I. Les premiers à profiter du rappel du Parlement , fu
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reni l'Abbé Leroi el les anciens professeurs du Collège. Dans les derniers jouis de janvier et les premiers tle février, ils se constituèrent successivement prisonniers à ta conciergerie du Palais. Chacun d'eux subit mterrogatoirc le jour même do ga captivité volontaire, et fut renvoyé de suite en liberté provisoire. Faisant ainsi tomber ka procédure instruite contre eux par contu macc , ils demandèrent que Wur procès fftt renvoyé k un autre tribunal que celui aVÀuxerrc. Le 3 mars , un arrêt ordonna que toute la procédure serait renvoyée au Lieutenant général du Bailliage du Palais, pour les témoins ouïa. dans l'instruction être confrontés avec les accusés , et être statué sur les plaintes par ce BaiHiaget sauf k appel. Il fut aussi ordonné que les Gazettes et autres écrits signales dans la sentence du Bailliage d'Àuxeore , seraient envoyés à la Cour par le Greffier de ce siège. Y. n. îv.
IL 12 mare, MM. Baudcssoi», Maire, et? Petit, kkbevin , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 8 mai.
III; Le 19 mal, les Officiers municipaux reçurent une Ordonnance de l'Intendant du 3 du même- mois , qui , sur leur demande , les autorisa à poursuivre le paiement des cottes de la taille ncgociale , contre tous* ceux qui y étaient imposés et se refusaient de payer y leur prescrivant de n'avoir égard à aucune opposition ,, sauf à restituer en définitive , s'il y avait lieu. Cette taille , créée , en 1686 , pour être payée partous lcs4iabitans , à l'exception seulement du Clergé et des Hospices, avait . , d'abord , été difficilement recouvrée sur tous ceux que n'atteignait pas la taille ordinaire ; mais
pendant plus de 60 ans, les difficultés avaient cesse. En 1765, elles s'étaient renouvelées; et depuis, il y avait , à ce sujet , autant de procès que la ville avait de Nobles , de Militaires, de Secrétaires du Roi, et d'Officiers commensaux , qui , par mille chicanes , avaient rendu ces procès interminables. Le coup d autorité de l'Intendant les fit cesser tous , et procura à la ville un recouvrement très- considérable.
IV. 20 juillet, sentence du Bailliage du Palais, qui déclare fausses et calomnieuses les accusations portées contre le Principal , le Sous-principal et tous les pro fesscurs et maîtres du G)llcgc ; ordonne que , dans la quinzaine, le Procureur du Roi du Bailliage d'Auxerre sera tenu de nommer son dénonciateur. Sur la demande des accusés tendant à être autorisés à prendre à partie le Procureur du Roi elles Officiers du Baillagc d'Auxerre , ils sont renvoyés à se pourvoir devant la Cour; ils sont autorisés à (aire imprimer et afficher la sentence tant à Paris qu'à Auxerrc , et dans le ressort du Bailliage. V. 1776, n. 1.
V. Pendant cette année et les deux suivantes , de nombreux ouvriers furent employés par le sieur Saintpère à la confection de la nouvelle route , sur le bord de la rivière. 11 serait difficile de concevoir combien ce travail a changé la forme et le caractère de cette partie de la ville , si je n'entrais pas , à ce sujet, dans quelques détails.
Alors, comme je l'ai déjà dit , le pont et les parapets tenaient immédiatement à la porte de la ville, sans aucune issue sur les cotés. Depuis la tour qui est au bas de la promenade de l'éperon, jusqu'à l'angle du jardin
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du nouvel Hôtel-Dieu , la ville était fermée par des murs c'pais de six pieds , et réduits , en 1 706 , a une hauteur de dix à douze. Ces murs étaient flanques de trois tourelles, et perces par quatre portes charretières : celle du Pont , celle de S. Pèlerin , près l'Eglise , celle des Grands-Moulins ( 1 ) et celle de S. Nicolas. 11 y avait encore près de la fontaine des Teinturiers , une cinquième porte , appelée Bourgeoise , parce qu'elle n'avait de largeur que pour le passage des personnes. La rivière , qui jadis avait baigné les murs , s'en était éloignée , et laissait même à sec , pendant une partie de l'année , la première arche du pont, sous laquelle les hommes et les voitures pouvaient passer. Ce bord fort étroit et inégal de la rivière était constamment encombré et sali par des tanneries , des amidon neries , des dépôts de hors et par les égoûts de la ville. Sur la petite place S.-Nicolas , les eaux de la source S -Germain étaient recueillies dans deux bassins et un lavoir. Derrière le surplus de cette enceinte , on ne trouvait que des magasins, des écuries et des masures, refuges de quelques misérables , qui , pour ne pas être écrasés par la chûte de ces fortifications, réparées pour la dernière fois, en 1621, les repoussaient en dehors , par des étançons appuyés sur leurs bâti mens.
