PLAN DU PREMIER ÉTAGE DU CHATEAU PE BRIE-COMTE-ROBERT
Légende
jrand escalier. — 2. Antichambre conduisant à la chambre 3 et à la galerie 6. — }, Chambre. Cette dispositioi idiquée par le partage de 1673 ; mais il est prcsumable qu'aux époques antérieures la cloison a a n'existait pas Chambre. — 5, ('.hambre située au-dessus de a la Source ». — 6, Galerie conduisant du ^'rand escalier à la tou .ituce au-dessus des caves, Otte galerie comme celle 10 est très explicitement désignée dans les comptes d publiés ci-tlessus. — 7. (^ibinct. conquis évidemment sur la galerie précitée, signale dans le partage de 167 le ayant vue sur le jardin du bas, mais qui ne devait pas exister aux époques anterieuses. — 8, Grande sal e don ncher était complètement rompu en 1673. à ce que nous dit le partage, mais qui devait aux époques antérieures ine très belle salle de réce'>tion, — 9, Cnambre. — 10. Galerie faisant suite à la galerie 6 et coupée de celle-ci pa linet 7. — II. Chambre dans la tour Est — 12, Edicule, monté sur des corbeaux dont il reste des traces, et quj ondeau a relevé avec son entrée en b. M. Blondeau y voit un observatoire militaire pour surveiller la face exté
• de la muraille Sud-Est. je serai plutôt disposé à croire que c'était là une de cfs nombreuses aiiances ou cabine dont il est parlé à maintes reprises dans les comptes de 1336, — 13, Chambre de la reine, plus tard du roi. -
• Galerie de la reine, « devers la court » dont il est question dans les comptes de 1336. — 15, Petit cabinet pt
I on va à la chapelle St-Jean. — 16. Chapelle St-Jean. — 17, Montée conduisant à la chapelle St-Denis au-dessu
chapelle ?t-Jean. — 18. Chambre. — 19. Grande chambre au-dcssus des écuries. — 2o, Tour, servant probable
de chambre. — 21, Tour a moiti** engagée, disposée à cet étage en volière. — 22. Tour qui servait probablemen
isons. — 23, Greniers ou allées de défense (hypothétiques), circula t au-dessus des logements de soldats e rvant les créneaux de la muraille. — 24, Toui* de Brie, qui pouvait servir à loger les archives, à en juger par le laires d que le charpentier y a faites. — 25, Galerie dont il est parlé dans les comptes de 1336. — M>, Monté ant accès à cette galerie. — 27, Montée conduisant aux appartements du roi ou de la reine.
foiag qu'il a dans le grenier dau dessus les dites escuries jusquan premier jour de juillet prochain sans les paier aucun loier et sans préjudice de ce que le dit Noette, etc.
Faict et passé en lestude et par devant le notaire royal au dit brye soubsigné le trente ung jour de mars mil 1 1 5 cent soixante treize aprés-midy présens M* henry Langle, conseiller du Roy et contrôleur au grenier à sel du dit brye Claude Esnault, clerc demeurant au dit brye conterobert (1).
On a pu voir, dans les comptes du maître maçon Guillaume Piquart, qu'il construisit dans Thôtel une chapelle. Je rappelle, à ce sujet, ces extraits de son mémoire :
« Pour la fourme de la chapelle tant pour achat de pierres comme pour voitures tasches et journées d'ouvriers : ij^ xxvj livres iiij sols x deniers par.
M ... Pour enduire de piastre la chapelle par en haut et par en bas... »
« ... Pour piMndre la chapelle... »>
de momiMrc ci^mprcnanl les travaux exécutés depuis la Saint André lx> novembre) i334 jusqu'au 9 janvier i33b tKv^7>. précise la date de la c» instruction : elle ne saurait remonter au delà de kvv.
