‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 48 sur 197 · Arck. mun. Délib. du 30 septembre · texte numérisé non relu

Arck. mun. Délib. du 30 septembre

2. Extrait des tableaux annexés à la loi du 19 juin 1820. Département de la Somme, arrondissements électoraux :

1° Chef-lieu Abbeville, comprend les cantons de l’arrondissement d’Abbeville plus les cantons de Bernaville et de Domart de l’arrondissement de Doullens : Un député.

2° Chef-lieu Amiens, comprend les quatre cantons d’Amiens : Un député.

3° Chef-lieu Amiens, comprend les cantons ruraux de l’arrondissement d’Amiens ; les cantons d’Albert et de Bray de l’arrondissement de Péronne ; les cantons de Doullens et d’Acheux de l’arrondissement de Doullens : Un député.

4° Chef-lieu Roye, comprend les cantons de l’arrondissement de Montdidier ; ceux de l’arrondissement de Péronne, Bray et Albert exceptés : Un député.

Le collège électoral du département ; chef-lieu Amiens : Trois députés.

3. Élections de 1820 : Élus des collèges d’arrondissement : D’Hardivillers (Abbeville). Daveluy-Bellancourt (Amiens intra muros). Cornet d’incourt (Amiens extra muros). Rouillé de Fontaine (Roye). — Élus du

libéraux, qui partout engagèrent la lutte, constituaient d’ores et déjà un parti sérieux, en état de combattre à armes égales dans deux de nos collèges d’arrondissement. Peu s’en fallut que leurs candidats ne triomphassent à Amiens, où M. Daveluy-Bellancourt ne remporta que de peu de voix sur M. Gaumartin, et à Roye, où l’influence alors toute puissante du général Foy 1 se fit sentir en faveur du comte d’Estourmel, contre M. Rouillé de Fontaine.

MM. Gaumartin 2 et Cornet d’incourt 3 ont été, sous le gouvernement de la Restauration, les chefs incontestés des partis en présence, dans les collèges d’Amiens. Gaumartin, fils d’un procureur à l’ancien Bailliage, député à la chambre des Gent-Jours, que son caractère et la nature de son talent prédestinaient à la magistrature, était président du tribunal civil depuis 1816. Cornet d’incourt dut à des aptitudes toutes spéciales d’être choisi, en 1821, par M. de Villèle, en qualité de secrétaire général du ministère des finances. Nés à Amiens, collègues à l’Académie de cette ville, esprits délicats et cultivés, hommes de conviction et d’action, l’un et l’autre s’efforçaient de faire prévaloir, parmi leurs concitoyens, la politique qu’ils croyaient sincèrement être la plus efficace pour assurer la stabilité d’un

collège de département : Le Marchand de Gomicourt. Prince de Croy- Solre. Baron Morgan de Belloy.

Élections de 1826: Élus des collèges d’arrondissement : Les mêmes, sauf d’Hardivillers remplacé par le vicomte Blin de Bourdon. — Élus du collège de département : Prince de Groy-Solre. Comte Adrien de Rouge. Comte du Maisniel de Liercourt.

1. Foy (Maximilien Sébastien), né à Ham en 1775, général, nommé député de l’Aisne, en 1819, orateur distingué, le guide et souvent le modérateur de l’opposition, mort en 1825.

2. Gaumartin (Jean -Baptiste Marie Bernard), né à Amiens, le 15 octobre 1775, mort le 23 mai 1842.

3. Cornet d’Incourt (Charles Nicolas), né à Amiens, le 19 janvier 1773, mort au château de Fréchencourt, le 9 décembre 1852.

LOUIS XVIII

pouvoir fort et la grandeur de la France. Celui-ci, en conjurant le gouvernement de s’arrêter dans la voie des concessions qui conduiraient la royauté à l’abîme ; celui-là, en affirmant son attachement inébranlable aux principes proclamés par l’Assemblée Constituante de 1789.

M. Daveluy-Bellancourt, député d’Amiens depuis 1820, fut nommé maire le 21 mars 1823. Le cérémonial de son installation à l’IIôtel de ville rappela celui usité sous l’ancien régime, de même que les funérailles de M. Dargent avaient rappelé la pompe déployée aux obsèques des grands mayeurs du moyen âge. Tout cela cadrait avec les tendances du moment.

MM. Dargent et Daveluy furent des catholiques ardents, des royalistes ultra , suivant l’expression alors consacrée pour désigner les hommes d’extrême droite. Les bénéfices de la paix et une sage réglementation des finances permirent d’accomplir, de leur temps, des améliorations dont les projets déjà anciens étaient- passés des cartons de l’intendance dans ceux de la préfecture, mais que les bouleversements ou les guerres avaient ajournés : l’inauguration du cimetière de la Madeleine bénit le 20 juillet 1817 \ la démolition des remparts, le tracé et la plantation des boulevards, l’achèvement du canal, la création du port d’amont, l’extension du port d’aval.

A la place de guerre succède une ville ouverte. Amiens

1. Le cimetière de la Madeleine. Le 29 floréal an IV (18 mars 1796), le conseil de la commune décidait que « le seul emplacement qui pùt convenir, dans toute l’étendue de la commune, à l’établissement des sépultures, était l’enclos connu sous le nom de Salle de Santé ou de la Madeleine, distinct de la ferme de ce nom. » Tel avait été l’avis du corps municipal le 9 mai 1785. La création du nouveau champ des tombeaux fut ratifiée le 27 pluviôse an IX (16 février 1801). Retardée par les événements, la mise en état du cimetière de la Madeleine ne commença qu’en 1816.

subit une transformation dont la direction initiale devait exercer une influence considérable sur ses destinées futures. Il importait de soumettre l’œuvre de cette transformation à des idées d’ensemble qui ne pouvaient procéder que d’un esprit sûr de lui-même et être exécutées que par une volonté énergique; deux qualités qui se rencontrèrent au plus haut degré chez M. Auguste Cheussey, architecte de la ville de 1814 à 1848.

Une commission municipale, instituée le 13 décembre 1818, révisa avec le plus grand soin, de concert avec lui, le plan général d’alignement de la ville et des faubourgs et proposa toute une série d’expropriations, d’agrandissements de rues, de nivellements, de nouvelles voies, point de départ de l’Amiens moderne.

Voyons ce que fut l’antique cité à l’aurore de cette transformation ; rappelons les aspects pittoresques dont le crayon artistique et fidèle de MM. Duthoit perpétue le souvenir dans Le vieil Amiens 1 ; jetons un dernier regard sur les œuvres que l’âme de nos pères avait marquées de son empreinte.

d. Le vieil Amiens dessiné d'après nature par Aimé et Louis Duthoit, autographié par Louis Duthoit. MDCGGLXXIV. Amiens. Typographie et lithographie de T. Jeunet.

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