‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 58 sur 71 · la Société membres · texte numérisé non relu

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Edit qui impose un troisième vingtième à compter du irr octobre. V. i 763 , n. x.

II. 10 avril, décès de l'Abbé Lebcuf, ne à Auxerre , le 6 mars 1 687 , de Pierre Lcbcuf , receveur des consignations , et de Marie Marie , sur la paroisse S.-Regnobcrt. Il fit ses études en grande partie au Collège des Jésuites, mais il n'avait que 17 ans lors de l'avènement de M. de Caylus à l'c'piscopat. Ce fut sous sa direction qu'il acheva ses éludes , adoptant sans réserve , sur les prérogatives de l'Eglise gallicane , tous les senti mens de son Evêque. Ce Prélat , juste appréciateur de ses mœurs cl de sa capacité t ie fit , en 1712, Chanoine de la Cathédrale. Peu de temps après , il fut élevé à la dignité de Sous-Chantre de la même Eglise. Son goût pour la recherche des manuscrits et des monumens qui pouvaient jeter de nouvelles lumières sur l'histoire de France , l'éloignèrcnt souvent d'Auxerre , et en 1 7 35 , il finit par se fixer à Paris. Le 10 décembre 17/fO, l'Académie des inscriptions et belles lettres , qui l'avait couronné deux fois , l'admit dans son sein. En 1743 , pour l'aider dans les dépenses auxquelles ses fréquens voyages l'entraînaient dans le seul but d'enrichir la science , elle lui fit une pension , ce qui le détermina à se démettre de la Sous- Chanlreric de S.-Etienne. En \j5\ , il résigna aussi son canonicat en faveur de son frère , Curé de Vcnor.

L'Abbé Lebeuf est du petit nombre de ces hommes dont les travaux littéraires étonnent l'imagination par leur immensité , et les peines qu'ils ont dû coûter. Dans la bibliothèque des auteurs de Bourgogne , on cite 160 ouvrages et opuscules mis au jour

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par lui, de 1716 à 174^. Les principaux sont les Mémoires sur l Histoire d Aux erre t en 2 volumes i/i-4" » et ceux de l Histoire de la Ville et du Diocèse de Paris, en i5 volumes //1-12. Mais, indépendamment de ces écrits , composes par lui seul , il a participe' à la nouvelle édition du Glossaire de Ducange , qui a paru en 1 73o , et à celle du Dictionnaire de La* martinière , en 1740. Son mérite n'était pas dans l'art d'écrire , il n'en avait pas la prétention : son esprit avide de savoir et ardent à produire ne se prêtait pas aux soins nécessaires pour charmer les lecteurs ; il ne voulait que les instruire. Sans ambition personnelle , il écrivait moins pour faire des livres que pour aider ceux qui entreprenaient d'en faire. Il était , dans le monde savant , ce que sont , pour le luxe , les hommes qui cherchent les diamans , et laissent à d'autres le soin de les tailler. Pour cela , il a passé les deux tiers de sa vie à parcourir tous les lieux 011 il soupçonnait soit d'utiles manuscrits , soit des ruines instructives. Les voyages les plus longs ne l'effrayaient pas , pourvu qu'il espérât d'y déterrer quelques trésors pour l'archéologie. Mais il mettait dans ses recherches ce discernement scrupuleux avec lequel il est rare de s'égarer. Doué d'une admirable mémoire , d'un jugement exquis , et d'une conscience pure , il ne s'est pas laissé séduire par les illusions qui ont souvent livré au ridicule quelques amateurs d'antiquités. Il savait douter f et n'avançait comme certain que ce dont il pouvait donner la preuve. Ce que lui doit la science , surtout à l'égard de 1 histoire de France , est incalculable ; et c'est par- là qu'il a mérité l'estime des plus savans de

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ton temps f particulièrement de Danville et de Bernard de Montfaacon , en même temps que la porte de l'Académie s'ouvrit pour lui. Il n'a pas seulement été apprécié par ses contemporains ; aujourd'hui encore, ceux qui écrivent sur l'histoire de France lui rendent des hommages non suspects. D est cité notamment par M. Thierry dans ses lettres sur l'Histoire de France , et par M. de Chateaubriand dans ses Eludes historiques. Ce célèbre auteur le met au rang des savans dont les recherches ont répandu le plus de lumières sur notre histoire. Ce qu'il y a de plus remarquable dans la fécondité de l'Abbc Lebeuf, c'est que sa passion pour l'archéologie , les volumineux écrits qu'elle lui a dictés , et les fréquens voyages quelle lui a fait faire . n'éteignirent jamais son goût naturel pour le chant religieux. Non-seulement, en 1741 ♦ il donna son Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique , en un volume in-H° , mais c'est à lui que les Diocèses de Paris et d'Auxerre doivent , en presque totalité , le chant de leurs livres d'Eglise.

Depuis 1 748 , aucun ouvrage ne parut sous son nom. (V. 1751 , n. v.) Au mois de mai 1754 , une attaque d'apoplexie le surprit au travail , dans la bibliothèque de Ste-Geneviève t et les secours ne le rétablirent qu'imparfaitement. Sa mémoire prodigieuse s'était éteinte et l'application lui était devenue impossible. Dans l'été de 1 758 , il vint respirer l'air natal , mais ne s'en trouvant pas mieux , au printemps suivant , il retourna à Paris , où une seconde attaque termina ses jours. Il fut inhumé dans l'église du S«-Sépulei e , dont il était Chapelain. Quelque temps avant

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sa mort , il avait fonde , moyennant 10,000 livres un lit aux incurables de Paris , à la présentation de sa famille. Par son testament , il fit des legs à plusieurs c'tablissemens d'Auxcrrc , et légua au chapitre de S.- Etienne toutes les médailles par lui obtenues dans les concours académiques , à condition que le prix en serait employé à procurer une nouvelle châsse aux reliques de S.-Germain. (1)

III. Le 23 avril , les Asséeurs étant assemblés à l'Hôtel de ville pour faire l'assiette de la taille , le Maire , suivant l'usage , se disposait à les présider , et à prendre part aux décisions ; mais M. Disson , l'un d'eux , s'y opposa , en se fondant sur les arrêts des 3i mars 1667 et 16 août 1697. Le Maire insista, prétendant que ces arrêts , étant antérieurs à la création des Maires perpétuels , ne lui étaient pas applicables. Le Subdélégué de l'Intendant , qui fut invité à donner son avis , en référa au Conseil d'Etat , et M- Baudesson se retira. V. 1762 , n. 1.

(1) Quelques-uns de ces détails sont difierrns de ce qu'un lit dans tes articles des dictionnaires liisloriques sur l'abbé î,ebeuf; mai* la source dans laquelle j'ai puisé , est la plus sure. C'est l'éloge de ce savant , lu , six mois après sa mort , dans une séance de la Société académique d'Auxerre. M. Lepère, son auteur, ei tous les membres de celte Société , compatrioles et contemporains de l'abbé LebeuT, connaissaient les circonstances de «a vie mieux qae personne. Par exemple , dans la bibliothèque de Fontelte , t. f% , p. a6a , on dit que le principal auteur du Martyrologe est l'abbé Mignot ; que l'abbé Potel y a participé, ainsi que l'abbé l.cbcuf , qui ne vient qnVntroilième ; et c'est en présence des deux premiers , que M. Lepire attribue exclusive ment à la plume de l'abbé l.ebeuf l'important ouvrage dont il s'agit , sans qu'ils aient fait la moindre réclamation.

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