Toutes ces mines disparurent , et c'est sur leurs fondations que la route fut établie. Le bord de la rivière fut élargi et haussé de ce qui était nécessaire pour que , dans les crues , les eaux ne pussent pas y
(1) Anjotiril'lmi l*Krlu«r du canal.
atteindre. L* arche du pont près de la forte (t) fut enfouie , et des deux cotes de sa sommité furent pratiquées les pentes douces qui mettent les deux chemins au niveau du pave' du pont (2). Sur la place S.-Nicolas, les bassins et le lavoir furent détruits, et leurs eaux conduites par un aqueduc dans leur bassin actuel. Enfin les Bénédictins, qui, en 1664, ayant réuni à leur enclos les murs et les tours qui le touchaient , l'avaient porté jusqu'au bord de la rivière (3), se virent enlever une partie considérable de leurs jardins et de leur vigne de la Chaînette, qu occupentactuellementla route et ta promenade. C'est ainsi que la partie la plus triste de la ville en est devenue la plus agréable (4).
1. 28 janvier , arrêt du Parlement sur l'appel de l'Abbé Lcroi et ses co-accusés. La Cour confirma la sentence dans toutes ses dispositions» et en outre, autorisa
(1) Phsf anciennement , une seconde mhe sur laquelle la portr était construite, avait été comblée On la voit encore dam une des cave* delà première maison a gauche en sortant de la ville. LUe n'a été comblée que depuis i6a5. V.p. 9;.
(a) Cette partie des travaus coûta seule 9,800 livres. Je n'ai pas pe acquérir de feulions sur le surplus des dépense*.
(3) A l'angle Taisant l'extrémité de cette partie de la ville, se trouvait la Tour Mattbrun , dans laquelle était la porte de F Oit neuve , interdite depuis l'abandon fait aux Bénédictin! , des fortifications longeant leur jardin. On allait auparavant a cette porte par la rue Mat*.
hrun , dont le reste forme le cul-de-sac du même nom , récemment étiqueté Monlbrun , par ignorance du vrai nom.
(4) La promenade qui en fait le plus bel ornement, n'y a été plantée qu'en 1818, par les soins de M. Leblanc , alors Maire.
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les accuses à prendre à partie M. Marie de S.-Georges, Procureur du Roi, pour avoir donne les conclusions adoptées par la sentence du i4 août 1 773 , ainsi que les sept Conseillers signataires de cette sentence ; ordonna que l'arrêt fût inscrit en marge de la minute de la sentence , de même que sur les registres du bureau d'administration du Collège , et sur ceux de tous autrès Greffiers sur lesquels elle aurait été' portée ; renvoya MM. Leroi et Navier dans leurs fonctions de Principal et de professeur du Collège ; déclara nulles les dispositions réglementaires contenues dans ladite sentence ; autorisa enfin les appelans à faire imprimer et afficher l'arrêt Uni à Paris qu'à Auxcrre , et partout où la sentence l'avait été. V. n. iv.