Il y avait, cependant, bien avant cette date un chapelain au château de Brie. Vràci ce qu'«»n peut lire dans le Ci»mpte de
.\u chapelain dou chastel de Brave qui prant par an c sols parisis. 1 mui de troment ei l mui de mciueil au terme de Noél : deffendu de .Madame qu'il ne t'cust paiez du terme ce Noei I an XXVIII pour ce que II ne ùisoit résidence corporelle et qu li n'avoit point de chartre de sa tundacion : commande depuis qu »! feust paiez par lettre de Madame donnée à Becquoise., w jour de juing lan XXIX. rendue à cour:. Pour ce au terme de No«îl lan XXVI 11 pour non compté par les comptes de l'an ter.i à la v'hanieleur CCCXXXIIl. c sols et poar les II muis de jfraîn dessu- i:.-. \ livres.
/:^*'*.v Au .iit charelam. p.-'ur sa J-ite rente, au terme de Noël Tan XXIX. c sols et r.^u: les H niuis ie A:ra:n \'.î Livres, xv] sols.
r v' <■>: V" ".* vr M 't ."v- s,* .♦..•<- '-ft ^- i c:-ïv^ - r j-: iu m-sl<^-chau5s*< et du t»w ^:j^v* .j-v- .* * :-v,:\»- i i\cc V*-- >.' ^, •*.*.< -ir ,;at .•- icccnpoçrîjnt c*s pia«e*. On TA. vù-v-'t -x-'î-xv. ., .rr ti i. < -, *Sft: ^j.'t- jt j >w-u».o~ ^u: î<rt ae base a cette tutw«
Le compte de i328, le premier que nous ayions de la reine Jeanne, est, en effet, muet sur l'article du chapelain. Il est vraisemblable, que lorsque Jeanne d'Evreux fut investie de l'administration de son douaire (i), elle fit un examen métho" dique de ses recettes et un contrôle sérieux de ses dépenses. Parmi celles-ci figurait le chapelain dont le traitement annuel était assez élevé pour frapper son attention. Lorsqu'elle se fut renseignée, lors qu'elle apprit que cet ecclésiastique ne possédait aucun titre qui constatât son droit à émarger au budget seigneurial, qu'il se dispensait, en outre, de résider à Brie, son premier mouvement fut de supprimer la dépense. Le titulaire, ainsi menacé, dut plaider ou laire plaider sa cause auprès de la reine. Il dut représenter l'ancienneté delà chapelle qu'il était appelé à desservir, invoquer la tradition, à défaut de titres, perdus peut être, pour justifier les émoluments qui lui étaient alloués et, surtout, promettre à l'avenir de demeurer sur les lieux. On peut ainsi expliquer, avec quelque chance d'approcher de la vérité, la défense faite d'abord de payer le chapelain, l'autorisation de solder ensuite ses émoluments.
Cette chapelle, si ancienne, n'était autre que la chapelle Saint-Jean dont j'ai parlé à plusieurs reprises et qui donna son nom au donjon qui l'abritait. Son existence ne peut faire aucun doute et j'invoquerai, à défaut d'autres preuves, ce compte de 1644 dont je parlerai en son lieu, où l'on trouve cette mention : « Au chapelain de la chapelle Saint-Jean- Baptiste, fondée au château... néant, parce qu'il n'y a plus de chapelain. »
La reine Jeanne ne se contenta pas de cette fondation. Elle avait, comme la maison royale à laquelle elle appartenait, une foi spéciale en Saint-Denis. C'est sous l'invocation de ce saint qu'elle érigea dans le château, en outre de la chapelle Saint-Jean, l'oratoire dont Guillaume Piquart parle dans ses comptes. Le chapelain de Saint-Jean n'était qu'appointé sur le budget seigneurial ; la reine voulut mieux pour le chapelain de Saint-Denis. Elle entendit lui concéder à titre de
(1) Elle était veuve depuis le !•' février 1328.
bénéfice, un fief, une suzeraineté féodale. Cependant, elle ne put le faire avant sa mort ; ce fut sa fille qui réalisa sa pensée. En attendant, le chapelain de Saint-Denis n'en était pas moins rétribué comme son collègue sur le budget seigneurial et aux comptes du douaire de la reine finissant à la Madeleine 1364, on trouve ce paragraphe : « Au chapelain de la chapelle Mons. Saint-Denis que Madame a pièça (depuis peu de temps) fondée en son chastel.... ».
