Arch. mun. Délib. du 40 octobre
Il fallait 20,000 francs chaque semaine afin de donner du pain aux malheureux que le chômage réduisait à la mendicité et, dans l’impossibilité de réaliser un emprunt1, la ville s’adressait aux banques particulières2 et à tous les habitants sans distinction. Une souscription produisit en quelques jours près de 200,000 francs remboursables à la paix. Chacun voulut y contribuer. 11 y eut des versements de 5 francs et des versements de 1,000 francs.
Alors fut décidée la création des boulevards extérieurs 3, dont la dénomination devait rappeler un jour les grandes luttes locales et les plus héroïques résistances de la campagne, sous les noms de boulevards de Pont-Noyelles, de Bapaume, de Saint-Quentin, de Dury, de Châteaudun et de Strasbourg. Ce projet de grande voirie présentait le double avantage d’établir une limite permettant de reculer un jour le rayon de l’octroi et de relier les faubourgs de Noyon et de Beauvais. Il répondait aux besoins impérieux nés des circonstances, en nécessitant des terrassements considérables qui allaient occuper les ateliers de charité.
Le Conseil municipal se préoccupait de suppléer à la rareté de la monnaie d’or et d’argent qui rendait le commerce de détail très difficile. Recourant aux expédients des temps calamiteux de notre histoire, il autorisa de généreux capitalistes, empressés à atténuer la détresse de leurs concitoyens, à émettre des bons de cinq et de dix francs 4.