Q. 24 juin, assemblée des habi tans.. Ils élisent deux Ecbevins ; MM. Bussière et Hay , Avocats.
III. 14 août, Ëdit du Roi qui supprime les quatre nouveaux offices de Conseillers au Bailliage crées par celui de 1771» et rétablit dans leurs charges tous les Conseillers qui composaient ce siège avant les Edits de mai et juin de la même année. Le Parlement , en l'enregistrant , dans la crainte que M. Marie de S. -Georges , Procureur du Roi , encore en exercice y ne le gardât secret , lui enjoignit de certifier la Cour de son enregistrement au Bai liage, sans aucun retard. Mais le Procureur général , pour en mieux assurer l'exécution, l'adressa à M. Grasset, Procureur du Roi, rétabli parl'Edit.U lui parvint le 29, et le martyre qu'endurait le Bailliage supprimé cessa. En effet , depuis le retour du Parlement, en novembre 17741 sa suppression était infiniment probable; et ces Magistrats éphémères n'en
57b CHAPITRE XIV ,
étaient pas moins obliges de se montrer, plusieurs fois par semaine , à un barreau très- dispose à rire de leur
humiliation.
Enfin M. Grasset, rendu à ses fonctions, se concerta , non avec M. Boucher, Lieutenant gênerai , mais avec M. Housse t de Champton , Lieutenant particulier, qui convoqua pour le lendemain , au Palais, tous les Officiers réintègres. Dans cette réunion, il fut convenu que la Compagnie s'installerait elle-même le lendemain. Déjà la nouvelle circulait dans la ville, et la satisfaction y e'tait presque générale. Cependant le parti Latin seul triomphait ; mais partout , et dans tous les temps, il y a une multitude toujours prèle à applaudir au parti vainqueur. Dèslcsoir, les Conseillers rétablis reçurent des aubades ; des feux de joie furent allumes dans plusieurs quartiers. Le 3 1 , après une messe célébrée dans la chapelle du Palais , tous les Officiers avant repris leur place , M. Marie , premier Avocat du Roi , demanda la lecture et l'enregistrement de l'Edit de rétablissement ; des députés du Corps municipal , du Chapitre de S.-Etienne, de l'Ordre des Avocats , ainsi que des Chambres des Notaires et des Procureurs, qui y assistaient , furent ensuite admis à présenter leurs félicitations dans la chambre du Conseil. Des notables de toutes les classes s'y présentèrent également. Le soir du même jour, les feux de joie recommencèrent ; le Corps municipal en fit dresser un au milieu de la place S.-Etienne , sur lequel on lisait :
Lu x orfa es/ justo et redis corde lœtifta.
Oô restitutos cwium j 11 die es.
Le Lieutenant particulier fut invite' par le Maire à aU lumer le feu.
IV. Le 6 septembre , l'Abbé Leroi se présenta au bureau du Collège, et demanda qu'on reconnût sur cet établissement le droit dans lequel l'arrêt du 25 janvier l'avait maintenu. Probablement , pour ne pas troubler les exercices dans le cours d'une année scolaire , il avait attendu les vacances. Le bureau ne fit aucune difficulté , et le Collège lui fut livre. Mais M. de Cicé , qui n'applaudissait pas au nouvel ordre de choses, et savait se procurer des ressources dans les cas qui auraient désespère tout autre , parvint à arrêter , à cet égard, le triomphe du parti Latin. Peut-être trouva-t-il dans le Ministre les mêmes dispositions ; ce qui est certain , c'est que , le 26 octobre , cinq à six jours avant celui de la rentrée des classes, le Corps municipal reçut deux Déclarations du Roi du 1 9 : l'une érigeant le Collège en Ecole-royale militai rc ; la seconde ordonnant un sursis à la rentrée des classes.
Le 27 , le Corps municipal reçut des députés de tous les ordres , qui s'affligeaient de ce que les jeunes gens delà ville allaient être privés d'instruction, pendant un temps dont on n'apercevait pas le terme. L'assemblée invita MM. Baudesson, Maire, et Leblanc, Procureur-syndic, à se rendre à Fontainebleau, où était la C^our , pour solliciter la révocation du sursis. Pendant qu'ils étaient en route , le Corps municipal reçut une troisième Déclaration du Roi , par laquelle la direction de l'Ecole-royale-militaire d'Auxerre était confiée , à compter du 1" décembre 1777 , aux Bénédictins de la
Congrégation de S.-Maur, qui était autorisée à en charger les Religieux de S.-Gcrmain. V 1777, n. m,
1. Depuis trois années, les Officiers municipaux sollicitaient en vain du Conseil l'établissement de la taille spéciale de 9,000 livres , votée par les habitans le 1 3 février 1 774ï unc puissante coalition de tous les privilégies, que cette imposition devait atteindre , avait manœuvre' en sens contraire : cependant, la justice l'emportant enfin sur l'intrigue , le 1 8 février , un arrêt autorisa l'assiette de la taille demandée. Mais pour l'exécuter, il fallait 1 Ordonnance de l'Intendant. V. 1780, n. 1.