Guillaume Piquart, le maçon, avait achevé la chapelle neuve en i337 ; presque aussitôt après, le chapelain entra en exercice, car, dans ses lettres du mois de juillet i34i, — dont j'aurai à parler plus loin — Jeanne d'Evreux stipule une aumône annuelle de dix-huit deniers parisis, à chacun des deux chapelains du chastel.
Par lettres patentes du i3 février i328(n. s.), Charles-le- Bel avait autorisé Jeanne, son épouse, d'acquérir pourSoo livres de rentes en fiefs, arrière-fiefs et censives pour fondationspieuses. En i35o, Philippe de Valois, en i365, Charles V confirmaient cette autorisation. A sa mort, Jeanne d'Evreux n'avait employé qu'une partie de cette somme (i). C'est le reliquat disponible queBlanche, duchesse d'Orléans, mettant à exécution la pensée de sa mère, employa à assurer la fondation de la chapelle Saint-Denis. C'est ce qui résulte des lettres patentes de Charles VI, en date du 23juillet iSgi, confirmées par d'autres lettres adressées le 7 octobre iSgi à la cour des comptes. Ce reliquat s'élevait à 109 livres, i3 sols, 10 deniers de rente que Blanche, munie de l'autorisation royale, employaàacquérir« certaines rentes dans Fontenay (2) et la Blanchardière (3) sur certains héritages et maisons portant lods et amendes et la quatrième partiedu moulin du Pont (4), le tiers de la dîme de Fontenay et Maries (5) et cer-
(1) On trouve par exemple a la côte K 4J. des quittances de deux cents livres, reçues par les religieux de Longchamps. de Jeanne d'Kvreux, reine de France, pour èfre converties en rentes et employées a payer les frais de l'anniversaire de Charles-lc-Bcl. Félibien, dans son Histoire de l'abbaye de Saint-'Denn. dit, d'autre part, que Jchanne d'Kvreux fit peindre ctordoner. en la consacrant à la Vierge, une chapelle, appelée Notrc-Dame-la-Blanche, dans le transept nord de l'église Saint-Denis.
(2) Fontenay-Trésigny, cant. de Rozoy-en-Brie, arrondiss. de Coulonimiers (S.-ct-M.). (î) Appartenant à la commune de la Honssaye, cant. de Rozoy-en-Bric.
(4) Commune de Couilly. cant. de Crêcy-en-Brie. arrondiss. de Mcaux.
(5) Commune de Rozoy-en-Brie.
taines censives à Maries, portant lods et amendes ; la justice haute, moyenne et basse en certaines censives de la Blanchardière; le fief de Grisy (i) avec ces mouvances, Lésigny (2), Pontault (3), Chevry (4), La Queue (5), et la Grange (6) ; avec un arpent de terre en friche depuis longtemps en non valeur ; avec 60 sous parisis de cens portant lods et ventes et saisines sur plusieurs héritages séant en la ville de Brie- Comte-Robert (7)»
Dans son Histoire du diocèse de 'Paris, l'abbé Lebeuf s'exprime en ces termes : « Je trouve que la duchesse d'Orléans, Valentine de Milan, dame de Brie, avait fondé aussi une chapelle, un peu après Tan 1389, parce qu'il est parlé de l'amortissement qui lui fut accordé, mais il est difficile de découvrir où elle était située. » Il y a là, je crois, une confusion. L'amortissement accordé par la cour des comptes et qui est du mois d'octobre 1391, concerne bien une duchesse d'urléans, mais ce n'est pas Valentine de Milan, quoique cette dernière porte ce litre depuis son mariage avec Louis duc d'Orléans, à Melun (17 avril 1389). Mais à cette date, \*alentinc de Milan n'était pas encore dame de Brie-Comte- Robert. Blanche, duchesse douairière d'Orléans, veuve de Philippe, duc d'Orléans, quoiqu'elle eut donné, comme je vais le dire, la châtellenie de Brie-Comte-Robertà la Couronne, s'en était réservé la jouissance jusqu'à sa mort qui survint le 7 février i393. Lebeuf attribue donc à tort à Valentine de Milan, ce qui appartient à Blanche de France et il ne faut
(1) Grisy-Suisnes, commune du canton de Brie-Comte-Robert à 6 kilom. de cette dernière ville.
