondé à en rechercher le tracé en retrait de la façade nord des rues qui relient la place Saint-Michel à la place Saint-Firmin ; dans la ligne droite, encore très nettement accusée, de ces rues continuation de voies fort anciennes. Si l’on admet cette présomption, à laquelle les limites des paroisses anciennes donnent une grande vraisemblance, la rue de Cormont, la rue Henri IV, la rue Saint- Martin, la rue des Chaudronniers et la rue au Lin devraient être considérées comme le chemin tour de ville de la primitive enceinte fortifiée. Le tour de ville se trouvera reculé, ' au xne siècle et au xme, à la ligne suivie par la rue des Trois- Cailloux, la rue Delambre et la rue Gresset ; au xve siècle, à la ligne des boulevards actuels.

De l’angle sud-ouest de la muraille, la limite de la ville,

1. Acta Sanctorum. Maii, III, 611. — J. Corblet, loc. cit., III, p. 49.

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