D. 24 juin , élection de deux Echcvins , MM. Guéron, Procureur, et Duché , Commissionnaire de vins.
III. 2 juillet, les Bénédictins sont mis en possession du Collège , ainsi que de tous les biens qui en dépendent , par M. Marie d'A vigneau, Lieutenant général, en présence d'un député du Corps municipal. Les démarches de MM. Baudesson et Leblanc auprès du Ministre, pour faire révoquer la suspension des classes, avaient été inutiles. La Congrégation de S.-Maor avait seulement été autorisée à anticiper sur l'époque de sa mise en possession , et invitée à faire cesser le plus tôt possible le défaut d'instruction dont souffrait la jeunesse de la ville.
Ainsi finit le combat à outrance livré pendant cinq années par le parti Grec au parti Latin, pour loi enlever le Collège. Condamné à le lui rendre , il trouva le moyen d'adoucir l'amertume de sa défaite, en en
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faisant profiter la Congrégation de S.-Maur. Heureusement la ville y gagna un précieux établissement.
Les Bénédictins organisèrent dans le Collège un cours complet d'instruction civile et militaire. Soixante élèves , au compte du Trésor royal , y formèrent le noyau d'un pensionnat , qui bientôt fut très-nombreux. L'instruction du 28 mars 1776, sur l'administrai ion des Ecoles militaires, voulait que, tous les trois mois, le Ministre de la guerre reçût l'état du progrès dans les études , non-seulement des élèves admis par le Roi, mais de tous les autres. Les Inspecteurs qui , chaque année, devaient faire l'examen des classes, étaient également chargés d'examiner les élèves qui y étaient entretenus par leurs parens, afin, portait l'instruction, « que ceux qui se seront le plus distingués, soient *> préférés pour être placés , soit dans les troupes dd » Roi , soit dans tout autre emploi. » (i).
(1) Ce*t dans cette école que fut élevé1 , dès son enfance , Jean- Joseph Foorier , né à Auxerre le a5 février 1764 , oui , a i3 ans . avait achevé ses étndes et professait k 18. Ses ecriu dans les hautes sciences mathématiques, et particulièrement son Traité analytique de la chaleur , loi 6rent décerner , par «es collaborateurs , le beau litre de Génie , à l'égal des Newton , des La place, des Cuvier, etc., en même temps que la Société royale de Londres limitait a prendre place parmi ses membres ; et que l'Académie des sciences , après Tavoir introduit, dans sori sein , en faisait son Secrétaire-perpétuel. Fourier ne s'est pas moins fait remarquer comme habile administrateur , en Egypte , dans les fonctions de Commissaire de l'armée française près le Divan, et en France dans celles de Préfet de l'Isère. H est mort à Paris , le a6 mai i83o. Pour plus de détail , V. la Biographie universelle , 1, 6 ., p. 0,4- <^e Pu*s **ler encore le Prince d'Eckmulh , né d'Avoust , qni a du sa première éducation a cette école.
Depuis cet événement , les occasions de se mesurer manquèrent aux deux partis. Leur dissidence reparut encore lors de la révolution de 1 789. A son avènement, les Latins la saluèrent avec beaucoup plus de grâce et d'empressement que les Grecs, jusqu'au moment on ses rigueurs furent égales pour tous.
IV. 1 6 juillet , passage de Monsieur frère du Roi , depuis Louis XVI11 , revenant de parcourir les provinces du midi. Il alla coucher à Rc'gennes, où M. de Cicé le reçut magnifiquement. Tout le parc , ainsi que le bois de Chaumoy , dans toutes ses allées et son pourtour, étaient illuminés. Une partie de la population de la ville y passa la nuit pour jouir de ce spectacle.
I. i5 mars , MM. Baudesson , Maire, et Bussière , Echevin , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 4 niai. Le Chapitre y envoya l'Abbé Frappier , qui y fut élu Alcade.