(2) Commune du canton de Prie-Comte-Robert, à 6 kil. de cette dernière ville.
(3) Pontault-Combault. canton de Tournan, arrondiss. de Melun.
(4) Commune du canton de Bric-Comte-Robert, à 6 kil. de cette dernière ville.
(,) La Queue-en-Brie. commune du canton de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise),)
(6; Commune de Grisy-Suisnes.
;7) L'abbé Lebeuf dit à ce sujet : a La chapelle du chasteau ou au moins le chapelain vnous avons vu que dès le XVi' siècle, il n'y avait plus de chapelain de St-Jean) est ainsi m en tionné dans le même testament (d'isabeau de Bavière). Cette chapelle, dite du titre de Saint- Denis, est située dans la tour du château, dite la tour Saint-Jean. On la croit à la nomination du seigneur de Brie. Elle est marqdée au Fouillé, écrit sous le cardinal Noailles, sur le pied de 310 livres de revenu et elle est imposée au rôle des décimes. Ses biens sont des terres données à bail emphythéotique. J'ai lu qu'il y avait sept arpents de terre situés à Fontenay-en- Prie. (V. Regitrum épiscop, parisiensis, 12 août 1533). De cette chapelle Saint-Denis et tour Saint-Jean relève en plein fief une grande portie de la terre et seigneurie de Lésigary. »
pas dès lors, chercher la chapelle dont il parle ailleurs que dans la tour Saint-Jean, où elle était sous le vocable de Saint- Denis.
Blanche de France, dont je viens de parler était restée fille unique de Jeanne, veuve de C>harles-le-Bel. Par suite d'une convention probablement arrêtée avec Philippe de Valois lorsqu'en recueillant la succession au trône de f^harles-le- Bel, il assura le douaire de sa veuve, Blanche épousa Philippe d'Orléans, tils de Philippe VI (i). Mais Jeanne d'Kvreux qui travaillait pour sa maison estima que ce n'était point suftisamment se rapprocher de la Couronne et elle négocia le mariage de sa nièce Blanche de Navarre avec le lils aine du roi, Jean, duc de Normandie.
Celui-ci venait de perdre sa femme, Bonne de Luxembourg, emportée par la terrible épidémie qui ravageait alors la France, je dois ajouter, l'Europe entière. La contagion vint de l'Asie par l'Egypte. Elle s'attaqua d'abord à l'Italie et de là passa en France par les Alpes, pour gagner l'Angleterre et la Flandre, c'est-à-dire qu'elle suivit le grand chemin commercial de l'époque. La mortalité atteignit des proportions extraordinaires. A Avignon, au fort de l'épidémie, quatre cents personnes mourraient par jour. A Narbonne, de mars à août 1348, trente mille personnes succombèrent. A Paris. il mourait a THi^tel-Dieu jusqu'à cinq cents personnes par jour. « 11 périt tant de personnes, que, dans Paris même, les maisons désertes et inhabitées tombaient en ruine. Le cimetière des Innocents, rempli de corps qu'on y portait sans cesse, fut fermé et l'on fut obligé d'en bénir un nr)uveau hors de la ville. » La maladie dura « environ un an et demie, peu plus, peu moins. » C'était la peste noire, la peste à bubons, dont tout récemment, encore, l'Europe redoutait l'invasion qu'elle a conjurée grâce aux mesures administratives prises, et grâce aussi à l'amélioration incontestable de l'hygiène publique.
i i. citiez do jcaniu- d'Hvreux. veuve ilc (^lurlt-N-lc-Bcl. continuant le traite tle mariage do Blanche sa lille avec Piiilippe d'Orléans. fil> de Philippe de Valois (AJ^. — K 45, n" 55 iS janvier 1 >4S.
oo
Di: liRlE-COMTE-kOBblKT J.X)
Il ne nous est resté aucune trace des ravages que la conta- LCion lit à Brie, mais il est évident qu'ils durent, comme ailleurs être épouvantables, »x\lalgréune grande consommation d'aloës et de mvrrhe, écrit M. Coville, la mortalité en l'Yance atteignit peut-être la moitié de la population (n ; partout il fallut agrandir les cimetières et en créer de nouveaux. » C'est sans doute là Torigine du grand cimetière qu'\ a existé pendant plusieurs centaines d'années sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la maison de M. Bertrin. On l'appelait grand cimetière par opposition avec le petit qui s'étendait autour des deux églises Saint-Eiienne et Notre- Dame, c est-à-dire sur la place Gauthier. (2)
Jeanne d'Evreux jugea utile de consoler le duc de Normandie de la perte qu'il venait de faire en lui faisant épouser sa nièce. Blanche de Navarre. Peut-être espérait-elle, en faisant Je son neveu Charles-le-Mauvais le propre beau-frère du futur roi de France, prévenir les extrémités funestes auxquelles devait se porter cet ambitieux, et dont j'ai dit quelques mots.
Je laisse, ici, la parole à Radier (3) qui a fort justement résumé le petit drame intime dont Brie-Comte-Robert vit le dernier acte.
« Blanche de Navarre, était la fille de Philippe 3 du nom 14)
1 , 0 ne tut pas la seule invasion de cette contagion. Au mois de juillet 1368. la peste qui, depuis deux ans. désolait Paris et ses environs, redoubla d'intensité et. dit un historien, en trois mois (Jusqu'au milieu du mois d'octobre suivant) la moitié de ce qui restait d'habitants fut emportée.
Hn 1579, pendant Tété, éclata une nouvelle et grave épidémie de peste qui fit de nombreuses victimes.
A signaler, également, parmi les fléaux qui ravagèrent la pspulation pendant ce siècle, les lamines des années 1315, 1348. 1351, 13S9. qui furent excessives.
(2) Il a été plus haut question de l'ancien cimetière des juifs dont le revenu figure dans les comptes de la reine Jeanne, mais sans indication d'emplacement. Il y a Heu de croire que le i^rand cimetière fut créé très proche de l'ancien cimetière des juifs. D'abord, cela ne saurait (■tonner, puisque la colonie Juive occupait, cela ne fait aucun doute, la partie de la ville la plus rapprochée de ce point. Cette tradition fait donnera ce quartier, au l9*Mècle, le nom symptomatique de rue des Juifs. D'autre part, dans un acte, du 12 avril i^. passé devant Maillet» notaire à Brie. Grégoire de la Jarrye. achète à Guillot Delesme une maison « assise sur la rue .ies cymeturci^y. < Arch. département, de Seine-et-Marne). Cette voie, qui porte aujourd'hui le nom A'oAvenac Beau, conduit encore, bizarre coincidence, au cimetière actuel de la ville. Mais ne semble-t-il pas qu'elle ait reçue a l'époque l'appellation de rdeda cymetières parce que le .souvenir s'était conservé de l'existence du cimetière juif sur ce point, et parce que le grand cimetiire, le nouveau, y était place ?
(3) Dreux de Radier, Mémoires sur les reines de France (Paris 1802, — T. III. p. 100.
(4) Frère de Jeanne d'Evreux.
roi de Navarre, de la branche d'P>reux et de Jeanne de Fiance, reine de Navarre, fille unique de Louis Le Hutin. Le duc de Normandie qui, depuis, fut le roi Jean, était veuf de Bonne de Luxembourg ; le roi pensant à le marier, avait jeté les yeux sur cette princesse Non-seulement elle était d'une beauté rare, mais on rapportait des traits admirables de la vivacité de son esprit et des agréments de son caractère. Les Navarrais lui avaient donné le nom de la Belle Sagesse pour caractériser l'union de son esprit et de sa beauté. Elle était déjà accordée à Pierre, filsdWlphonse, roi de Castille, mais Philippe de Valois n'eut pas plutôt témoigné la souhaiter pour son lils qu'on rompit les articles avec la Castille. La princesse fut envoyée en France par la reine régente de Navarre. Pendant qu'elle était en chemin, attendue avec impatience par le duc de Normandie, la reine Jeanne, femme du roi mourut et la princesse de Navarre qui croyait trouver la cour de P'rancc dans les plaisirs la trouva dans le deuil. Mais la reine sécha bientôt les larmes du roi. A peine ce prince la vit-il qu'il en devint amoureux. Il oublia qu'elle était accordée à son fils et ne pensa qu'à se satisfaire en Tépousant lui-même (i ).