II. Le ier août , le Corps municipal s'adjoignit des Notables pour avoir leur avis sur une demande adressée au Prévôt des marchands de Paris , par les meuniers des deux moulins au-dessous du pont. Ils demandaient qu'il leur fût permis , dans les temps de sécheresse . de fermer l'entrée du pertuis avec des planches liées et soutenues par un câble , pour faire refluer les eaux dans leurs biefs. On n'aperçut dans cette nouveauté aucun inconvénient à craindre; on y vit que l'avantage qu'il procurerait aux meuniers leur serait commun avec le public , et l'avis leur fut favorable. Leur exemple fut
bientôt suivi par les meuniers des moulins supérieurs et inférieurs. Aujourd'hui tous usent , comme d'un droit , de ce qui ne fut alors que permis.
III. 5 août , Ordonnance du Roi portant qu'à l'avenir les habitans éliront trois sujets pour chaque place d'Echcvin ; que le procès-verbal constatera le nombre des suffrages donnés à chacun d'eux , et que le Roi choisira celui qu'il jugera convenable. Le Ministre s'était aperçu , ou on lui avait fait apercevoir , que les choix roulaient toujours sur dix à douze personnes , et on voulut élargir un peu le cercle de la faveur. Le 23 , on procéda à l'élection de deux Echevins , et les - candidats furent MM. Pasqueau , Guenot et Grasset , Avocats ; Millot , Médecin ; Fromantin , Notaire , et Tenaille-Mi) lery , Bourgeois. Le 29 octobre , une lettre de l'Intendant fit connaître que le Roi avait nommé MM. Pasqueau et Tenaille.
I. 1 5 janvier , audience solennelle du Bailliage pour la réception de M. Rémond , Procureur du Roi , remplaçant M. Grasset.
II. Dans les premiers jours de mai , des pluies abondantes et continues produisirent , depuis les sources de la Seine et de l'Yonne jusqu'à la mer , la plus effrayante inondation qu'on eût vue de mémoire d'homme. Le 1 3 , jour de l'Ascension , elle atteignit à Auxerre son plus haut degré , envahissant les quartiers de la porte du pont , de S.-Pèlerin et de la marine-
rie , ainsi que la nouvelle route sur le quai ; un pied d'eau couvrit le pavé de l'Eglise S.-Pélerin , et dans tous ces quartiers , on ne put communiquer qu'en bateau. Le desastre fut plus déplorable encore au-dessus du pont : cinq trains abandonnés par leurs conducteurs s'y étant amoncelés en travers , ce barrage se grossit en peu d'heures , de tout ce que le débordemeut entraînait des contrées ravagées ; alors on vit avec effroi les eaux s'élever au-dessus de la clé des arebcs , et la rivière , ainsi arrêtée dans son cours , jeter sur sa rive gauebe un bras immense. Bientôt tout l'espace qui s'étend du pont à la montagne S.-Gcrvais , ne fut plus qu'un fleuve impétueux , réduisant en îles toutes les maisons de la plaine , dont plusieurs babitans ne trouvèrent de salut que sur leurs toits. On s'attendait , à chaque moment , à voir s'écrouler le pont , incessamment battu par les eaux sur le barrage qui s'y était formé ; mais , malgré son extrême caducité , il résista.
Pour éviter à l'avenir une semblable invasion , dont déjà on avait eu plusieurs exemples , mais beaucoup moins désastreux , les Elus de la province firent élever de plusieurs pieds et paver cette partie de la route qui traverse le faubourg S.-Gcrvais, et qui était, presque en tout temps , fangeuse et difficile.
III. 1 4 juin , élection de six candidats pour l'Ecbcvinage; ce sont MM. Deschamps , Notaire ; Bacbelct et Ducrot , Procureurs ; Collot , Imbert et Lcgueux , marchands. Le Roi nomma MM. Bacbelct et Imbert.