« Le sacrifice se fit sans que la victime parut y résister et elle reçut de bonne grâce une couronne qu'elle n'avait envisagée qu en espérance. Le mariage se fit à Brie-Comte- Robert le 19 janvier 1349. La princesse n'était âgée que de dix-huit ans environ. Le roi, né en 1298, avait dOjà 56 ans. Il ne surv^écut pas longtemps à son mariage, étant mort à Nogent-le-R')i '2) le 22 août i35o.
•' Brantôme, parlant de ce mariage, s'exprime ainsi : Philippe de Valois, fort vieux et fort cassé, aima et épousa Blanche d'Evreux qui n'avait que dix sep ans, mais pourtant la plus belle princesse de son temps qui lui avança ses jours, comme s'il n'était assez vieux penard pour mourir bientôt sans prendre ce sujet. »
î\ Philippe Vi oublie vite sa première femme puisqu'il se remarie trente jours après avec Blanche de Navarre.
(2) A l'Abbaye de Coulombs, près de Dreux.
Radier, dit que, devenue veuve, Blanche se retira à la campagne ( n où elle passa sa vie dans les œuvres de piété ; nous avons déjà vu qu'elle ne se désintéressa pas autant que cela des affaires et qu'elle prit, avec Jeanne d'Evreux, une part active aux négociations de Charles le Mauvais, qui était, du reste, son frère, avec le régent Cha les.
Philippe VI ne fut pas le seul roi de l'époque qui eut l'occasion de séjourner à Brie-Comte-Robert. Il est vrai que le souvenir de son passage s'est conservé plus constant à raison de la cérémonie nuptiale dont il fut le principal acteur (2). Son petit lils — alors régent — y était le i5 novembre iSSy. Il y revint roi. le 29 octobre i368. On ne sera pas surpris d'apprendre que parmi ses prédécesseurs Charles IV, le Bel, époux de Jeanne d'Evreux, ait passé à Brie-Comte-Robert. (S) 11 y est signalé le 5 avril i326. (4) Précédemment le frère de Charles, Philippe V dit le Long passa à Brie-Comte-Robert le '2t> janvier iSig. (5)
Il est à présumer que la seconde femme de Philippe III, le Hardi, fils de Saint Louis (6), vint aussi à Brie-Comte-Robert ou tout au moins que Télégante et jolie Marie, princesse de Brabant (7), y recruta Tun de ses couturiers ou tailleurs, un artiste probablement, en tous cas un des personnages en vue de la cour un peu frivole de la charmante reine. Il existait, enefTet, dans l'ancienne abbaye de N.-D. de Gercy (Jarcy) une pierre tombale, avec cette inscription :
(( Ici gist dame Marie famé Henri Doutremer. tailleur madame la reine Marie. Priez pour l'àme de li. »
(I) tlle mourut le s octobre i^t^S. Hllc ctrit .^ccov.chée en 1351 d'une princesse posthume ;; \-cicc Blanche con.inc dif. et luojtc. sans a;liancc. le 16 septembre 1371.
2) II est croyable que cette cérémonie revêtit un caractère intime autant a raison du deuil tout récent du roi que de l'énorme disproportion d'âge entre les deux époux et delà situation bizarre créée au duc de Normandie par ce mariage.
("i) Caroli quarti Mamiones et itinera.
(4) C'est exactement la date de la lettre confirmative du pape Jean XXII, de sa dispense accordée le 21 juin 1524 ; cette lettre fut expédiée sur un défaut de formalité de ce que le mariage de Charles et de Jeanne avait été célébré sans publications de bans.
(s) Philippi Quinti Mansiones et itinera.
(6) Veuf d'Isabelle d'Aragon, Philippe III avait épousé, en 1274, Marie, fillc de Henri VI. duc de Brabant.
(7) Elle mourut en 132 1 et fut inhumée dans l'église des Cordeliers de Paris.