IV. 3 octobre , Te Deum pour les victoires remportées sur les anglais , par MM. de BouUlc et d'Estaing.
I. Le 1 6 avril , le Corps municipal reçut enfin de l'Intendant l'ordonnance nécessaire pour l'exécution de 1 arrêt du Conseil du 18 février 1777. La taille de 9,000 livres que cet arrêt accordait à la ville pour mettre ses revenus au niveau de ses dépenses , devant s'étendre sur les classes privilégiées , un mode particulier pour en faire la répartition individuelle était indispensable. L'Intendant ordonna qu'elle serait faite par le Corps municipal , avec le concours de deux Ecclésiastiques , deux Nobles ou militaires , deux Conseillers , deux Officiers commensaux , deux Employés dans les fermes , deux Avocats , deux Juges-Consuls , deux Notaires , deux Procureurs , deux Bourgeois , deux Artisans et deux Vignerons, tous choisis par leurs corporations. Dès le jour même , ces corporations furent invitées par le Maire à s'assembler , à nommer leurs députés et les envoyer à l'Hôtel de ville le 22.
Le 22 , la réunion générale eut effectivement lieu ; cependant telle était l'obstination des privilégiés , qu'ils s'étaient assemblés , mais seulement pour arrêter que , loin de coopérer à cette assiette par des députés , ils persisteraient dans leur résistance. Les autres Corps n'en commencèrent pas moins la répartition, qui ne fut achevée que le 28. Mais au moment de clorre le travail , les députés des Procureurs s'y opposèrent , voulant qu'il fût dit que le rôle ne serait obligatoire pour personne , s'il ne l'était pas pour les privilégiés ; ajoutant qu'il serait préférable de n'avoir ni pavé , ni fon-
584 uupitiie xiv ,
laines , ni promenades , à en laisser le fardeau sur ceux qui seuls payaient déjà les autres charges. Celle opinion devint , d'abord , presque générale ; mais les Officiers municipaux insistèrent, en faisant observer que les non-privilégiés n'auraient à payer que leurs cotes , et qu'on obtiendrait justice contre les autres ; la séance fut remise au 1 1 mai. EnGn , dans cette dernière réunion , il fut arrêté que les non-privilëgiés ne pourraient être contraints qu'au paiement de la moitié de leurs cotes , jusqu'à ce que le refus des privilégiés eût été jugé ; que dans le cas où l'opposition serait admise , les non -privilégies ne paieraient rien au-delà de la moitié , et que l'impôt ne serait pas assis dans les années suivantes. Le rôle fut donc clos et signé ; mais avant la mise en recouvrement, il fallait encore l'approbation de l'Intendant. V. 1782, n. 1.
II. 26 , arrêt du Conseil qui , sur la demande des habilans , leur concède ce qui avait été réservé au Roi des fortifications de la ville , par l'arrêt du 5 décembre 1 7 Jo. 11 ne leur avait été abandonné que les portes , les tours et les corps-de-garde , et c'était à la condition de les entretenir; les murs , les remparts , les fossés et les glacis étaient restés au domaine. Depuis i3o ans , Auxerre ayant cessé de craindre un siège , le terrain des remparts , que personne ne surveillait , était chaque jour morcelé par les anticipations des riverains ; c'est pour faire cesser ces usurpations que le Roi concéda à la ville tout ce qui lui avait été réservé , à la charge de payer à son domaine 10 livres de rente; ainsi que de conserver et entretenir les promenades et chemins établis sur ces terrains. Par le même arrêt , les Offi-
cicrs municipaux furent autorises à disposer des terrains qu'ils jugeraient n'être pas nécessaires à des usages publics , en imposant aux acque'rcurs trois deniers de cens par toise carrée au profit du domaine. V. 1 781 , n. vi.
m. 2< juin , six candidats sont élus pour l'Echcvinage , ce sont MM. Pasqueau , Guenot et Guinault , Avocats; M il lot, Médecin; Robinet, Avocat, etRichor du Bouchct , Bourgeois. Le i3 août , MM. Pasqueau et Millot , agréés par le Roi , furent installes.
I. 4 février , l'Abbé Courtepec fait hommage aux Officiers municipaux , pour la ville , du sixième volume de son Histoire de Bourgogne , consacré en partie au Comte et à la ville d'Auxerre , dont il parle trèsiavorablcmcnt. Les Officiers municipaux , pour lui témoigner la reconnaissance de la ville , lui décernent le titre de Citoyen d Auierrc.
II. 14 mars , MM. Baudesson , Maire, et Pasqueau , Echcvin , sont dëputés aux Etats convoqués à Dijon pour le 7 mai. Pendant cette session , le 25 mai , M. Baudesson qui , dans la Mairie d' Aux erre , avait succédé à son père , et par l' intermédiaire de celui-ci , à son aïeul , ayant offert sa démission , eut la satisfaction de voir les Elus lui donner pour successeur , M. Pierre-Henri Baudesson de Poinchy , son fils.
III. 24 juin , sous la présidence de M. de Poinchy „ installé le 1 1 , élection de six candidats pour l'Echevinage. Ceux agréés par le Roi furent MM. Girard , Procureur , et Moreau , commissionnaire de vins.
IV. 7 novembre , Te Deum cl réjouissances en l'honneur du Dauphin , né le 22 octobre.
V. Dans le cours de ce mois, en exécution de l' arrêt du 26 avril 1780, le sieur Barbier, géomètre , fut chargé de lever le plan de tous les terrains abandonnés ;i la ville par cet arrêt. Le résultat de son opération fut que l'étendue superficielle des remparts était de 3,687 toises carrées , sur lesquelles les voisins en avaient usurpé 1 , 1 1 8 ; que le sol occupé par les murs était de 744 toises carrées ; l'étendue des fossés de 1 1 ar pens 1 2 perches , et celle des promenades de 5 arpens g5 perches , non compris les chemins. Dans les années suivantes , tous les remparts , ainsi que les fossés , depuis la porte Chante-pinot jusqu'à la rivière , furent vendus ; le surplus est resté à la ville.
1. 20 janvier . une lettre de l'Intendant informe les Officiers municipaux qu'ils ne doivent plus penser à la taille locale dont le rôle a été soumis à son approbation , en 1 780 ; qu'ayant consulté M. Joly de Fleury , Ministre des finances , sa réponse a été que les promesses faites au Clergé par M. Ncckcr , pendant qu'il était Contrôleur général , ne permettaient pas d'accéder au vœu des habitans. L'Intendant ajoute que , pour atteindre le même but , les habitans doivent demander un octroi qui pèsera sur les privilégiés , comme sur les autres. M. Necker , effectivement , ayant demandé aux agens du Clergé un don gratuit de 1 5 millions , ces agens lut en avaient offert 1 8 , sous la condition que les
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franchises du Clergé , qui dès-lors étaient menacées , lui seraient conservées. Plus tard , il se serait trouvé heureux de ne perdre que ses franchises.
II. Au printemps , les Ingénieurs de la province firent reconstruire , par le sieur Saintpèrc , entrepreneur , le pont de la grande route qui traverse le ruis* seau de Beauches , dans la plaine de Monéteau t et y séparait jadis l'Auxerrois de la Champagne. Probable^ ment , ce pont avait anciennement été en pierre , car il en portait le nom , quoiqu'en bois. Il le mérita mieux par sa nouvelle construction , dont la dépense s'éleva à 45,664 livres.
III. 24 mai , on snivit le conseil de l'Intendant. Les habitans , dans une assemblée générale , arrêtèrent que , les recettes ne s'élevant qu'à 8,o58 liv. 7 s. , et les dépenses , quoique réduites au plus strict nécessaire , étant de i3,o45 liv. i3 sols 7 dcn. ; pour remplacer la taille refusée , il serait demandé un octroi de 24 s. à percevoir, pendant i5 ans , sur chaque minot de sel vendu au Grenier : ce qui était présumé devoir produire 5, 000 livres par an. V. 1783 , n. 1.
IV. 1 8 août , installation de deux nouveaux Echevins , MM. Gucnot , Avocat et Legucux , marchand, nommés par le Roi , sur les six candidats élus le 24 juin.
V. Au mois de septembre , affiche et publication d'un arrêt du Conseil d'Etat , du 7 du même mois , qui , sur de nouvelles plaintes au sujet de la jauge des tonneaux , servant au commerce de Paris , et pour assurer l'exécution des lettres patentes du 8 avril 1715 , dans les villes d'Auxcrre , Tonnerre , Chablis , Ver-
menton , Joigny et Villeneuve- le-Roi , ordonna aux fabricans de les marquer des lettres initiales de leurs noms , à peine de confiscation. V. 1 785 , n. vi.